Aphorismoire puisque Aphorismaire était pris. La douche du premier jour de juin en l'an 2017 a livré cet aphorismoire, mot-valise douché, sur un plateau tout mouillé, pourvu d'un suffixe fleurant bon les vieux grimoires... dont on découvrira qu'il est une altération de grammaire dans cette si élégante notice du Trésor de la langue française: GRIMOIRE, subst. masc.

A. Livre de magie, de sorcellerie.
Les religieux de son couvent, ayant trouvé dans sa cellule des livres grecs qu'ils ne pouvaient lire, s'imaginèrent que c'étaient des grimoires, et dénoncèrent comme sorcier leur frère trop savant (A. FRANCE, Île ping., 1908, p. 172). Quand on évoque le diable selon le grimoire, on a bien peur (ALAIN, Propos, 1932, p. 1105) :

1. Dans quelques grimoires médiévaux, on trouve ainsi la conjuration capable de faire apparaître un démon « barbu », qui préside aux transmutations métalliques. D'autres grimoires invoquent une tradition magique arabe selon laquelle la transmutation des métaux était rendue possible par l'intervention d'une (...) plante merveilleuse qui passait pour pousser sur le mont Liban. CARON, HUTIN, Alchimistes, 1959, p. 43.

Expr. fig. vieillie. Savoir, entendre le grimoire. Être habile dans ce que l'on entreprend. (Ds Ac. 1835, 1878).
B. P. ext.
1. Littér. Ensemble de signes à déchiffrer.
Ces vérités écrites à l'aide de figures dont j'essayais de chercher le sens dans ma tête où, clochers, herbes folles, elles composaient un grimoire compliqué et fleuri, leur premier caractère était que je n'étais pas libre de les choisir (PROUST, Temps retr., 1922, p. 879). Il regardait le sol encombré de broussailles, il déchiffrait sur le terrain, en hâte, un grimoire chargé de sens. Des passées zigzaguaient, capricieuses (GENEVOIX, Raboliot, 1925, p. 99).

2. Dépréc. Ouvrage ou texte obscur, compliqué ou indéchiffrable.
Un grimoire illisible. Il fallait les yeux d'un amant pour déchiffrer ce petit grimoire et comprendre ces élans d'un sentiment passionné qui ne pouvait trouver de forme pour s'exprimer (SAND, Hist. vie, t. 1, 1855, p. 439). Le jeune homme étudiait le grec, le latin, le grimoire de jurisprudence par obéissance (LAMART., Cours litt., 1859, p. 241) :

2. Auguste s'occupa du parcours des tramways, acheta, dans un bureau d'omnibus, un indicateur; mais ce grimoire, avec ses accolades de grosses lettres et ses rangées de points ne leur apprit rien. Ils se tuèrent les yeux là-dessus, ne purent démêler l'écheveau des jonctions et des correspondances.
HUYSMANS, Sœurs Vatard, 1879, p. 243.

Prononc. et Orth. : []. Ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. Ca 1165 gramaire « livre de magie » (Troie, 6268 ds T.-L.) : XIVe s. [date du ms.] grymoire (Le roi d'Angleterre et le jongleur d'Ely ds A. DE MONTAIGLON et G. RAYNAUD, Fabliaux, II, 242); 2. av. 1475 « chose indéchiffrable, embrouillée » (G. CHASTELLAIN, D. de Bourg., III, 177 ds GDF. Compl.). Altération de grammaire* (vraisemblablement sous l'inf. de mots de la famille de grimace*), qui au Moy. Âge désignait spéc. la grammaire en latin, inintelligible pour le commun des mortels.
Fréq. abs. littér. : 106. Bbg. REID (T. B.). Grammar, grimoire... In : [Mél. Richtie]. Cambridge, 1949, pp. 181-188. - SAIN. Sources t. 2 1972 [1925], p. 332. - THOMAS (A.). Nouv. Essais 1904, p. 230.

 


LE RECUEIL

Or donc, voici un recueil cueilli à bonne source du corpzesprit
ces dits candides (ah bon?) candidats au statut d'aphorisme, s'il vous y plaît...

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Avoir depuis longtemps
appris à |
& accepté de |
ne pas surgonfler les pneus

du soi qui me propulse
repose de bien des errances...

***

Plus une ville est grande,
plus ses rues festoient
dans ses couleurs humaines.

***

Je n'ai rien d'un allumé du gsm.

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Lire camisole le silence de grands espaces de liberté, à force.

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La cohérence d’une vie ne se mesure pas forcément à sa linéarité.

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Jongler dans l’absolu ou le néant, c’est kif-kif. Fors le relatif, rien qui vaille.

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Ce n’est pas parce qu’on est né le cul dans le beurre qu’il Y fait plus glissant.

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Variante du précédent : Ce n’est pas parce qu’on est né le cul dans le beurre que c'est plus coulant.

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Qui a trop obéi n’obéira plus.

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N’est lapsus que d’esprit.

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L’infini n’est jamais un lieu vivable à long terme. Le néant non plus.

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Le nœud coulant déroule son infini de serrage.

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De Jules Renard : « Notre neurasthénie, c’est de la misanthropie. Servons-nous au moins de mots qui nous fassent honneur. »

La photo a été prise dans la cour intérieure de la Mairie de Perpignan. La statue est l'oeuvre d'Aristide Maillol (1861-1944), La méditerranée. L'artiste a longtemps résidé à Banyuls, dernier port de plaisance français avant l'Espagne.


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