La pelouse se circonscrit
de paires de rectangles rapprochés
nées d’un arrangement trouvé au garage,
deux cadres d’un ancien emballage
dont aucun souvenir ne reste.

Dans chaque enclos, un semis s'applique,
calme, aux graines de jachère bio
qui feront peut-être prairie fleurie.

Un mélange propice à retenir
papillons, abeilles et congénères:
phacélies, soleils, centaurées, calendula et mauves
habilleront de leurs couleurs
une coulée d’herbe ombreuse.

Avec des peut-être
plein la tête,
ils sont déjà vingt-quatre.

Et il s’en comptera d’autres
à disposer en un quinconce
amorcé sur papier quadrillé
et adapté sur place pour que l’on y vaque
avec plaisir sur les dalles imaginaires

que fera l’herbe non semée.
La vivacité de ces fleurs
les fera migrer

où bon leur semblera
dans un chahut chafouin et bon enfant
que le jardin paresseux
respectera à n’en pas douter,
dans les années à venir.

Le soir s’annonce d’un nuage
à la transparence noirâtre,
un voile offert au soleil encore haut.

L’énergie d’amorcer ces jardinages
est une excellente nouvelle.
Le corps s’offre d’être dehors
jusqu’à la limite du plaisir,
tant qu’il est au dedans du plaisir.


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