24 8 18

Le vent aiguise son tranchant
sans coupant inutile;
travaille sa force,

entraine mollement le caddie encore vide
sur le quai des départs vers la ville.
L'astre se fait plus discret,

en retrait derrière ses voilages.
Le corps apprécie le pull léger.
L'entre-saison profile peu le paysage

en roue libre,
nulle urgence à se rembrunir.
Ce chahut étagé de nuages

projette un nuancier
s'étageant du bleu au gris foncé.
Se colore & se structure

le paysage familier.
Le regard posé
apprécie l'offert.

Trois tagueurs ont paré d'art
trois wagons à quai:
couleurs vives,

personnages stylisés,
souriants. Trois signatures.
La qualité au service de l'oeil.

Un vent de couloir,
rue orientée Est-Ouest,
insiste sur sa vigueur,

rendant le pull bienvenu.
Se faire opportun,
saisir l'occasion qui se présente,

sans avoir été anticipée.
Tous les sens ouverts:
optimiser l'émotion

comme le chemin pédestre
qui esquisse le retour
en déambulant.

Sérénité arrimée au soi.
Bus, décrète** le corps assis
devant un café.

Mais le corps pense et rien d'autre, dit Spinoza. *
Il a déterminé** ses pas,
j'en fais le constat amusé,

à suivre la piste faufilée,
maintenant le trafic à distance
selon une diagonale raccourcissant

l'étendue du parcours.
Le Musée d'Art
Différencié
:

beau volume reconstruit:
L'entre colonnes sera-t-il vitré ?
Un plateau en pierre

de teinte blanche somme
pour l'instant le bâtiment
de belle manière.

Une plateforme
au rebord classique ?
Une toiture ?

Durée: la demi-heure tapante
jusqu'à la gare du retour.
Info gsmée place saint (?) Paul,

horlogée en gare.
L'exercice fait grimper
le climat intérieur,

prenant toutefois le temps
de poser le regard
ça & là.

Pull ôté,
chaleur régulée
sans sueur.

Colline le long de la voie:
nombreux arbres
atteints par la sécheresse.

Leurs feuilles cassantes,
indiquent l'assoiffement subi.
Le couvert forestier se persille de brun.


* Le philosophe Michel Juffé, dans une recension critique sur le si mal nommé Miracle Spinoza, a ces quelques phrases: « Nous ne sommes pas surpris qu’ensuite Lenoir rétablisse le dualisme du corps et de l’esprit, lesquels, dit-il : « fonctionnent ensemble ». Et d’ajouter :  « nous pensons à partir de notre corps. » Non, c’est le corps qui pense et rien d’autre ! »


**  B. Spinoza, Éth. III, prop. 2, scol. (Traduction B. Pautrat) : « [...] Toutes choses qui montrent assurément clairement que tant le décret de l'esprit que l'appétit, & la détermination du corps [...] sont une seule & même chose que nous appelons Décret quand on la considère sous l'attribut de la pensée & qu'elle s'explique par lui, & que nous nommons Détermination quand on la considère sous l'attribution de l'étendue & qu'elle se déduit du mouvement & du repos; [...] » p. 222-223 Points Essais, n° 380

Nuit estivale, du ma 14 au me 15 8 18

22h À mesure que le corps s'allège tout en lenteur apprise, il redécouvre les contours du corps intérieur & son allant actuel intériorisé. La convergence entre joie, béatitude, tonicité, attention portée à soi & au havre: très marquantes la tonte, puis l'application du corps à dégager le train avant de ses nombreuses fétuques allongées enroulées sur son axe; enfin la taille du rosier et son arrosage; il est probable que celui-ci prenne note à sa manière, au moins qu'il "se sente" accueilli & pourvu en eau.

Le ressort disponible pour accomplir des tas de gestes centrés, l'endurance ferme à accomplir une tâche décidée: poster une lettre vers 20h, d'un pas rapide, énergique. L'endurance tonique est sans épuisement, même si les activités sont persillées tout au long du jour, à bas bruit (sauf la tonte !), entre de larges tranches de lirécrire.

Tout concourt à une vie souple, plastique, autonome, ce qui n'équivaut pas à solitaire: salué trois personnes croisées: interaction minimaliste attentive à l'autre. Le corps a de la ressource. Pour l'instant.

0h02
L'énergie s'évase à travers tout le corps de soi.

0h42
Un pétillement y circule
sans porosité
dans une réservée remarquée, dense, fascinée par la présence intense de la nature en soi.

0h48
Une ressource y cotoie le regard intérieur, la présence introspective. La pulsation universalise le corps sans l'égarer, sans l'y dissoudre.
Une concentration s'y disperse dans une économie de moyens vitale & vraie: l'oeil au regard flou accompagne la graphie sur la ligne tracée à travers la page, dans une lumière minimale (6w indirects !) suffisant à la précision du recours qui s'y puise. La seconde paupière se fend pour tracer la voie de l'épanouissement du liquide intérieur qui s'extrait du corps à mesure que celui-ci décompose entre lipides/glucides/protides les aliments confiés à la voie intestinale aux fins de nourrir le feu qui s'y consume sans le brûler.

