Plan de l'essai
Introduction

Première partie: Traduire

M. Heidegger
B. de Spinoza 1632-1677
J. von Uexküll 1864-1944
Charles Martin-Fréville
 

     1/ Tableau &
     Traduire 2/
Transition vers

Deuxième partie: Embryon de réseau notionnel au service du spinozisme & de la mésologie
Introduction
Contexte
la mésologie invite à l’essaimage de ses concepts fédérateurs.
Le spinozisme a trouvé en R. Misrahi son Maître vulgarisateur.
Le comment ?
      Première manière: la carte mentale
Outils
     Premier outil: Empreinte / matrice et prises
     Deuxième outil: Tétralemme
     Troisième outil: Trajection
La mésologie, un cadre
La mésologie, un matérialisme
La mésologie, trois fils tramés
Le complexe

Le comment ?
     Deuxième manière: le réseau notionnel
Où Spinoza réapparait
Mais qui trop embrasse mal étreint, n'est-ce pas ?
Réfléchir encore...


Introduction
Il se prépare, il se concocte plutôt, un rapprochement à opérer, qui sait, entre spinozisme et mésologie. Plusieurs fils de lecture conduisent vers ce possible rapprochement.
Le cheminement passe par deux lecteurs très éclairés de l'oeuvre de Spinoza: Éric Delassus et R. Misrahi, dont de nombreuses traces sont désormais présentes sur Nulle part. Elles sont listées dans le tableau ci-après:

Titre

Spinoza se protège

Solaire

L'humilité par le texte
dans l'Éthique
de B. De Spinoza

Deux libertés,
trois renversements
& une conversion
chez Robert Misrahi

Robert Misrahi
et l'inconscient

Construction d'un château,
Robert Misrahi

Typologie des trois genres
de connaissance, selon Spinoza

L'être et la joie,
Robert Misrahi

Robert Misrahi,
clair comme une sagesse aboutie

Hors-monde et Acosmie

Connaissance ­

La mésologie, est-elle compatible
avec L'éthique de Spinoza ?

La vie austère est-elle
une vie bonne ?

Spinoza lu par
Éric Delassus

Une petite version
spinoziste ?

Larmes, une histoire
qui s'applique

EN TANT QUE

HEINZ WISMANN,
un penseur de l'entre-deux

Les structures
d'une conscience

 

La mésologie est, elle, entièrement déposée dans un répertoire qui lui est propre et se lit ici.


Première partie: Traduire


   M. Heidegger


Davantage sauvage qu'artificielle, mon authenticité à écrire ce qui se lit ci-après, puisse A. Berque n'y point voir un quelconque jugement, plutôt un aimable conseil formulé avec une fougue néophyte !
A. Berque (AB) me semble (beaucoup) trop obnubilé par M. Heidegger (MH), y compris dans la démarche de néologisation de son vocabulaire. MH lui a bien sûr servi de matrice pour comprendre les limites de Fûdo de Watsuji et traduire ce dernier entièrement, malgré ces limites bien cernées dans l’introduction fort informée qui précède sa traduction publiée au CNRS en 2011.
Peut-être aurait-il fallu qu’il ne s’acharne pas tant sur Fûdo, et ses excroissances déterministes et anti-heidegeriennes au delà du chapitre premier, pour se consacrer davantage à Spinoza dont il me semble bien plus proche.


B. de Spinoza 1632-1677
En fait, les lignes de force que je détecte/que je perçois dans la mésologie sont implicitement imprégnées par l’éthique spinozienne, telle que l'exposent ses deux lecteurs éclairés, plutôt que de ces deux impasses, telles qu’elles m’apparaissent, que sont Fûdo et L’être et le temps (mais où est l’espace ?) de MH, ce dernier non lu, et ne le sera jamais… Fûdo sert bien la mésologie en lui offrant une terminologie adéquate. Son apport définitoire est essentiel; quant à MH, je ne vois pas à quoi sert de fréquenter cette impasse philosophique du XXe siècle.

La piste spinozienne vaut donc la peine d’être poursuivie aux fins de rechercher les convergences, les contingences même, entre L’éthique et la mésologie.


J. von Uexküll 1864-1944
AB attire à de multiples endroits de son œuvre, à la fois en livrée et articulée, l’attention sur les apports fondamentaux de ce biologiste allemand, J. von Uexküll (JvU) qui a officié à l’université de Hambourg à partir de 1925. Ses recherches, qui ont débouché sur la biosémiotique, se poursuivent d’ailleurs en Estonie à l'université de Tartu. K. Kull publie régulièrement des articles sur ce thème.


