Voyager, c'est avoir appris à se faufiler dans le réel en laissant le moins de traces possible.
C'est flotter sur une joie intérieure.


Chaque jour, s'apprend du neuf. Voyager en 2016 dans la FRRance, c'est affronter l'urgence instituée état permanent par les institutions de la République, sensée être garantes des libertés... Même le Président précédent n'avait pas osé exiger de montrer sa carte d'identité lors des journées du patrimoine !

Parade: conscientiser, sur le ton de la confidence sincère et bienveillante, la personne qui applique si aveuglément cet ordre idiot sur les risques qu'elle court si un terroriste se présentait, comme deux de celles assassinées au Musée juif de Bruxelles en mai 2014. Et incidemment demander si sa famille a une assurance vie prise par le patron du musée visité pour leur assurer une vie digne en cas d'assassinat... La prise de conscience fonctionne bien...

En voyageant, l'homme debout marche, démarche les pavages à la découverte de leur réseautage fusionnant lumière, rues, ruelles, piétonnes si possible.

Le voyage continue de vivre sur une saine lancée, de plus en plus difficile à maintenir dans ces villes devenues. L'énergie du soi le redresse, malgré accrocs, déroutages et aspérités. Les pas le mènent vers une librairie où la lecture des travées reste de culture balisée.

Les grands, les apaisés ont ce genre de phrases:

« IV

Si assuré & ferme que tu sois, ne cause de peine à personne;
Que personne n'ait à subir le poids de ta colère.
Si le désir est en toi de la paix éternelle,
souffre seul, sans que l'on puisse, ô victime, te traiter de bourreau.»

Omar Khayyam, Quatrains, éd. Allia, 2015. O. Khayyam, selon les sources, vit à des époques différentes... L'Encyclopedia Britannica dit: (born May 18, 1048, Neyshābūr [also spelled Nīshāpūr], Khorāsān [now Iran]—died December 4, 1131). Spinoza, cinq siècles plus tard, dit aussi en des termes semblables les deux premiers vers.

Le Caute de Spinoza clôt cet autre quatrain:

« VIII

Ici bas, il vaut mieux que tu te fasses peu d'amis,
ne sors de toi-même que pour de brèves entrevues,
celui-là dont le bras se tend te semble un appui,
examine-le bien, et prends garde. »

C'est pour ne pas avoir eu la prudence de tenir compte de ce conseil (« de brèves entrevues »...et surtout « prends garde »), avant de partir que le voyage peut devenir une errance, une déshérence. Par moments, en tout cas; il s'agit alors de redéfinir le préférable, cher à Robert Misrahi, en tenant compte des circonstances que le réel entremet.


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