Les mains aspirent un instant la chair dans leurs paumes, comme pour guider la prudence des pas sur le retour. Le corps assis tient le carnet sur son giron; le pouce qui ne tient pas la plume fixe le coin opposé du carnet en l'appuyant sans laisser de marque blanche sur le haut de la jambe, juste au-dessus du genou.

Ce flux d'écriture sur la page lui indique la conscience présente à la mutité au creux de la nuit. Les mots se déposent sans automaticité, ils sont choisis comme s'ils étaient des impensés qui se formulent au fil du lent écoulement hors de soi. Le vivace de cette présence en soi sait la nécessité qu'il y a à sortir les mots dans l'état premier leur afflux.

Le coude gauche en appui sur la jambe va redresser le torse dans l'intention arrêtée de suspendre la manoeuvre immanente & sereine. Fin 1h07

1h31
Ce flux textuel manifeste un état intangible & resserré de la conscience intuitive exprimant ainsi sa matérialité. Accommoder les deux yeux sur la ligne ne fait pas partie du plan ! La paupière droite maintient clos le passage lumineux aux fins de simplifier l'accommodation de la netteté.

1h49
Est-ce

  • le lait,
  • le calcium du lait,
  • le chocolat éthiquement extrait de la fève de cacao,

que le corps appelle à soi ?

La réponse est du domaine de l'insu & pourtant la certitude du mieux agir est présente.

L'éveil est total à présent: la liquette enfilée cautionne la prudence incise au soi. La gestuelle corporelle est davantage maitrise, à l'instar du flux scriptural.

4h49
Le corps s'arbore dans le décor sans jamais chercher le record. Il s'agit d'être "sur le rebord du monde", à l'unisson avec Ouroboros. L'aurore havrée ne sera jamais boréale. Il s'agit juste d'être son intime débord, à l'équilibre entre support où perfore la vie & raccord énergique, sans être énergivore, ce qui la consumerait à tort. Une vie se fore un passage sans réel effort.

me 1 8 18

La voie de soi est joie.

Estive, ou transhumance d'été
des bergers dans les montagnes
in Glossaire, sous l'article Montagne

Quand le corps advient à sa propre mesure, il savoure ce savoir sage dont il sait lui être gré en faisant montre d'une sagesse actrice de sa meilleure « puissance d'agir » (Spinoza). Le corps est une force fluide qui sait le ménagement de soi au gré du chemin d'élégance apprise au cours de ces glanes multiples d'elles-mêmes.

Le corps se sait gré
de progresser pas à pas,
de plus en plus finement
harmonisé à sa route.

Un exemple de continuité au temps long: G. Bateson & P. Watzlawicz dans les années 70-80 dissertent amplement sur le mind-body. Mind the mind first. Cette approche a éclairé le chemin d'alors pour aboutir à Spinoza via R. Misrahi et désormais M. Juffé, qui en creusent les apports pérennes. Basculement notable & noté du mind-body en corps/esprit, corps/conscience (J F Billeter). Une forme de continuité paysagère sur la voie suivie, non ?

La mémoire du passé n'est pas faite pour se souvenir du passé, elle est faite pour prévoir le futur. La mémoire est un instrument de prédiction. B. Spinoza
Croire que des images formées dans le passé représentent des choses encore présentes, même si elles ont disparu, est une connaissance inadéquate. M. Juffé, in Café Spinoza p 147.

La manière dont le corps prend possession du temps a ceci de notable − aussi au sens d'annotable − que quand le moment semble intuitivement propice, le corps procède en quittant l'activité précédente. Le mouvement est fluide, sans réelle décision prise; il est une intuition vivante en marche. Cela se passe sans coutures.

Porter attention à, y compris à soi, permet à la mémoire de s'exercer, par exemple en enchainant les gestes de dépôts & de saisies d'objets dans une efficacité optimisant leur perspicacité à les ranger à leur place, à l'endroit précis où ils seront retrouvés sans effort lors de leur prochain usage.

Susurrer à l'échappée du monde
ESTIVE, subst. fém.
Pâturage de haute montagne dans les Pyrénées. Montagne d'estives (MALÈGUE, Augustin, t. 2, 1933, p. 251). Le déclin ne peut être conjuré tant qu'il y a une forte disproportion entre les énormes étendues d'estives et la médiocrité des réserves fourragères des fonds de vallées (WOLKOWITSCH, Élev., 1966, p. 129).
P. méton. Séjour dans ces pâturages. La montagne pyrénéenne tend à jouer le rôle de « pays naisseur » : en fin d'estive, les jeunes qui ne peuvent être nourris dans les vallées montagnardes sont vendus à des exploitants d'Aquitaine (WOLKOWITSCH, Élev., 1966 p. 124).
Prononc. et Orth. : [], [e-]. Ds Ac. 1762. Étymol. et Hist. 1. 1876 « dans l'Aubrac, unité exprimant la valeur de la consommation d'une tête de bétail pendant une saison » (Journal officiel, 24 mars, p. 2070, 1re col. ds LITTRÉ Suppl.); 2. 1933 « pâturage de montagne où l'on met les bêtes pendant l'été » (MALÈGUE, Augustin, t. 2, p. 251). Empr. au dial. occitan du Puy-de-Dôme, forme fém. de estieu, estiu « été », du lat. [tempus] aestivum « été », substantivation de l'adj. aestivus « d'été », dér. de aestas (été*); cf. l'a. prov. estiva « récolte, travaux d'été » (XIVe s. ds FEW t. 24, p. 235a; v. aussi LEVY Prov., s.v.). Fréq. abs. littér. : 1.

