Cet article constitue un work in progress. Ce premier jet consiste
- à vous "révéler" l'ajout (« édition augmentée » disait la mercatique éditoriale) d'un chapitre, mais le retrait d'un autre...
- et à déplorer l'absence d'un sommaire dans l'édition 2016.

Jamais encore je n'avais entrepris de vous parler de ce roman de Jacques Abeille figurant dans le Cycle des Contrées. J'entreprends donc un voyage à travers les deux éditions de ce roman.

  Les voyages du fils,
éditions Gingko
 Les voyages du fils,
éditions Le Tripode
date de
publication
 2008  2016
Sommaire Présent Absent, ce qui est une forme de (petite)
faute éditoriale, connaissant l'importance
que prennent les titres de nouvelles/
chapitres chez J. Abeille. Cela nuit à la
démarche patrimoniale entreprise, en
quelque sorte. La volonté affichée
de l'éditeur de procéder à une édition
de référence du Cycle des Contrées
sous sa bannière, démarche qui l'honore
et que j'apprécie à sa juste valeur,
s'obère légèrement par ce genre de
détail.
Chapitres  La lettre de Terrèbre
Publiée une première fois par
Deleatur en 1995, réimprimée
en 2004, elle est signée
Ludovic Lindien, le fils de
Barthélemy Lécriveur.
Elle semble bien à sa place ici.
 - Disparue. Il nous faut accepter
sans comprendre
ces prérogatives de créateurs.
  Préparatifs de départ
  L'homme nu
  Les lupercales forestières
  Les champignons de sang
  L'auberge verte
  - L'oiseau Grèvelong
  Le notaire et le typographe
  L'oncle Léo
     
     
     
     
     
     
     



Comme bien vous semble, j'entame donc ce week-end (2-3 avril 2016) la lecture de L'oiseau Grèvelong. Je vous reviens ensuite...

(3 4 16) « Sans la mort qu'ils trouvent dans le combat, les hommes seraient en excédent, affirma la princesse sans me laisser deviner si elle parlait dans une brutale absence de réflexion ou dans l'ampleur désabusée d'une pensée cosmique. » 151

Un imparable écho à notre situation d'Occident chrétien en voie de putréfaction ? Une autre piste encore:

« Quand Terrèbre s'est livrée à ceux qu'on appelait - qu'on appelle encore - les barbares, tout le tissu social, très vite s'est décomposé. Les barbares ont bos dos; je suis sûr quant à moi que la société était déjà dans un état de putréfaction avancée. » 139

J'ai longtemps adhéré pour le Cycle des Contrées à une chronologie qui collait en gros à l'ordre de publications récentes (depuis Gingko). C'était sans compter avec L'oiseau Grèvelong, cette nouvelle apparue dans l'édition augmentée des Voyages du fils. Elle contient en elle l'après-désastre survenu sur la ville de Terrèbre, comme le montre l'extrait ci-dessus. Ce roman prend donc place après Les barbares et La barbarie.


(4 4 16) Le récit de ces voyages est enlevé: Le doit-il au probable enchaînement de nouvelles écrites dans un temps long et qui se rassemblent ici sous la plume du fils de Laurent Barthe (pseudo: Barthélemy Lécriveur, l'auteur du Veilleur du jour), Ludovic Lindien, derrière laquelle s'efface Jacques Abeille sans jamais s'y fondre. L'Oncle Léo, sujet de la dernière nouvelle, l'oncle de Ludovic est le jumeau de son père. Et ce n'est qu'une des révélations livrées par un vieux sage parmi les charbonniers de la forêt - in Les champignons de sang. Ah l'aventure dans les Contrées est si multifactorielle qu'elle prend plaisir à semer des cailloux partout, sur les pistes d'une cartographie désormais berneronienne, dans cette généalogie familiale complexe, alvéolée comme une ruche, dans les intersections, les recoupements, les éclaircissements qui se rétro-éclairent d'un volume à l'autre à travers tout le Cycle. Une constante: une trame de récit alvéolée par cette plume (y compris celle de l'oiseau  Grèvelong désormais !) & cette langue mellifères.

(à poursuivre)


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