Engagements

Dans ce chapitre figurent des essais qui trahissent le côté touche à tout de Nulle part...

Essai
Mis à jour le 28 8 16 par ajout dans paragraphes sur les solidarités ouvrières

En ces temps de flux pluviaux assez continus (2 6 16), une réflexion sur les flux matériels et immatériels, ET les g-rêves (grèves) qui ne paralysent que les impuissants, leurs semblables. Et ne font plus rêver personne de lendemains qui chantent. Chaque lendemain déchante désormais. Et il en ira de même tant qu'un saut qualitatif ne se fera pas dans les esprits vers cette transition nécessaire au troisième millénaire.


Plan

Introduction
MAIS
Lanceurs d'alertes
Ce qui les anime
Éthiques sociale et fiscale justes
G-rêves de mouvements matériels
Inadéquates
Un peu d'histoire sociale et scientifique

Première révolution industrielle
Deuxième
Troisième
Déshumanisation finale

Conséquences
Un terme manque
Quels outils ?
Quelles compétences ?
Solidarités ouvrières (màj 28 8 16)

Clap final !
Pour aller plus loin...
Notes


Introduction
Les g-rêves de mouvements, celles qui tendent à éteindre certains flux matériels tendus que nos sociétés capitalistes déliquescentes ont instaurés en optimums marchands, sont sensées être efficaces... dans la tête des appareils syndicaux.
Elles le sont quand les flux vitaux sont empêchés et gênent de la sorte les bonnes personnes et leurs flux adéquats. La g-rêve est alors un moyen adéquat.


MAIS

Pendant que les sans-grades se bouffent le nez entre eux, les maitres des infoducs1 continuent leurs flux criminels.
Quand une g-rêve de mouvements matériels touche principalement d'autres sans-grades, on sait que quelque chose de vicié se trouve à la base du raisonnement syndical. Les sans-grades sont tout aussi victimes que les grévistes des flux immatériels qui nous maintiennent tous en esclavage. Il n'est dès lors pas étonnant que les sans-grades empêchés (employés, étudiants, etc.), pour qui le mouvement en flux tendu est rendu essentiel pour des nécessités vitales - faire bouillir la marmite ! -, se révoltent à leur tour, non contre les flux immatériels assassins, criminels dressés contre l'Homme, mais contre ces autres, ces semblables, quand ils paralysent le seul flux qu'ils maitrisent encore un tout petit peu, le leur. Quand des sans-grades se dressent contre d'autres sans-grades, leurs semblables, c'est que les moyens d'influer sur le réel insupportable sont devenus inadéquats. Mais les appareils syndicaux persévèrent dans leurs analyses obsolètes.

Les g-rêves qui tentent de contraindre les flux matériels appartiennent au passé. Depuis longtemps, en fait.


Lanceurs d'alertes
Les lanceurs d'alerte, les dévoileurs de flux immatériels crapuleux, comme l'évasion fiscale généralisée à très grande échelle, sont les vrais grévistes des temps présents. Eux seuls, qu'une éthique humaniste anime encore, ont le pouvoir de faire vaciller le système crapuleux en les dénonçant, en les dévoilant, en les révélant au grand jour. Une preuve de leur efficacité ? Les procès à n'en plus finir que le système génère contre eux ! Ou l'emprisonnement dans une ambassade... ou des accusations non étayées sur des faits. Au nom d'un juridisme formel qui leur tient de morale, bien inférieure à l'éthique dont témoignent les lanceurs d'alertes. En suivant le lien hypertextuel en début de paragraphe, vous arriverez à Wikipedia qui leur consacre un article fouillé, des plus informés.


Ce qui les anime
Leur éthique humaniste leur fait dénoncer des principes qui bafouent, à l'insu des multitudes, le bien-vivre commun, le vivre ensemble. Ils sont encore isolés, provisoirement. Ce type de dénonciation est qualitativement fort différente de celui animé par cette jalousie qui fait dénoncer l'herbe folle dont un voisin respecte la vie en sa rigole... (Ça sent le vécu, hein ! J'en... rigole encore !)