 

Di 22 7 18

Un repos tout en mots-clés
Tranquille exubérance intérieure. Forme de sérénité relativisante quant à la justesse de la voie choisie, du cheminement qui se crée en progressant. Démarche moins de ré-invention de soi que de dégagement d'un fatras de contraintes accumulées sur nous, les enseignant·e·s. Obligation professionnelle faite au soi à exercer la passion de transmettre dans un contexte délétère: quitter au moment où la redite menaçait à nouveau, où la procédurisation d'actes créatifs par la "Qualité" allait devenir pesante, dirigiste parce que uniquement gestionnaire, puis impossible à tenir... « Only in hindsight do you realise the cost of abdicating your responsibility ». (The London Review of Books, dernière phrase d'un essai sur un ouvrage). C'est pour ne pas être tenu de mettre genou à terre face aux procédures anonymisées que l'option fut prise de quitter ce bateau bientôt sans gouvernail...
Bien sûr, le cheminement était imprévisible en 2009, pourtant son tracé dégage une certaine cohérence intérieure... avec des ruptures, des bifurcations; peu ou pas de reniements apparents. Une ampleur s'acquiert aussi en approfondissant la voie choisie avec le concours des Mains. Un projet se concrétise ici en y cheminant de façon apaisée. Le chemin conduit le corps-conscience là où il est pour l'instant.


Une démarche d'écriture d'amateur éclairé, l'expression n'est pas de moi & est utilisée pour distinguer cette démarche de celle des académiques, fait tenir des propos tendant vers la rigueur. La toile et ce site permettent les mises à jour, qui sont autant de pensées de l'escalier tendues vers la meilleure expression de l'état d'une pensée. Les hyperliens sont une autre caractéristique d'une écriture qui se tient éloignée du commerce du papier édité; ils caractérisent les nombreuses écritures qui s'y épanchent, sur la toile.


Bref salut & sourire en coin au chat noir qui m'observe en passant de ses beaux yeux bleus. Nul péril ressenti, il continue sa progression sur la catwalk de l'Ouest sans changer de rythme.


Regard arasant, l'herbe non tondue donne le change. À la verticale du corps, regard vers le bas, wide patches of dryness through which life persists with smaller green shoots.


Laisser le moins de prise possible à ceux que Spinoza nomme les ignorants est salutaire tout en leur rendant service si l'occasion s'en fait sentir. Cette volonté très ferme de n'offrir aucune prise se pense, se concocte, se prépare.


Quand l'âge vient, et il vient à tous..., l'art de passer la main à la génération suivante tient de l'effacement furtif du jeune parent de la chambre où l'enfant est endormi, après la belle histoire racontée pour la 76e fois...


Le crowdfunding, un moyen de lever des fonds initiaux. Après, faut suivre... 24h01 vient de le comprendre trop tard & à ses dépens. Fonder une coopérative est aussi un moyen d'assembler un capital que ne possède pas ses initiat·eurs/trices, pour autant que la coop soit imprégnée d'esprit démocratique et instruite de notre histoire sociale; en plus, dans ce monde-ci, au zappage généralisé, il s'agit de maintenir l'engagement par une démarche d'animation volontariste où plus d'un·e échoue... à tenir la cendre chaude. À défaut de cela, la société coopérative devient un jouet de plus aux mains du capitalisme mondialisé.


Avoir le sens de l'histoire, ça se construit dans le noyau familial ou ça s'acquiert. Ce serait en tout cas bien d'en tenir compte, au risque de redites catastrophiques !


La diversité d'une vie émane aussi (oozes from...) de la palette de ses lectures.


J Meades: « The three most depressing words in the language: Traditional Sunday Lunch... » « Selon toute vraisemblance, les premiers chrétiens se réunissaient déjà le dimanche pour célébrer le culte et partager la cène. » Qu'en dire, Raton ?

Ma 17 7 18

Les arbres au bord de la rivière sont sans pourquoi face à la pluie absente. Étiage bas, courant inapparent en surface, eau couleur kaki. L'air trop efficacement mis en condition dans la rame rend la bouffée de chaleur sur le quai d'arrivée déplacée, comme un luxe excessif, celui-là même que je réprime dans la voiture.

