Au-dessus de leurs vallées trônent ces étangs
gisant à même le roc; n’y planter aucun croc.
Ils sont su comment boit le si perfide empire.
Le silence captivant porte malaise dans l’espace.

L’orage conteste l’humaine force aux mutilés.
Les pauses sans violence deviennent un écueil.
Chambrés par leurs râles, macérés dans leurs deuils,
Tremblant sous d’adverses tentations à leur mesure.

Sauf à imaginer leurs formes au rythme qui bat.
Statue parcourue d’airain, elle devient jais.
S’éprouvent alors d’atroces jouissances sans merci.

Sauf à se faire passeur passionné des sans voix.
Ô peureux ulcérés par vos âges si mûrs,
Soufflez par erreur pour leur donner un visage.

Sur une triple contrainte: Camille Goemans, Adieux à Baudelaire, p72 ; Le silence, pp73-4 ; Les secrets de la vie, p76. Premier vers du premier poème, deuxième du deuxième et ainsi de suite. La contrainte originale est ici. La référence est Camille Goemans, Écrits, collection Espace nord (Les Impressions nouvelles).


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