Éthiques sociale et fiscale justes
Le fond éthique de la démarche syndicale reste bien entendu valable: elle en est la raison-d'être même: un État social fort, présent aux côtés de ses citoyens plus conscients/conscientisés des bienfaits que les sans-grades tirent d'une protection sociale juste car elle permet une vie digne, en accord avec les droits de l'Homme et du Citoyen.
C'est apparemment dans les appareils syndicaux que sont toujours très vivaces les raisons, toutes les raisons, que nous avons d'y chercher la protection digne que chaque citoyenne/-en est en droit d'attendre de la part d'un État social juste et fort.
Les partis politiques socio-démocrates ont depuis trop longtemps abandonné ce combat, à force de diluer leurs actes dans de coupables compromissions qui assassinent à grande vitesse les solides acquis sociaux engrangés par notre généalogie sociale, à force de luttes ouvrières dures et finalement victorieuses. Ces acquis-là garantissent l'épanouissement de la meilleure part de notre Humanité. Les remettre en question, comme « ils » le font trop souvent, équivaut à nous la faire perdre petit à petit. Et le rythme s'accélère dangereusement.
C'est ce fond éthique qui est commun aux syndicats solidaires et aux lanceurs d'alertes: la justice fiscale les anime au profit final d'un État social fort.


G-rêves de mouvements matériels
Les g-rêves de mouvements matériels (trains, trams, bus par exemple qui transportent d'autres victimes) étaient plus efficaces à arracher des conquêtes sociales durant les deux premières révolutions industrielles car elles reposaient sur la matière première puis sur le produit transformé.
Ces g-rêves de mouvements matériels sont inopérantes dans une économie accroc aux flux immatériels.


Inadéquates
La façon de mener les justes & éthiques combats syndicaux est surannée, inopérante, dans cette économie de flux immatériels. Il serait temps que leurs leaders s'en rendent compte et adaptent leurs outils de pression sur les vrais décideurs pour maintenir l'humanisme au sein de l'Humanité qui se déshumanise à très grande vitesse.

Leurs colères impuissantes dressent les sans-grades les uns contre les autres. Et pendant ce temps-là, les flux immatériels crapuleux continuent leurs mouvements criminels. Intouchables.

Mise à jour 24 6 16, jour de grève en Belgique...: Un passage d'un ouvrage en lecture, Liberté ou le pouvoir de créer,
par Robert Misrahi, éd. Autrement, 2014, pp 48-49,
présente une argumentation qui est fort proche de (et antérieure à) celle qui anime cet essai:

Seule la liberté confère la responsabilité. « Mais le refus de la responsabilité est pourtant spécifique... Il refuse d'être reconnu coupable en tant que source de souffrances produites.... Et ce refus en profondeur de l'efficacité nocive d'une attitude ou d'une action provient du refus d'un quelconque pouvoir constituant d'un drame qu'il soit social ou personnel. »
« Prenons un exemple concret », continue R. Misrahi, « le chômage. Je ne dis pas que le chomeur est responsable parce qu'il refuserait tout travail. Je dis que les syndicats (qui défendent en effet à bon droit les intérêts des travailleurs) ne savent pas inventer, ou ne souhaitent pas inventer et soutenir une politique efficace dans les affaires sociales. Une autre attitude, une autre politique, un autre combat sont toujours possibles, et cela indépendamment de tous les procès d'intention qu'on pourrait faire aux initiateurs de tels "changements". »


Un peu d'histoire sociale et scientifique
Première révolution industrielle
Tant que les flux étaient matériels, la vapeur est un bon exemple, les hommes qui en arrêtaient le flux acquéraient subitement un pouvoir de négociation. Oh, la bête inhumaine, patronale, résistait, mais leurs ouvriers ont fini par obtenir des victoires.

Deuxième
Depuis l'instauration de la sécurité sociale (1944) et le droit de vote des femmes (1948 en la trop chrétienne Belgique), l'ère de la vapeur est depuis longtemps close. L'électricité devenait un flux que seuls les contremaitres, à l'éducation moins rudimentaire, maitrisaient. Tant que le flux de charbon, qui faisait marcher les moteurs produisant l'électricité, pouvait s'arrêter, les hommes et leurs syndicats gardaient un pouvoir, celui désormais de protéger leurs acquis. Intolérable pour les patrons. La fermeture des derniers puits de mine en région liégeoise: 1966. C'est la fin de la société carbonifère, pour reprendre le très beau titre (2016) que H.-A. Baatsch donne à son récit, sous-titrés Mémoires. La fin d'une époque, donc.

