L'attrait pour les synthèses larges semble être devenu une fidélité sur NP dans le choix des essais à lire, une constance régulière que ce soit en philosophie ou d'autres domaines. Leurs auteurs maîtrisent leur(s) domaine(s) de spécialisation: leurs bibliographies en attestent.

Et puis un jour, face à tant de convergences qui leur sont apparues, ils choisissent d'en faire profiter leurs lecteurs.

En vrac:

  • Catherine Despeux sur le taoïsme,
  • Lilian Silburn sur le shivaïsme tantrique du Cachemire, fondateur pour l'ancrage du corps dans son embellie durable,
  • Jacques Tassin sur l'arbre, Eduardo Kohn aussi sur le même sujet,
  • Jean François Billeter, notamment sur l'esquisse mais aussi la Chine,
  • Mona Chollet sur le Chez soi,
  • Robert Misrahi sur Spinoza, et aussi, de sources plus récentes, Michel Juffé avec Café Spinoza, à la fois oeuvre de vulgarisation et très utile à l'insérer dans l'ultracontemporain qui est le nôtre; Ariël Suhamy sur La communication du bien chez Spinoza et, plus épuré, Spinoza, philosophe en équilibre;
    - Isabelle Stengers dont la lecture de Civiliser la modernité ? est d'une portée à la fois formatrice pour le soi et d'abord davantage aimable à cette philosophe essentielle; le constructivisme du GeCo lui doit sa cristallisation, emmenée désormais par la boussole très sûre de Didier Debaise; tous deux sont des interprètes habités de leur partition, celle qu'a écrite le mathématicien turned philosopher Alfred N. Whitehead (il a travaillé avec Bertrand Russel). Son
    Process & Reality est sur la table de lectures, tandis que ses Modes of Thought sont un régal de plume infiniment apprécié sur Nulle Part. Plusieurs mois de 2019 (et 2020 ?) seront probablement consacrés à cette lecture dans l'original, éclairée à distance par le GeCo (Groupe d'études constructivistes hébergé à l'ULB). Le processus comme définition du réel, dans la continuité directe de William James et le pragmatisme qu'il a aidé à mieux définir, est devenu essentiel à l'embellie durable dont bénéficie Nulle Part.

    D'une façon ou d'une autre, c'est avec Spinoza qu'elle, l'embellie durable, a pris son envol ici même. Et il est même possible que ce soit, de façon explicite ou non, à l'Éthique que tous ces tableaux brossés à larges traits renvoient, aussi bien sur le temps long que dans un espace qui déborde largement l'occident dit chrétien et l'espèce humaine (0,01% de la biomasse de la planète Terre !).

Austère ? Je ne sais pas. En tout cas, cela n'est pas vécu comme tel par l'énergie joyeuse qui anime ce corps-ci, même si des choix sont posés qui tendent au retrait du monde, à se tenir éloigné d'un certain monde...

Une autre synthèse se déploie sous la très belle plume de Sylvain Piron (EHESS, Paris) et concerne L'occupation du monde. Le deuxième tome est attendu avec impatience. Nous en saurons peut-être plus bientôt, l'auteur vient rencontrer le public à Liège à la fin du mois de mat 2019, sur la Barricade liégeoise.


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