Charles Martin-Fréville
En lecture l'ouvrage, sur lequel la mésologie se fonde beaucoup, de la main de JvU, Milieu animal et milieu humain, pourvu d'une excellente traduction de la main du jeune philosophe Charles Martin-Fréville (CMF) dont la thèse doctorale semble se mettre dans la continuité de cette approche et de la mésologie, tout en disqualifiant totalement la philosophie de M. Heidegger comme un anti-humanisme. Dans un article pour la revue en ligne Sens public, il écrit en effet: « le dispositif conceptuel  de Heidegger exclut fondamentalement les valeurs humanistes. » CMF renforce donc l’à priori que j’ai contre MH, qui me donne depuis très longtemps des petits boutons (d'où l'image plus haut...) à cause de son nazisme impénitent et impuni. D’autres raisons s’y ajoutent désormais… plus philosophiques, celles-là.
La qualité des notes infrapaginales de CMF, tout au long de sa traduction, m'en a fait chercher ses traces sur le ouaibe. D'où cet essai préparatoire.


Traduire 1/

     
 Philosophe XXe-XXIe Robert Misrahi Augustin Berque  Charles Martin-Fréville
 Socle de l’œuvre
traduite
Philosophie Géographie Biologie
 Point de vue  Dieu c'est-à-dire la Nature Le mi-lieu humain  Milieu animal
& milieu humain 
Perspective  Remonte le temps
jusqu’au XVIIe
Change de lieu jusqu’au Japon &
change de d'époque  en remontant
à la chôra de Platon (in Le Timée)
 Établit des ponts
entre Monde animal
& Monde humain
 Système
philosophique
Spinozisme Mésologie Apparemment
« Spino-compatible ».
Biosémiotique 
 Pays d’origine
de l’auteur traduit
Pays-Bas   Japon  Allemagne
Auteur traduit  Baruch de Espinoza,
dit Benedictus
de Spinoza
(1632-1677)
Watsuji Tetsurô
(1889 – 1960) 
 Jakob von Uexküll
(1869-1944)
 Langue de départ Latin XVIIe Japonais, XXe  Allemand XIXe-XXe
 Langue d'arrivée  Français Français  Français 
 Traductions
antérieures
en français
 Oui  Non (?)  Oui
 Le traducteur  Décode, traduit en
spécialiste de l’histoire
de la philosophe,
explicite les
ramifications
universelles
du système
philosophique
mis au
point par
B. de Spinoza.
 Étudie le milieu humain
occidental avec des
instruments neufs issus
d'une logique philosophique
et d'apports
philosophiques de l’Orient,
principalement
Japon mais pas que:
l’Inde, la Chine aussi.
Traduit en linguiste-géographe
orientaliste
ayant mis au point
un système de nature
philosophique pour étudier
le milieu humain.
 Traduit en philosophe
& commente
en notes de façon
philosophique.
Fait le pont, comme
l’œuvre traduite, entre
milieu animal et milieu humain.
 Le traducteur  Rafraîchit et actualise
par la traduction
précise de L’éthique &
par la vulgarisation réussie
d’un système
philosophique existant
de portée universelle,
le spinozisme,
susceptible d’avoir un impact
sur notre temps.
Met au point de façon théorique
une synthèse philosophique
neuve, la mésologie,
l’étude des milieux humains,
qu’il adosse à plusieurs courants
philosophiques majeurs
(Occident et Orient) avec soin
et cohérence pour en dégager
les lignes de force communes.
 Construit une
métaphysique qui
explore l’interface entre
milieu animal et milieu
humain, mouvement
initié par l’œuvre
traduite.
 Objectif final  Proposer le spinozisme
comme philosophie
pratique de la nature
pour les temps actuels.
La conduite éclairée
de soi, aussi.
Infléchir le cours de l’histoire
occidentale au moyen d’instruments
théoriques neufs
d’interprétation du réel
contemporain occidental via
le milieu humain.
Construire des ponts
entre deux milieux naturels.
 Instruments  Vulgarise de façon magistrale
la terminologie mise au point
par B. de Spinoza.
Toute son oeuvre philosophique
personnelle en est imprégnée.
Le vocabulaire de Watsuji prolonge
et précise la terminologie
mésologique
propre au traducteur professionnel
et géographe.
Le vocabulaire est traduit
de façon cohérente. 
Premier
instrument
C’est-à-dire 
Traduit sive, lat. par c'est-à-dire
alors que d’autres traducteurs le rendent
par soit/ou/ou bien.
R. Misrahi consacre du temps
à nous expliquer toute la portée
du c’est-à-dire chez Spinoza.
S’intègre dans le tétralemme
en logique
par la LEMMIQUE
DU C'EST-À-DIRE
 