Troisième
Quand l'électron d'origine nucléaire s'est servi des populations autochtones africaines que la haute (lisez inaccessible) finance maintenait en servitude, nonobstant l'indépendance politique consentie du bout des lèvres par un Baudouin confit par la violence du discours cinglant de Patrice Lumumba le 30 juin 1960... Tout est rentré dans l'ordre... patronal et les mouvements de flux devenaient définitivement inaccessibles en se dématérialisant. L'ordre nucléaire pouvait régner et l'électricité coulait à flot...

Les gens ont bien vécu jusqu'au premier choc pétrolier, ces fameux dimanches sans voiture (1973-74).

Déshumanisation finale
Puis la dégringolade matérielle a commencé: les coopératives ouvrières1 ferment dans les années 1980. Elles sont les dernières à capituler dans cette lutte continuelle pour la conquête puis la défense des acquis sociaux.
L'ordinateur fait son apparition (les cartes perforées, trop matérielles encore, sont rapidement remplacées par des bandes magnétiques, puis les codes binaires tiennent sur des supports devenus immatériels; et maintenant le cloud payant qui supprime par ailleurs toute confidentialité). Les flux de la troisième révolution industrielle se dématérialisent complètement. L'homme n'y a plus sa place. Les infoducs2 règnent en maitres. Bien à l'abri des humains, ils contiennent désormais tous les flux. L'économie s'est dématérialisée et est devenue uniquement financière.


Conséquences
Ce sont ces flux-là qu'il s'agit d'arrêter ! Pas vos affiliés, qui circulent dans NOS bus, NOS trams, NOS métros et NOS trains ! En fait, le paradoxe est le suivant: les appareils syndicaux dirigent leurs actions contre celles et ceux qui ne suivent plus leurs mots d'ordre désuets, tant ils sont devenus inefficaces. Ces appareils veulent donc contraindre celles et ceux qui sont à leur portée, alors que ce sont eux, les appareils syndicaux, qui doivent changer de cible ! Le résultat en terme d'image est pire que nul: négatif. Et les maîtres se marrent bien pendant ce temps-là. C'est pitoyable, non ?

Arrêter ces flux infoducaux est l'enjeu véritable, pas les flux matériels qui gèrent la mobilité collective des moyens de production que nous sommes devenus, nous les sans-grades. C'est un non-sens inefficace au plus haut point contre les flux financiers. Et c'est extrêmement contreproductif en terme d'image.


Un terme manque
Il manque un terme générique pour désigner les nouveaux briseurs de flux que sont les lanceurs d'alerte, les dénonceurs au nom d'une éthique bien supérieure au système qui ne (sur)vit que grâce à ses flux internes, qui ne nous irriguent nullement. Aucun flux financier n'a jamais nourri son homme. Il s'autoalimente tout à fait indépendamment de nous. D'où la transition que j'appelais de mes voeux dans le chapeau de cet essai.


Quels outils ?
L'information est devenue un outil, comme l'étaient en son temps la vapeur puis l'électricité. Il s'agit de détecter l'information cryptée, celle qui circule dans les infoducs. Les « hidden agendas » (les ordres du jour secrets/cachés3) tels que les dénoncent par exemple Nico Hirtt et Gérard de Sélys dans Tableau noir (1998) et Les nouveaux maîtres de l'école (2000) dans le domaine de l'enseignement. Ces deux auteurs avaient fait là oeuvre fort utile, totalement mise sous boisseau, y compris par les appareils syndicaux.
Nos permanents syndicaux doivent devenir des as de l'informatique. Cela les occupera bien mieux à nous défendre que les luttes intestines pour le Pouvoir dans les couloirs...


Quelles compétences ?
Il s'agirait donc pour les nombreux permanents syndicaux que nourrissent les deux grands syndicats, ceux-là même qui étoffent les manifs... pour impressionner les médias, de se mettre à changer radicalement de métier s'ils veulent rester à notre service syndicalement pour DÉVOILER les collusions nombreuses entre les soi-disant décideurs politiques et leurs maitres, RÉVÉLER les flux illégaux, RELEVER des incohérences dans les projets qui circulent sous le manteau. Les compétences nécessaires pour moraliser les flux dans les infoducs sont autrement complexes à acquérir, mais il est toujours touchant de voir des neurones endormis se remettre à fonctionner de nouveau, foi d'enseignant retraité !
« Il est une joie continue et souveraine que d'agir vertueusement de façon adéquate. C'est en parvenant par la connaissance4 à cette joie que l'on devient nécessairement vertueux  et non l'inverse. » Éric Delassus, Connaître Spinoza en citations, Ellipses, 2016, p. 164.
Ensuite, évidemment, il leur faudra inventer les leviers de commandes qui feront durablement évoluer les décideurs dans la bonne direction, pour atteindre le seul résultat qui soit digne de notre humanité: plus d'humanisme, au service d'une plus grande autonomie de l'Homme. De son émancipation confirmée et affermie.


