D'étymons en toponymes
se rouvrent
des chemins oubliés:

le sens y monterait
de la Terre1
en volutes2 mésologiques.

Se répandraient alors
ces fumets adoubés3
sur les lieux ainsi nommés / toponymés.

Les milieux
où serpente
chaque chemin

relâcheraient
d'insistantes senteurs
que libèrerait leur chôranymie4.


1 Voici la citation complète provenant de Poétique de la Terre, écrit par A. Berque: l'auteur s'y dit non partisan du « postulat tacite d’un contrat entre sujets, individuels désincarnés…, confits dans* leur TOM, & décidant un beau jour, abstraitement, que tel objet se nommerait comme ci, tel autre comme ça. Contrat tombé du ciel (l’éternel en moins) alors qu’en fait le sens est monté de la Terre, en quelque quatre milliards d’années, dans la contingence de l’évolution et de l’histoire. Par trajection. Non par projection ! » 130 Se discute plus amplement la portée de ce passage ici.
2 Je profite de cette correction pour remercier Monique Tomson qui relit toujours si bien certains de ces textes nullepartiens; elle m'écrit en effet: « tu écris "volûtes" ? A moins qu'il y ait une intention cachée, il ne faut pas d'accent circonflexe. »
3 Toponymie: de Topos, le lieu et ônumos < onuma, le nom; « suffixe du grec qui entre dans la composition de mots savants... » (Le Grand Robert)
4 Chôranymie: néologisme monté de ce terreau intuitif personnel pour diffuser le nom de milieux. Il permet de différencier le nom d'un milieu (un chôranyme) du nom d'un lieu (un toponyme), à l'image de l'hydronymie (Toponymie des noms de cours d'eau et d'étendues d'eau - Le Grand Robert) et de l'oronymie (Étude toponymique des noms de montagne - Le Grand Robert). Mangrove serait un choranyme, par exemple. Pour une discussion approfondie de topos/chôra, voir l'analytique du chapitre 2 de Poétique de la Terre où un tableau à deux colonnes tente d'en résumer la portée pour la mésologie.

Écrit le 23 11 15, màj 24 11 15.



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