 Définition 1 du
c’est-à-dire
Implicitement,
sive / c'est-à-dire,
plutôt que
sive / ou, ou bien,
correspond à la logique du tiers inclus.
ON PASSE du 3e lemme
au 4e lemme par la LEMMIQUE DU
C'EST-À-DIRE « dans une
immédiateté à la fois temporelle
& spatiale qui relève de
l'intuition, non de la dialectique."
v. tétralemme.
 
     Entre deux termes, A & B c'est-à-dire
exprime un rapport dans
lequel A est/n'est pas B. C'est
bien le 4e lemme,
le syllemme, où l'on prend
à la fois A & NON-A.
 
 Premier
rapprochement
C’est par le c’est-à-dire qu’il me semble que le point d’accroche
est susceptible de se faire entre spinozisme et mésologie.
Par la nature aussi, qui porte le nom de chôra (contrée)

chez A. Berque, géographe du milieu humain,
par une filiation très construite qui remonte à Platon. 
 
 
 Deuxième
rapprochement
  Les deux traducteurs (AB & CMF)
se connaissent, ont participé ensemble
à au moins un colloque, etc.
La biosémiotique,
que J. von Uexküll a initiée,

fait explicitement partie
de la mésologie.
 Deuxième
instrument
En-tant-que
  Dans l'expression logique r = S /  P,
l'en-tant-que se loge dans la barre oblique.
(à suivre) V. réalité
 
Troisième
instrument
le réel, la réalité
« Par réalité et par perfection,
j’entends la même chose. »
Il ne lui manque rien
pour être
ce qu’elle est,
elle n’a
besoin de rien d’autre
qu’elle-même pour exister,
commente É. Delassus (46).
« Plus une chose aura de réalité,
plus elle aura par elle-même
de force pour exister. »
que R. Misrahi commente ainsi:
La réalité d’une chose
est donc sa puissance,
sa force d’exister.
C’est du niveau
de cette puissance
que dépend
le degré d’autonomie
existentielle
de chaque être. (319)
r = S/P se lit:
la réalité, c’est le sujet
en tant que prédicat.
Tout sujet - Moi,
individuel ou collectif,
humain ou non-humain,
a son monde propre.
Le en-tant-que correspond
au concept de trajection,
cher à AB.
C’est à la fois
l’assomption
de S > P
Et
l’hypostase
de S < P.
 
Quatrième
instrument
le hors-monde /
l'acosmie
Dans un ouvrage qu'il consacre
à La liberté ou le pouvoir de créer,
R. Misrahi présente le concept de
hors-monde (26 et sv).
L'acosmie berquienne semble
lui correspondre en tous points.
Elle constitue le constat initial
qui conduit aux trois parties
structurant La poétique de la Terre.
 
  Ces deux points de vue
sur le réel/la réalité,
celui du
spinozisme
et celui de la mésologie,
me semblent
totalement
compatibles, non ?
Certes, la mésologie se
mérite…
Elle n’a pas encore trouvé
ses exégètes-vulgarisateurs…
Cela viendra peut-être
si
la contingence
s'en fait sentir
auprès de son concepteur.
 

 


Traduire 2/
Deux des trois traducteurs sont des non spécialistes de la traduction au départ. R. Misrahi s'est longuement penché sur le latin pour nous offrir une traduction lumineuse de l'oeuvre difficile de B. de Spinoza, le tout à l'ombre de Jean-Paul Sartre. Charles Martin-Fréville, sur l'allemand pour Jakob von Uexküll. Ces deux philosophes de formation rendent ainsi service fort utile par leurs traductions pour leurs lectrices/lecteurs francophones.
A. Berque par contre est aussi un spécialiste des Langues orientales, dont le japonais. Il vit à la fois en France et au Japon où il a pris plus que ses marques. Il rejoint de la sorte la philosophie pour poser la mésologie sur des assises solides.