Solidarités ouvrières
Les grèves accostent désormais aux territoires anciens de solidarités ouvrières positives. c'était entre eux, qu'elle existait la belle solidarité de nos aïeux. Elle a cédé la place à l'individualisme marchand qui superficialise les égoïsmes sans fondements vers des alliances circonstancielles sans fermeté engagée, minimalistes et négatives à la sauce ras-le-bol., trop angoissée d'acquérir - à crédit - le dernier mastodonte sur roues qui jettera tant d'égos en pâture aux financiers qui sont là pour nous sucer les sangs jusqu'à ce que mort s'ensuive.
Nos aïeux avaient, au sortir de la deuxième guerre mondiale - la troisième est entamée - émancipé l'humain par la SÉCURITÉ sociale. Nous vivons dans un monde SÉCURITAIRE, insécurisé sur tous les plans, et pour de bon, où le soupçon entre "moi" délétères s'est institutionnalisé. N'importe qui a le droit de poser un oeil dans l'intimité des sacs, cherchant chez les victimes potentielles les armes destructrices que les mafias, certaines étatiques, trafiquent en toute impunité. (màj 28 8 16)


Clap final !
Cet essai propose un balayage large et rapide, aux contours flous, forcément imprécis dans les détails. Il permet peut-être de dégager des lignes de force et des balises pour penser un syndicalisme de demain, que mon père a vainement tenté, animé par un zèle enflammé, au sein de la FGTB pendant 17 ans et qu'il a conclu par un récit affolant de son combat perdu contre l'appareil syndical, sur le thème du mythe de Sysiphe... Je ne reprends nul flambeau, ses combats étaient de nature différente; juste une continuité respectueuse qui s'affirme tranquillement en une cohérence familiale au long cours.


Pour aller plus loin...

Le thème du syndicalisme semble intéresser le monde des médias puisque
- la revue Imagine demain le monde de mars-avril 2016 consacrait une enquête approfondie aux « Syndicats entre vents et marées »;

- tandis Athéna se penchait, en juin 2016, sur les rassemblements de foule en montrant que ceux-ci sont désormais propulsés par l'émotion et beaucoup moins par la revendication. Il semble apporter de l'eau au moulin que j'essaie d'actionner dans cet essai. Le numéro est téléchargeable en suivant ce lien. Athéna est ce « magazine de vulgarisation scientifique édité par le Département du
Développement technologique (Direction générale opérationnelle Économie, Emploi et Recherche - DGO6) du Service Public de Wallonie »;

- enfin, la Tribune générale, l'organe syndical des services publics de la CGSP wallonne publiait elle aussi une analyse fouillée intitulée « Pourquoi (nous) manifestons-nous ? ». Librement téléchargeable en sélectionnant le pdf intitulé tribune générale... La sectorisation morcelle bien ici aussi...

Je repère aussi Dans Politique, la revue des débats, un numéro datant de mars-avril 2015 consacrait son thème principal aux mouvements sociaux: un modèle belge ? Le militantisme en question. Certains articles sont consultables en ligne. Je ne l'ai pas lu en entier, à la différence des trois premiers.


 Notes

1 Cinq ans passés un après-midi par semaine à dépouiller presque exhaustivement les archives de l'Union coopérative (Liège), détenues par l'IHOES (Iinstitut d'Histoire Ouvrière, Économique et Sociale) m'ont permis d'en conter quelques éléments qui sont rassemblés par l'IHOES dans ses publications et études: 67, 74, 119. D'autres, plus locales, figurent également dans les Cahiers de Jadis publiés par Mémoire de Neupré. Ils sont repris sur Nulle Part.

2 « Néologisme désignant l'ensemble des réseaux de l'information (téléphone, Internet...) » source.