L'ordre d'une vie tient tout entier dans la joie intérieure qui l'inspire.

Les feuilles que le vent ébruite en respirant fort dans la cime de leurs branches font prendre conscience à l'oreille humaine de leur sécheresse; ce son cassant, à l'équilibre fragile maintenu par les arbres.

Interagir à minima, une sérénité qui s'affiche peu dans la ville échauffée. L'étiage de la rivière est-il bas par sécheresse ou bien est-il maintenu tel pour des travaux civils ? Je penche pour la première hypothèse.

Lu 16 7 18

Temps chaleureux, accueillant pour ce corps-ci. D'autres y résistent moins: j'entends leur déplaisir sans le partager. Le corps se mêle avec fluidité dans ces chaleurs déréglées. À l'échelle d'une vie humaine, une amélioration. Les tendances longues bien sûr disent l'inverse. Les vêtures en couches superposées permettent de lutter contre le froid d'autres saisons.

Le corps à l'éveil suit ce qui s'est concocté en son for intérieur.

L'indignation est inopérante, n'atteint pas celles & ceux qui indignent. Il ne sert à rien de critiquer autrui; le constat posé se répète à l'envi: les missiles sont toujours à Kleine Brogel, les pensions resteront ce qu'elles deviennent, la RTBf devient ce qu'elle n'aurait pas dû devenir, le pacte ne promeut aucune excellence, etc. Autrui ne tient pas compte de la critique émise. L'indignation est inopérante. Ce n'est pas la bonne manière. Elle manifeste une impuissance.

Di 15 7 18

Le silence intérieur est largement soutenu par l'absence de bruits extérieurs. La coupe, le tour les fixent devant une lucarne. Et les vacanciers partis errent ailleurs...

Sa 14 7 18

Chaque jour réaffirme la prudence inspirée par une (forme de) sagesse (devenue) plus intime au soi.

Deux coucous sifflent leur lancinante admiration dans l'air suspendu.

Pétille
Lente imprégnation solaire,
brève, par la peau d'une chaleur
une porte pétille, puis l'autre.

Éraflures de lumière
dans l'ombre propice.
Le moi dissous dans le soi
se coule aisément

dans le flux universel,
si discret
qu'il échappe à tant
de vies fragiles.

Protection
Matins estivaux calmes
Splendeurs de la météo
en ces intérieurs territoriaux
moins chahutés que les bords,
les frises, les limites du monde
émergé, rattrapés par
la montée des eaux océaniques.

Ve 13 7 18

Recevoir, une joie pleine même si elle exerce une compétence modeste sans stress. L'accueil prime. Envolée la peur (la tristesse dirait Spinoza) de mal faire, de ne point être parfait. Avoir toujours intuitivement su ne pas l'être (parfait) aide. La table, de sa nappe habillée, a l'élégance bordeaux des ovales explicables.

Laisser percoler un problème, le mieux formuler au moyen de termes plus adéquats, l'observer, lui prêter attention au détour des jours, lui laisser le temps de se traduire en langage qui ressortit au hors-conscience, peut-être. Peut-être.

Ins- tant
temps
tance
tancié
tanciation
istance


Le futur n'existe pas, d'accord. Ne pas l'anticiper, s'en dispenser, ok; mais alors s'arranger pour honorer les rendez-vous, répondre aux sollicitations, les isoler du flux dans lequel un présent trop numérisé nous noie. Se laisser une chance de la sorte d'exercer de réelles compétences en les mettant à disposition. Peut-être une condition d'insertion sociale pour les générations montantes.
Paradoxalement, ne pas (pré)voir ce futur qui n'existe pas (encore) empêcherait de se connecter au passé tout en vivant dans l'instant. S'y connecter pourrait être une façon de se construire dans la durée en y intégrer le passé puisque le futur est indéfini. Chaque instant écoulé rejoint le passé. C'est en le tressant à d'autres instants passés significatifs qu'une vie se construit, non ?
Les astronomes observent le passé de l'univers au moyen d'instruments sophistiqués. Nous avons à notre disposition le plus complexe de tous: notre conscience. Une capacité de porter attention à (et notamment aux humains qui nous entourent). De nous intéresser à la vie qui coule en nous.

Je 12 7 18

La vigilance discrète dont il y a lieu de s'armer dans ce monde pour ne pas éveiller l'attention des malveillants sur soi devrait s'exercer en tous temps. L'imperfection humaine fait qu'elle est parfois prise en défaut. Dont acte. L'accepter sans bruit. Y remédier d'un retrait.

Le corps soutient, voire même encourage, la persévérance à bien faire avec moins, ce qui est une forme de perfectibilité mineure apprise, intégrée à la matière intime du soi. La conscience de la valeur calorique des aliments permet de ne stocker au havre que des aliments convenus. Cette forme de convention passée avec soi-même est une bienveillance consentie à la synergie, à la fluidité qui semble exister pour l'instant.