Transition vers
L'angle de prise d'opportunité de cet essai est donc linguistique. Et il révèle déjà, par le tableau ci-dessus, des va-et-vients possibles entre les trois fils certains avérés: AB comme auteur --> CMF comme traducteur --> JvU.
D'autres fils sont encore à construire: B. de S. --> RM comme philosophe et traducteur -- > AB comme géographe turned philosopher cette fois.


Deuxième partie: Embryon de réseau notionnel au service du spinozisme & de la mésologie
Introduction
Restons en linguistique appliquée pour nous intéresser à la contribution potentielle de la terminologie notionnelle, éventuellement contrastive, au spinozisme & à la mésologie pour nous interroger au passage sur la question de savoir si la mésologie est aussi un spinozisme et envisager l'utilisation de cartes mentales comme intermédiaires avant la mise au point du réseau notionnel.

Embryon de réseau notionnel au service de la mésologie
Introduction
Comment rendre mieux compte encore que par des tableaux à deux ou trois colonnes, comme dans chôra et topos, des facettes multiples qui s’emboitent les unes dans les autres, comme ce formidable volume géométrique en trois dimensions (celles qui donnent de la perspective à la représentation des paysages peints, notamment) qu’est aussi le Rubik’s cube ?


Contexte
Par l’intermédiaire
- de séminaires organisés à l’Ehess au rythme de deux par mois, entre novembre et juin, depuis quelques années déjà;
- d’une journée d’étude à venir le jeudi 24 novembre prochain;
- et d’une semaine à Cerisy-la-Salle fin août début septembre 2017,
la mésologie invite à l’essaimage de ses concepts fédérateurs.

Lors des séminaires, de jeunes doctorant-e-s et des chercheuses/chercheurs confirmé-e-s viennent exposer, trop souvent assis & trop brièvement – ¾ d’heure c’est court ! -, les possibles rapprochements entre leur domaine de recherches et la mésologie, sur une thématique annuelle choisie. C'est toujours digne d'intérêt. À la lecture à postériori en tout cas.
Souvent, malheureusement, Ils n'ont pas assez (et pas assez bien) réfléchi à la forme que doit prendre leur communication: trop rares en effet sont celles et ceux qui ne lisent pas le texte de leur communication écrite, ce qui est profondément anti-communicationnel… Ils ont pris tant de temps à peaufiner à la dernière minute un texte qui les habite que l'énergie leur a souvent manqué pour tenir compte du vecteur oral de leur communication.
La « bouteille » pédagogique acquise par certain-e-s les aide à adresser à la salle attentive un discours oral construit autour du sens principal à donner à leur exposé, utilement complété par le texte écrit mis à disposition quelque temps après.
Il s’expose à ce séminaire des thématiques de recherches qui se faufilent souvent dans un costume mésologique, démontrant par là une tendance en voie de formalisation d'universalité que l'étude des milieux humains, à la manière d'AB, est en train d'acquérir.

Le spinozisme a trouvé en R. Misrahi son Maître vulgarisateur.

Ses livres sont empreints d'une sérénité, d'un calme qui sont fort impressionnants. Il publie toujours des oeuvres à nonante ans passés ! & à un rythme soutenu s'éditent & se publient désormais une salve continue d'ouvrages plus intéressants les uns que les autres, à la fois sur le spinozisme et sur sa philosophie propre qui laisse en héritage au XXIe siècle. Voilà un auteur qui sera encore lu dans plusieurs générations, comme se redécouvrent les pertinences conjuguées de Paul Valéry ou Walter Benjamin, entre autres. Le tableau introductif rend partiellement compte de ce foisonnement.

Les deux philosophies ont choisi des techniques d'essaimages différentes. Je préfère de loin la seconde. Mais la première offre un filet de rattrapage sous la forme d'essais publiés à postériori. C'est d'ailleurs quand j'ai eu compris que les essais nous arrivaient de façon régulière que je n'ai plus entrepris de m'extraire tous les quinze jours de mon havre. Paris au mois de mai a beau être joli, du 13 novembre 2015 à février 2016, c'est tout autre chose...


Le comment ?
Première manière: la carte mentale

Comment faire une ou plusieurs cartes mentales, du non linéaire donc, en évitant les outils logiques (assez déstabilisants pour des non-logiciens et qui n’apportent peut-être pas grand-chose…) tel S/P et SIP mais bien le tétralemme comme matrice structurante, intégrative, d’une partie de la carte. Une carte mentale (des ?) serait une étape en chemin sur la voie établissant un jour une terminologie notionnelle de la mésologie. Une carte heuristique récente à propos de R. Misrahi figure dans La vie austère est-elle une vie bonne ? Nulle part n'en est encore nulle part, mais progresse avec constance, sans aboutir encore dans son effort solitaire/solidaire. Voici déjà longtemps qu'il se sait sur Nulle part qu'un jour ceci déboucherait peut-être sur cela...