3 Cela ne se traduit pas par agendas cachés car agenda est un faux ami anglais pour la langue française.

4 Spinoza consacre de nombreuses pages à la connaissance. Vous trouverez l'exposé de R. Misrahi en suivant ce lien.

 

 


Ces rituels assemblés au pied de kiosques liégeois renvoient à des temps dont les participants ne peuvent avoir conservé un souvenir, tant ils remontent loin. Ces rituels désuets disent assez la sclérose qui a atteint la matrice même des ces neurones ouvriers qui en sont l’origine. Il est urgent de rafraîchir ces rites maintenus pour de médiatiques (mauvaises!) raisons. Il nous faut nous en dépouiller car ils sont frappés d’inadéquation définitive aux temps qui sont !
Un profond respect nimbe l'histoire sociale de ces rituels: ils sont les routines apprises de nos épanouissements. Leurs séquelles tiennent de grands messes creuses avec de moins en moins de participants, aussi vaines que les congrégations devant un autel en églises, mosquées, stupas, synagogues ou temples.
Y participer contrevient à toutes les contingences des temps présents. Nos libertés sont autrement menacées: ce ne sont pas ces discours creux, ces rodomontades, qui les protègeront.
Il s’agit désormais de protéger « les gens » contre cette croyance qu’ils ont de jouir d’un libre-arbitre individualiste, alors qu’ils ne font qu’obéir à des diktats de leurs ennemis de classe même, destinés à les détruire en perpétuant des mécanismes qui les asservissent & sont contraires à leur épanouissement même.

L’IHOES vient de publier une analyse sur le discours sécuritaire ambiant. En un peu plus de 9.500 signes, l’auteur, Christophe Wasinski (ULB), cerne quatre types de discours qui « tendent, en définitive, à tout ramener à la "nécessité" d’user de la force. » Il collabore également avec le GRIP pour qui il a rédigé quatre études. Un expert en pacifisme, cela ne court pas les rues. Profitons-en !

Il a repéré ces quatre types de discours, en un texte très efficace, très clair, bien balisé, sans précautions inutiles. Il met des mots sur un sentiment diffus que de nombreux pacifistes peuvent avoir.
Seul bémol: l'absence de marqueurs paratextuels facilitant une lecture plus rapide (linguistique pragmatique), tels que sous-titres, surlignage de mots-clés, etc. Je propose cette carte mentale comme complément de lecture, comme executive summary en quelque sorte:

Je vous invite vraiment à lire cette analyse brève (3 pages pdf). Son intérêt dépasse de loin tout ce que j'ai pu lire depuis quelque temps.

1 4 16: L'auteur a également rédigé une Opinion pour le site de la RTBf intitulée: « Quelle politique de sécurité après les attentats de Bruxelles du 22 mars ? » Le point de vue y est exprimé d'un angle différent. Tout aussi interpellant.

Quand du sensé se synthétise ailleurs, cela vaut la peine de le faire savoir, puisqu'il s'agit d'un véritable savoir-faire qui est à l'oeuvre.

« Il n’y a qu’un seul monde! » nous martèle Guy Leboutte, qui anime depuis longtemps un blog sur la toile intitulé Condroz belge. Je m'y trouve souvent en accord avec lui. Nous ne nous connaissons pas.

Et son dernier article en date ne fait pas exception: il mérite d'être lu (en tout cas, j'y ai trouvé matière à réflexion sur les attentats de Bruxelles et de Zaventem (tous deux en Belgique), qui sortent tout doucement de l'actu, chassés par d'autres... !). Comme méritent également lecture ses propres renvois vers deux autres articles, l'un de Pascal Boniface (directeur de l'Institut des Relations Internationales et Stratégiques); l'autre d'un journaliste de Télérama.

« Dans les temps futurs, il n'y aura pas d'homme blanc, il n'y aura pas d'homme noir nous serons tous un. » Auntie Sarah Mansell, Tasmanie, in Paroles aborigènes


 Le dessin de presse est d'un ami d'humanités, grand dessinateur talentueux. Son site se visite ici.

L'urgence est mauvaise conseillère.

Ce qui se fait dans l'urgence est à refaire à tête reposée.

« À force de sacrifier l'essentiel pour l'urgence, on finit par oublier l'urgence de l'essentiel. » Edgar Morin; La méthode, Éthique (2004)

*

Il était, le 13 novembre 2015, urgent d'enterrer les morts, urgent de soigner les blessés, urgent de prendre en compte les meurtris. Et prendre de bonnes décisions.

Quand un État de droit se met en état d'urgence, il se met lui-même en état d'infériorité: il avoue de la sorte que sa vigilance (ou plutôt la vigilance de ses fonctionnaires) a été prise en défaut. Nul reproche. Nous, les citoyens lambda, en aurions commis de bien pires.