Avoir appris à convenir avec soi au nom de règles saines ressortit d'une joie intime, profonde, bienfaitrice parce que bienveillante.

Sa 7 7 18

Évoquée l'énergie au passage en soi; dépose ensuite, respectueuse du passage dans les profondeurs matricielles du corps en passant par les portes-tambour: une forme de langueur s'assemble à mesure que le jour s'étire.

Ve 6 7 18

J'aime assez, certains matins, la lenteur de l'éveil que s'offre le corps, tout encore à la nuit, & cependant frais, dispos, disponible aux sens qui s'allument un à un sous l'écran des paupières closes.

« Dans ce monde bavard, l'écriture permet de plonger en soi jusqu'à ramener à la surface le chant intérieur. » D. Lafferrière, Journal d'un écrivain en pyjama, 233

Émanciper sa propre saveur en s'entourant de livres écrits par d'autres.

Herbes brunes de leurs pelouses trop rases, terres lessivées de pâturages agricoles aux foins rentrés tracent la sécheresse faite aux terres d'ici par la belle météo solaire. Elle est un signe rappelant les dérèglements que les Humains imposent aux climats de la Terre qui les héberge pourtant. Les herbes plus hautes de ce havre-ci cèlent mieux les taches sous-jacentes. Quelques branches coupées laissées sur le sol indiquent une sécheresse dès le lendemain de la taille, tandis que chaque goulée de vent dans les arbres fruitiers tient un timbre sec qui évoque une insuffisance, même si l'arbre est remarquable tant il alimente bien la verdeur de son feuillage, comme s'il persévérait à donner le change. E. Hocquard, Théorie des Tables, P.O.L., 1992, 13: Ils sont tant à « arroser l'herbe pour qu'il pleuve ».

Marcel Lecomte, Le suspens, au Mercure de France, 1971, chiné, offre une remarquable densité expressive faite de rares mots posés, sertis presque, au coeur d'une syntaxe tirée au cordeau. La lecture ne peut qu'y ralentir. Une éducation du regard, par exemple (53-56):

Je 6 7 18

Tanaisies accueillies
corolles ouvertes campent
sur leur tige dressée.

Deux taches jaunes
à un mètre de hauteur
sur fond de verdure calme.

Robert Misrahi in Ma philosophie : « Un athéisme serein & réellement philosophique diverge d'avec l'athéisme populiste, péremptoire & partisan. » 44 Étrange recyclage d'un mot à la mode... Ce livre est un parcours sommatif conduit par l'auteur sur les cheminements de son oeuvre, de sa philosophie; il tient absolument à attirer notre attention sur la cohérence d'un sens. Bienheureux homme que celui qui peut ainsi, à l'âge fait, y déceler un seul sens...

Me 5 7 18

Surfer sur les crêtes,
léger & disponible
comme un nuage effiloché.

Nicolas Bouvier, d'une plume alerte, fait vivre le temps large d'une gestation (toute personnelle, celle-là !) jusqu'à ses onze premiers mois. De quoi, au fil de ces 377p., s'emplir d'impressions précises, de précisions sur l'époque. C'est un titre d'une élégance folle qui attira mon regard, L'usage du monde, trouvé dans un bac de soldés; puis les dates: juin 1953 - décembre 1954. Page 156, cette phrase, plusieurs; ils sont en Perse:

« Mi-janvier, le froid qui devint mauvais en emporta quelques-uns dont les affaires furent dispersées aux enchères au fond de la salle... »...
« À cause de l'habitude qui endort & console, la plupart d'entre eux ne savaient presque plus qu'ils avaient faim. »

Quand j'entends, quand je lis, un JE PENSE QUE, c'est une approximation qui se profère à sa suite. Elle pourrait équivaloir à:

  • Il me semble que...
  • Je n'y mettrais pas ma main à couper mais...
  • Je crois que...

Autant de façons de dire l'impression. Ce terme, à creuser, en repartant de F. Fénéon, qui sait ? Il se peut que l'impression soit la trace dans la langue d'une imagination en marche. Tout dépend de ce qui l'inspire...

Di 1 7 18

Quand l'art de la sape se matine de resquille. Le contrôleur de train signale que son billet... Le contrôleur revient, il prétend, sans avoir bougé, qu'il n'y a pas de place en 2e. Elle argumente. Message subliminal: je ne suis pas d'accord de payer plus cher, mais je veux un passe-droits; je ne vais quand même pas me mêler à la plèbe ! Vous avez vu comment je suis sapée ?

Une mauvaise foi crasse doublée d'une agressivité mesquine à l'encontre du contrôleur. Quelques minutes s'écoulent, le couple change de place... en 1e ! La 3e fois, ils reviennent à deux, le premier téléphone à sécurail... Ils bougent... Le calme revient.

Un monde sans règles livre tout l'espace à la démesure de l'égo doublée d'un mépris abyssal pour tout ce qui n'est pas MOUA. Aucune prise de distance possible. Aucun réalisme concret. Évidemment pas un gramme d'humour. Tout dans l'agressivité du MOUA J'AI DROIT.