La terminologie mésologique serait d’une aide précieuse ici. Il faut encore découvrir un angle d’attaque pour respecter la cohérence pour l’instant linéaire dont elle fait montre & lui donner une troisième dimension en construisant un réseau autour de notions qui pourraient s’éclairer l’une l’autre.


OUTILS
Premier outil: Empreinte / matrice et prises

Une autre partie pourrait faire usage à la fois de l’empreinte et de la matrice et des prises: ressources / contraintes / risques / agréments (dans le sens de cela agrée, cela convient).


Deuxième outil: Tétralemme
Il commence par une logique binaire, celle que revêt l’information:
vrai-faux / Affirmation-Négation / A – NON-A
pour évoluer ensuite dans une logique ternaire, d’abord en tiers exclu:
Ni A ni NON-A, ni vrai/ni faux, ni affirmation/ni négation
pour finalement se déployer en tiers inclus:
À LA FOIS A & Non-A / vrai & faux / affirmation & négation

TÉTRA= 4 en grec, et LEMME donne du sens à l’information.

LEMME = Le Grand Robert: lemme [lɛm] n. m.
ÉTYM.1629, en math. ; lat. impérial lemma,d’orig. Grecque. → Dilemme. ❖
Log. Majeure d’un syllogisme (en ce sens dans la Logique de Port-Royal).
Math. Résultat, proposition intermédiaire qui ne concerne pas directement la thèse ou le théorème, mais qu’il est nécessaire d’établir avant de poursuivre la démonstration.
Philos. Proposition accessoire, démontrée ou admise, qui permet de poursuivre le raisonnement.

Nous devrions donc apprendre en nous extériorisant par la technique à tenir compte du cosmos en maintenant ouverts et fertiles nos systèmes symboliques qui nous permettent d’intérioriser par les symboles le monde en nous.


Troisième outil: Trajection
Le dualisme avait instauré un gouffre que la trajection vise explicitement à combler, au moyen d'un mouvement de va-et-vient entre le subjectif et l’objectif, sous l’emprise aussi de l’intuition, en usant de la LEMMIQUE DU C’EST-À-DIRE par laquelle on passe du 3e lemme au 4e lemme « dans une immédiateté à la fois temporelle & spatiale qui relève de l’intuition, non de la dialectique ».
Il s’agissait pour la mésologie d’établir une relation causale entre ce milieu et les comportements humains. La trajection est un va-et-vient, à la fois cosmisation du corps et somatisation (soma= le corps, en grec) du monde. Cette double définition est extraite de la terminologie mésologique (pas encore assez !) dynamique.
C’est en assurant une trajection fluide entre l’aval (le corps) et l’amont (le monde), par un double mouvement de va-et-vient hélicoïdal senestrogyre, pour que la spirale s’échappe dans le sens de la flèche du temps, que nous prendrons enfin soin de l’immensité (etc. Fefmao 47, et dans le bas de cet article-là, fiche 6) tout comme ces gastéropodes à coquille avec ouverture à gauche…


La mésologie, un cadre
La mésologie offre avec pertinence un cadre globalisant d’interprétation des signes du monde qu’elle rend accessibles au soi. C’est par l’étude des milieux humains, à la lumière de nombreux outils neufs rassemblés à la fois auprès de penseurs occidentaux (Allemagne, France) mais aussi orientaux (Japon, Chine, Inde), que le propos d’A. Berque s’étoffe à mesure qu'il progresse.


La mésologie, un matérialisme
La mésologie est marquée du sceau d’un matérialisme rigoureux, sans concession, excluant toute transcendance. La mésologie est non dualiste. Cette approche de nos milieux, nous les humains, est adossée aux diverses palettes professionnelles de son concepteur/assembleur, Augustin Berque: la géographie (avec ses multiples facettes, y compris artistiques & paysagères), les langues orientales (chinois, japonais, sanskrit…), une connaissance fort intériorisée du Japon et de ses penseurs (notamment Imanishi et Watsuji). C'est en cela aussi que R. Misrahi et A. Berque partagent des points de vue communs, sans jamais (encore ?) faire référence à l'autre.


