Tarder,
l’extrême retardement de l’agir,
un choix de vie où  
les délais sont indépassables
& une vision de l’esprit.

Le vague règne en maître,
la meilleure manière  
de ne jamais se croire  
en retard.

Tarder peut devenir
une façon de se rêver.

L’instant absolu
prévient demain  
qu’il n’existe pas
et doit sagement
devenir l’instant imminent
suivi d’un autre  
tout aussi présent.

Tarder,  
sans certitude:
une forme de réticence
à intégrer la flèche du temps
vers son impulsion irréversible
& sans retour.*

Tarder,
c’est aussi laisser  
couler le temps
comme si
il était
un monde clos
hors de soi.
Un leurre probable.

Construire la chronologie  
des instants écoulés,
c’est habiter son passé.

Se projeter dans l’avenir,
en balisant les étapes
d’une tâche à accomplir,
& voir un projet se réaliser,
n’empêche probablement pas
de goûter l’instant
qui est chaque fois.


* Ilya Prigogine et Isabelle Stengers, Entre le temps et l’éternité, Fayard, 1988, « l’évolution se produit-elle dans le même sens vers l’équilibre situé dans notre futur ? » (p. 113). L'image est un extrait de la couverture de l'ouvrage, oeuvre de M. Landuyt. Ce texte fait partie d'une série (Tarder) dispersée dans divers recueils sur ce site: Flèche du temps, S'attarder, Hâte-toi, Mignonne,Tarder.


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