J'aurais vérifié, si j'avais été contrôleur, qu'ils ne partaient pas s'installer dans la seconde voiture de 1e... Ils avaient l'ÉGO teigneux !

Chapeau aux deux contrôleurs pour leur sang-froid !

« Ne nous hâtons pas, me dit-il, d'interpréter les signes. Soyons modestes. Voyez à quoi mène la vanité. On croit connaître le sens & on donne tête baissée dans la superstition. Nous nous en garderons jusqu'au bout. » (Le fils du doyen, ami du narrateur, sur son lit de mort in Les jardins statuaires, 464, éd. de poche)

Sa 30 6 18

Matin: halte technique

La jeune abeille, taille modeste encore, se pose sur le plateau de la table basse. Aucun mouvement humain ne vient la perturber. Chaque patte se fourbit; une forme d'apprêt de soi pour le jour neuf qui a point. Une conscience de soi à l'oeuvre. Le corps tourne sur lui-même, plusieurs fois. L'assurance paraît s'intaller. Elle ne sera pas dérangée. Envol sans annonce: tracé de biais passant au-dessus de jambes gantées de noir. Un specacle apprécié à sa juste valeur; une intimité observée livre une conscience affairée à augmenter sa puissance d'agir, comme dit Spinoza de la joie. Simple, naturelle.

Fin d'après-midi: La véracité du corps s'exprime entière sous l'écrasement solaire. Peau en offrande, le dos, cette fois, se laisse emplir telle une outre goulue. Elle perle sans dégouliner. La dépose est réglée par le corps à la manoeuvre. Il décide de l'instant où le trop-plein/trop-chaud guette. Jamais jusqu'à la menace. L'en-dedans de la conscience.

Une araignée recule sur son fil de repli accroché au verre vide attablé.

Consentir à l'extrême, une forme de plénitude sans calcul.

ve 29 6 18

Burnois, vers 16h:
Le non-faire, le non-agir physique plus précisément, n'empêche pas que succède à la relaxation attentive à elle-même, dépourvue de toute incursion dans le domaine du sommeil, la lecture-écriture attentive d'une littérature philosophique. Sous la frondaison fruitière, quel meilleur titre d'ouvrage à parcourir que Les deux arbres de la Voie, livre I, Le livre de Lao-tseu.

Par exemple ceci: « Les eaux débordantes », résultant du Déluge, « m'avertissent d'être sur mes gardes. » p. XIII Construire dans le lit majeur d'un fleuve, d'une rivière semble ne pas tenir compte de cet avertissement vieux de 25 siècles...


J'aime la proximité verte & enclose
munie de la lumière
paisible de l'été.

L'oeil n'y a aucun point de fuite.
Il y trouve velours vert
à caresser,


des reflets à épier,

des balancements langoureux,
ploiements sans consistance,

le passage d'insectes.

Il est ici une forme apaisée du soi,
que perturbe peu
l'ébuitement du monde proche
dans cette rurbanité décosmisée.


S'étonner de la rumeur que fait naitre
le souffle du vent dans les branches;
aussitôt elle s'apaise & se reproduit,
tel un écho rebondissant
d'un massif arboré à un autre.

Lao-tseu, V:
« Entre Ciel et Terre
est un soufflet de forge.
Vide et infatigable,
plus on l'actionne, plus fort il souffle.
À tout vouloir savoir, vite on s'épuise.
Le mieux est d'occuper le Centre. »

Sensation de félicité sans objet
inonde le jardin intime.
Le vent feuillète les livres ouverts

et le carnet.
Les bords du jour
hébergent le corps

dans même vêture
dont il se dépouille
aux heures chaudes & creuses.


Sur le gouffre des Jardins Statuaires, de J. Abeille, est le tao, vide jaillissant; ceci, de Lao-tseu aussi:

« O insondable gouffre, ancêtre de toutes choses,
tu émousses tout tranchant,
dénoues tous les noeuds,
fusionnes toute lumière,
unifies toute poussière. »

Le vent feuillète les livres ouverts
et le carnet.
Les bords du jour

hébergent le corps
dans même vêture
dont il se dépouille

aux heures chaudes & creuses.

me 27 6 18

Comment lui viennent ces certitudes ?
Irrigué par l'énergie de l'éveil, le corps serein atteint un degré de certitude sans attente. En se laissant traverser par le flux, il résulte un dynamisme à haute teneur ajoutée.

Séance solaire brève entre le pommier paisible & le havre, in the pristine blue early-morning sky with the Sun passing by. Le vinaigre a dépourvu les deux plateaux de bois marin FSC sur tréteaux de traces oiselières. Très provisoire, tout ça. Transient.