La mésologie, trois fils tramés
Ces trois fils conducteurs l’amènent ensuite à se pencher sur des chercheurs, des scientifiques et des philosophes pour qui l’étude des milieux a constitué un objet de recherches multiples, sous différents angles dont la mésologie s’attache à tisser entre elle et eux un tramage complexe et de plus en plus solide, quoique d'abord très escarpé.


Le complexe s’allègerait même presque bien…
La simplification, la simplicité, la clarté, le souci de vulgariser la pensée foisonnante ne semblent pas souvent avoir été une priorité jusqu’à récemment pour la plume berquienne. Elle parait cependant en voie d'allègement (ou bien est-ce que j'y suis tellement aguerri que... ? Je ne sais.) en se détachant quelque peu d’un appareillage de référencements qui nous dépasse tous, nous ses lectrices/lecteurs…  & s'avère souvent inutilement compliqué. Bien sûr, il s'agissait pour lui de nous prouver en quelque sorte le bien fondé de la démarche entreprise avec trop d'humilité... et beaucoup trop d'érudition de très haut vol mais inutile à la cause !

Mais, ça va là, nous sommes depuis longtemps convaincus... et désolés que cela soit si escarpé, alors que une autre face, une autre pente, qu'un autre penchant eût pu être tellement plus douce/doux...


Le comment ?
Deuxième manière: le réseau notionnel

L’hypothèe qui s’échafaude consisterait dès lors à concevoir un réseau notionnel dont les liens seraient donnés par l’approche terminologique notionnelle, telle que G. A. Miller l'a mise au point avec WORDNET, et Termisti à sa suite ou en parallèle (ISTI, Bruxelles, sous la très éclairante houlette, à l'époque - années 1990 -, du dr. Daniel Blampain):
-  synonyme / antonyme
-  termes coordonnés
-  hyponyme / hyperonyme
-  est un type de
-  est une partie de (méronyme)
-  parties de, « morceaux de » (méronyme)
-  est une valeur de
-  etc.

Voyez par exemple ce que donne un réseau dans Wordnet, la base de données en ligne, avec le mot anglais « environment ».
Un réseau notionnel pourrait finir par s’établir en se ramifiant un maximum sur base de liens notionnels entre Platon, Spinoza, Uexküll (très lisible, lui), R. Misrahi et A. Berque. Spinoza et R. Misrahi en seraient le coeur, l'axe de rotation.


Où Spinoza réapparait
Il est bien possible que le spinozisme donc, version R. Misrahi, ait une éthique, dont la nature constitue l’objet d'étude, puisse constituer une étape fédératrice & occidentale au sein de ce réseau notionnel de la mésologie. La mésologie se consacre aux milieux humains, parties intégrantes de la nature tout comme la biosémiotique s'intéresse au milieu animal. En intégrant bien sûr la chôra platonicienne, comme intuition inaboutie à l'aube de la philosophie (in Le timée, dont une neuve exégèse est récemment parue aux Belles Lettres; acquise, non lue encore).

Il ne vous aura pas échappé que Nulle part ne se risque pas encore à répondre à la question qui intitule cet essai. Toutefois, il semblerait bien qu'il inclinerait, qu'il finirait même par incliner en faveur d'une réponse positive. Mais pas de précipitation !


Car qui trop embrasse mal étreint, n’est-ce pas ?
Ceci est ma très provisoire conclusion puisque je ne puis encore formaliser ici ne fut-ce qu'un embryon de réseau notionnel méso-spinoziste. & je suis sûr que c'est en équipe que cela pourrait se faire, pas solitairement, pas un presque reclus solitaire sur la si poétique Terre.

Cet essai porte en soi le ferment d'une constance potentielle à oeuvrer dans ce sens. Il pourrait devenir l'aiguillon... & saisir une occasion.


Réfléchir encore… mais conclure ici:
Il se balise ainsi des chemins étroits qu'il s'agit de débroussailler calmement et dans la durée en laissant opérer une intuition vive & aux aguets de soi. À suivre donc, mais on n'est pas aux pièces, sur Nulle part. Seul son bon plaisir le guide...


Cet article évolue depuis le 1er juin 2016, date de sa mise en ligne initiale. Cette version date 24 octobre 2016. Il n'évoluera plus dans les prochaines semaines.


Statistiques

Membres
16
Articles
2814
Compteur de clics
1787444

Recherche