Pour contrer ce défaut de vigilance, ce n'est pas en épuisant ces mêmes fonctionnaires dans des gestes idiots, que tout le monde sait inutiles que le taux de vigilance va augmenter dans les bâtiments publics, dans les musées, dans les trains, aux frontières, etc.

Je crains bien que les Français aient été entrainés dans un état (l'urgence) qui les anesthésie et pourrait même leur être néfaste à terme:
vous imaginez « leur » tête, et la nôtre, si un voyou muni d'une ceinture d'explosifs se joignait à la foule peinarde qui attend, moutonnière, que le scan de ses bagages évidemment inoffensifs aient lieu en face du quai d'embarquement pour le Thalys ou l'Eurostar en gare du Nord, à Paris. Deux cents morts d'un coup, au minimum ! Il aurait fière allure, l'état d'urgence !

La responsabilité qu'ont prise les Autorités en charge de l'État de droit, appartenant à la droite molle qui se proclame encore très mollement de gauche, est immense. Elles auront à en rendre compte en 2017.

Formons le voeu sincère pour que tout ceci ne déclenche pas une mécanique meurtrière et un mécanisme similaire à celui que les socio-démocrates allemands ont bien connu lors de l'accession légale de Monsieur A. Hitler à la chancellerie en 1933. Une fois que les nazis ont été au pouvoir, c'était trop tard.


Ajout 1 03 2016

Une réflexion à des années lumière d'avance sur la mienne a été menée par Frances Stonor Saunders, une historienne et journaliste britannique, liant plusieurs sujets qui me sont chers. Elle y tisse un texte d'anthologie sur les réfugiés, les frontières, les contrôles aux frontières (et leur inutilité), la fouine systématique (en anglais, nosey, de nose, le nez) que nos « autorités » mettent en place dans nos vies.

La vidéo en anglais de sa conférence au British Museum pour la London Review of books est est ici: https://www.youtube.com/watch?v=h4-B_2OfgUA&feature=youtu.be

Il vous est loisible de lire son texte en écoutant: http://lrb.me/hk0 Vous y capterez la force de l'humour (noir) britannique.

Résumé: Globalisation promised a borderless world, but it has delivered an age of neurotically policed zones and cubicles. To cross a border legally now involves an unprecedented level of scrutiny: fingerprint and iris scans, chips embedded in your passport, hidden sensors to detect your heartbeat and carbon dioxide emissions from thirty feet away, the tick-box confessional of ‘Are you now or have you ever been . . .' Frances Stonor Saunders inspects the complex apparatus of today’s border regimes and their obsession with the verified self.


J'y trouve une kyrielle de raisons plus suffisantes les unes que les autres de penser ce que je pense et de (provisoirement) refuser de m'y plier en me repliant sur des territoires davantage ... poétiques.

Avec pour conséquence, personnelle celle-là, qu'un clap de fin a été donné: je n'assisterai plus à un séminaire parisien. Ces états inefficaces & fluctuants de l'urgence n'en sont pas la seule raison, mais ils y ont leur part. D'autres tiennent davantage au séminaire lui-même; d'autres encore à la méfiance généralisée qui règne à l'entrée de beaucoup de musées. Comme si chaque citoyen était devenu un suspect potentiel. Cela est assez insupportable. Enfin, je trouve !

Des interstices étaient encore possible il y a peu. Ils se sont refermés. C'est notre liberté de mouvement que l'on assassine à petits feux.


 

Deuxième addendum: (3 3 16)
Ce qu'il est vraiment urgent de contrôler, c'est la fabrication, la commercialisation, la vente libre d'armes de poing et de guerre à des citoyens & à des pays en guerre.
Ce qu'il est vraiment urgent de saisir, ce sont les stocks d'armes qui se planquent peinards ça et là dans la campagne.
C'est entre autres pour cela que des organismes comme le GRIP en Belgique existent. Ils sont trop peu subventionnés, ont trop peu de personnel pour atteindre un niveau seuil de visibilité. Personne ne conteste la rigueur de leurs recherches et des résultats de celles-ci, mais... d'ici à se mettre en cohérence avec leurs révélations, il y a un abîme que tous nos hommes & femmes politiques se refusent à franchir... par réalisme.

Source de l'image en cliquant dessus.

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