Se condenser - Se densifier - Ne pas filer

Ce sont les indications par lesquelles l'outil guidé par la main - le sécateur - a marqué le territoire de l'homme. Les pieds de noisetiers ont été invités à ne pas empiéter sur l'accès à l'énergie solaire, à cette luisance lumineuse, du laurier qui est venu de son plein gré se lover voici quelque temps en bordure; ces framboisiers aussi qui feront l'objet d'une cueillette vespérale et les trois pieds récemment plantés de groseillier. Chacun sa fonction: les noisetiers protègent du vent mais ses feuilles caduques n'ont que le temps de leur verdeur, le laurier, lui, persiste tandis que framboisiers & groseilliers ravissent ces papilles-ci.

Comment conduire une plantation bienvenue à se densifier, à s'étoffer du bas sans qu'elle s'échappe hors contrôle vers la voûte céleste ? En l'observant, peut-être, en apprivoisant sa matière organique, en y portant une bienveillance attentive régulière.

Di 24 6 18

La maison contient des gestes qui attendent d'être posés: le sachet de sel marin trouve à l'héberger hors son plastique dans quatre mini-cassolettes parentales en céramique, avec couvercle. Que pouvait-il bien cuisiner là-dedans ? Un vase a la gonflette fière en hébergeant trois oeillets du poète coupé le matin même.

Quand une journée se vaque en rangements, (re)trouvailles avec quelques objets pratiques, d'autres évocateurs, continue son cheminement à travers les steppes du Nord dans les Jardins statuaires, concocte, séjourne dehors, dedans, nettoie de ci de là des accumulations, des inélégances faites à l'oeil, crée dès lors une netteté qui s'était absentée, seule une joie pleine imprègne le corps-conscience. L'énergie stable l'épanouit & le ventile. L'éveil est là, telle une présence discrète.

Sa 23 6 18

9h05, train: Un tournage neutralise le beau quai de la Calatravienne, les marches, les escalators et les escaliers. Gemini Man, un jour, anonymisera ce quai... Une pléthore de personnes en veste jaune fluo s'affairent & moult barrières de Mr. Nadar en dissuadent l'accès. Une rentrée d'argent pour Infrabel ?

Un retard induit par le bel ICE Frankfurt - Brüsel en retard prioritaire. Un jour, je prendrai ce train...

Zaventem: une soudaine lenteur de la rame laissa voir, plus qu'apercevoir, à l'arrière d'une maison un bétonnage ultracontemporain, une signature d'architecte à n'en pas douter. Univers carcéral ? Nature absente.

19h16 La ligne semble être une lenteur en ce jour; j'aime pourtant le retard de ce train du retour: il m'a permis de le prendre et de rentrer une bonne demi-heure plus tôt que le trajet en tram puis métro l'avait laissé présager. En discutant, j'ai même appris que la rame s'était arrêtée à Bruges à l'aller, tant son retard était important. Excuses réitérées à l'arrivée liégeoise pour déplorer les correspondances ratées.

Un grand calme intérieur: cette viduité paisible se manifeste par une fluidité intérieure intimement perçue comme liberté d'aller et de venir en soi dans un silence dense & léger.

L'émancipation,
un couvre-feu couve
sous les paupières

closes, telles des
cendres tiédies par
la caresse de ce vent.

Ve 22 6 18

Comme la sensation de plus en plus, de mieux en mieux, affirmée de ne pas appartenir. À leur monde. Elle se fait envahissante dans la viduité d'une agglomération en milieu d'après-midi, livrée à ces quelques couples ados, pourtant bien sapés par les épreuves examinales: moins de ventilations agenouillées, de fessiers largués dans des pantalons incontinents, trop larges, sans assise.

Rejoindre la ville par des chemins ferrés traversant ces friches industrielles inusitées dans lesquelles les Buddleia fleurissent entre d'autres rails... n'arrange rien à ce sentiment fort !

Comme un glissement furtif que mes pas connaissent bien dans une déshérence encore relativement civilisée, tel ce libraire fort affable ayant déposé en piles pour un rangement ultérieur l'office reçu et qui m'a déniché les deux ouvrages que je cherchais vainement dans leur ordre alpabétique. Ranger, un des problèmes d'attention auxquels les librairies sont confrontées, face aux flux incessants d'ouvrages... chaque colis livré par une camionnette différente... contre une signature électronique.


Je 21 6 18

Le chat noir s'étonne,
marque une pause,
y pose la patte avant gauche:

le constat tactile
du caillou blanc calibré,
décision de vaquer...

Décidément, l'humain...

Une moindre sensibilité
à l'esthétique du blanc ?
En tout cas, il a acté.


Ma 19 6 18

Un corps de chauffe sans délit
vaque, autonome & serein,
une force sans émois,

comme en réserve de soi:
une taille d'épargne
maitrisée, fertile,

adossée à l'énergie
circulant dans les fonds
de vallées où chaque sillon

creusé à même la chair
s'irrigue d'une énergie
sans pourquoi ni comment.

Ce petit couple déjeune
dodelinant un trajet de picores
dans une pelouse tondue de frais.

Le corps semble balancer entre deux pesées,
comme s'il hésitait sur la conduite à tenir,
entre lâcher-prise & conservation des énergies.

