Un vendredi à nul autre pareil.
Le train a gravi le plan fort incliné,
les doigts dans le nez...

La Cité rutile d'une pluie
dont le pavé garde traces.
Une grisaille de reflets sur ces toits plats.

L'allure vive entraine
plusieurs centaines de vies:
direction & vitesse uniques

réduisent les distances
entre deux métropoles.
Bilan carbone, positif !

Tant de voitures à l'arrêt.
La ville millionnaire
se piétonne à l'air libre

sur des voies de traverse
à l'écart de la multitude
qui afflue sur les grands axes.

Le citadin pédestre
jouit, intègre, de la ville, La Belle.
Elle est sans pluie,

au coeur du soi
ajouré, accueillant
ce vent à chaque coin de rue

d'une écharpe qui promène
son façonnage amical
tantôt arrimée au cou

tantôt derrière l'encolure.
Le Parc offre ses chemins botaniques,
encerclés de métal aux roulements trop pressés.

La Statuaire fin XIXe entoure
un bassin de belle facture,
un chez-soi du lecteur d'autrefois.

Trajet retour: l'arrêt de
cette file luit;
le train file, lui,

indifférent
aux bouchons
qui la retiennent.

Un colza fasciné de lumière incidente
(19h52) feutre au regard
une jouissance intense.

Le soir vient au sol de la petite vallée,
discrète suturation nocturne,
la colline forestière héberge

sa dernière résistance.
La ligne de retrait
monte, inexorable,

d'un assaut circonspect,
sur la pointe des pieds,
prompte à n'effaroucher nulle vie.

Le parebrise file vers l'ouest
pour les derniers kilomètres.
L'horizon large qu'offre au regard

un bout miraculé de campagne
enflamme un dispositif de nuages
d'une lave incandescente & fébrile.


NB Roger-Yves Roche signe un article sur le site « En attendant Nadeau » dont le titre illustrerait bien cette journée: Le piétonisme est un humanisme.


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