Épictète, La paix de l'âme, est fait de courts chapitres aux intitulés transparents.

La conscience se satisfait de l'affût paisible, emmenant l'équipage (mais qui mène l'équipage est sans importance) à travers le jour dans une conduite dirigée par les intentions, sans qu'il y soit dérogé. Toutefois nulle urgence, ni contrainte. Deux ou trois interactions avec le monde, un soin fait aux arbustes à rue & un dernier visible de la terrasse, feront l'affaire.

La cueillette groseillée d'hier attend le petit-déjeuner du corps tandis que la salle de bain se pare d'une chaleur compatible avec le corps de soi aux ablutions convenues pour l'inaperçu, le sans tache. Aucun autre flamboiement qu'intérieur.

Certains jours, plume au repos; d'autres, active, posée, comme conduite par un flux intérieur lui aussi sans pourquoi ni comment, avec l'aisance discrète des hébergements transparents.

Se laisser porter ainsi procure le titre que j'ai sous les yeux: la paix de l'âme, même si l'âme ne fait plus depuis longtemps partie des descripteurs de la part consciente du soi.

9h30

Les petits fruits rougis au jardin portent en eux cette douce saveur du temps qui passe, aux effets accomplis: elle s'épanouit dans la bouche, non masquée par d'autres sucres que ceux que le fruit contient de son fait (6,64 gr. aux 100 gr selon les tables de l'ANSES).

Qu'une semelle s'interpose entre le sol frais et la plante, c'est le port du corps qui s'en trouve modifié, comme épanoui par une moindre sensation de froid, signal assuré d'un retour d'information accueilli & bienvenu.

Le cours de Pise, que la main a ouvert « innocemment », délivre sa réponse à une apostrophe: Et la poésie ? (406)
Trois citations de Wittgenstein; la troisième pourrait bien convenir aussi à cette écriture-ci:
« Je ne puis écrire en prose que jusqu'à un certain point & pas au-delà. Ma prose a sa limite bien déterminée... Mon équipement est ainsi fait, & je n'en ai pas d'autre à ma disposition. » L. Wittgenstein, Remarques mêlées, cité par E. Hocquard.

Mon équipement. Ce dont le corps-conscience s'est équipé au fil des ans. Une libre disposition de soi finalement. Il est vraisemblable que pareille disposition équipe cette plume-ci; ce qui constitue une réponse à une récente sollicitation amicale à faire livre de ces Bribes.

Ce court passage a la vertu d'une évidence que le soi peut faire sienne.

10h55

Pendant la douche, le corps-conscience a décidé qu'il n'était pas temps d'aller donner du fric à la grande distribution. Une frugalité instinctive (en latin tardif, récolte de fruits mais aussi modération, sagesse, sobriété dit le Trésor de la langue française).

11h50

Quarante-cinq minutes à guider la luxuriance à l'avant, sans autre conduite du taille-haie qu'instinctive. Attentive aussi (le fil...). Une framboise mûre avalée... À surveiller: d'autres se préparent... Il s'est agi de laisser le taille-haie être guidé par le sens des limites, à la fois avec le trottoir mais aussi par le sens de l'esthétique du noisetier à feuilles rouges dans la haie de ligustrum, d'éliminer d'indésirables poussées aussi & enfin de rabattre les velléités conquérantes en hauteur des trois arbustes. Accessoirement, dégager la vue pour la sortie de voiture.

Cette activité physique dans une brumisation légère & rafraichissante sollicite les clavicules de belle façon; les limites de leur déploiement sont évidentes...

Ce cours, intitulé & la poésie ? (406-411) semble dire l'essentiel à se tenir pour dit, non pas une fois pour toutes, mais pour cette matinée. Rien à ajouter; surtout rien à écarter, ce qui le rend précieux aux instants consacrés à sa lecture.

12h05

Ces notes matinales disent le parcours d'un matin fait de diversité conduite par l'essence pleine de soi (de plénitude).

17h45

Respecter ses besoins présuppose de les entendre.

Le corps a éprouvé le besoin de se fondre dans une sieste. Elle fait partie de son parcours. Elle le répare, lui permet de rendre disponible une meilleure qualité d'énergie au soi ainsi mieux disposé.

La plongée dans le monde fait chou blanc sur toute la ligne, sauf le guichet bancaire. La tenturière n'a pas rappelé, le numéro de maison non vérifié fait le dépôt amical conservé (partie remise, le bottin a porté une meilleure assurance qui sera accomplie demain), les paroles de Lavilliers, non arrivées. Aléas de la distribution mondialisée, si lente. L'humeur équanime a accueilli l'ensemble comme autant d'évidences, imprécises & rebelles à la norme intériorisée. L'approche paisible en fait un glissement furtif.

La frugalité assumée en retardant d'une semaine les achats en « grande » distribution crée une satisfaction quiète. C'est ainsi que se boycotte, à très bas bruit vu le nombre (!), un système qui laisse désormais indifférent.

 

 


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