hadot manire de vivreMichel Onfray, dans le 12e cd du dernier volume de sa Contre-histoire de la philosophie, qu'il consare à Pierre Hadot, introduit, à sa suite, l'expression: EXERCICE SPIRITUEL; le conférencier renvoie à un ouvrage d'entretiens accordée par Pierre Hadot intitulé La philosophie comme manière de vivre. Il fait partie de la bibliothèque nullepartienne !

Voici ce qu'en dit Pierre Hadot dans le chapitre 6, intitulé: « Le discours philosophique comme exercice spirituel ». Il définit cet exercice spirituel comme « une PRATIQUE VOLONTAIRE, PERSONNELLE DESTINÉE À OPÉRER ... UNE TRANSFORMATION DE SOI. » C'est un mode de vie, une forme que donne la vie à ce parcours choisi. Ces exercices spirituels se formalisent en une pratique d'écriture continue dans des carnets (le 177e est à l'oeuvre...) qui est devenue un mode de vie personnel, volontaire & vise à opérer une fluidité en soi, ce à quoi correspond la transformation dont parle Pierre Hadot. Cette pratique procède de

  • la fluidité intérieure, en opposition avec la fixité qui fige l'être dans une posture pour n'en plus changer; une petite mort en quelque sort.
  • la paix de l'âme aussi, expression davantage compréhensible qu'ataraxie qui a le même sens ! C'est Pierre Hadot qui l'explique. 173

« Prendre souci de soi peut paraître égocentrique. » 173  Pourtant non.

  1. « Les exercices spirituels sont destinés à se dégager de l'égoïsme ... provoqué par l'attrait des plaisirs ou les soucis du corps. 173 Quand « on essaie de se soumettre à la raison, on est presque nécessairement obligé de renoncer à l'égoïsme. »
  2. Avoir le souci des autres peut aussi prendre la forme de mise à disposition d'autrui sur un site, par exemple. Il existe des milliers de sites Internet consacrés à la philosophie... Ce recueil de bribes philosophiques en constitue juste un autre exemple, sans jamais prétendre détenir une quelconque parcelle de vérité. Le chemin, rien que le chemin...

L'excercice spirituel, philosophique, s'applique à parfaire la profondeur qu'atteint la couche apaisée de l'organe nommé cerveau ! Une propension à en tester continument la matérialité voisine avec sa limite parfois; construire une zone d'exercice de soi est un processus indéfini une fois qu'elle a été enclenchée.

Apprivoiser l'épaisseur de la zone de confiance en soi, son espace, sans le projeter dans son évolution temporelle (=dans le futur) car cette projection est source d'instabilité souvent inutile. D'autant plus qu'elle n'existe pas !

Les bases sur lesquelles des théories à leur propos s'échafaudent dans les replis synaptiques restent empreinte d'engrenages ancestraux qui n'ont probablement pas/plus lieu d'être. Rationnellement, c'est clair. Est-il possible d'en amoindrir les effets délétères en ne les sollicitant pas ? En quoi consisterait cette non-sollicitation.


Pierre Hadot, avec sincérité, aborde le sujet pour lui-même; la citation 180-181:

Personnellement, tout en essayant de mener à bien ma tâche d'historien & d'exégète, je m'efforce surtout de mener une vie philosophique, càd... consciente, cohérente & rationnelle. Les résultats ne sont pas toujours de très haut niveau, il faut le reconnaitre. Et, lors de mes séjours dans les hôpitaux par exemple, je n'ai pas toujours gardé la sérénité d'âme dans laquelle j'aurais voulu me tenir. Mais, quoi qu'il en soit, je m'efforce de me placer dans certaines attitudes intérieures comme

  • la concentration sur l'instant présent,
  • l'émerveillement devant la présence du monde (je dirais cosmos),
  • le regard d'en haut porté sur les choses,
  • la prise de conscience du mystère de l'existence.

Notre auteur se penche aussi sur les chercheurs de sagesse 180, l'expression est de lui, dans la philosophie antique, dont il était un des spécialistes.

« La philosophie [pour les stoïciens], c'était l'exercice effectif, concret, vécu, la pratique de la logique, de l'éthique & de la physique. La vraie logique, ce n'est pas la théorie pure de la logique, mais la logique vécue, ... l'acte d'excercer sa pensée d'une manière correcte dans la vie de tous les jours. » 154

« L'éthique vécue dans la vie avec les autres hommes » est « la véritable éthique ». 155 Et « la physique vécue consiste, tout d'abord à voir les choses telles qu'elles sont, non pas d'un point de vue anthropomorphique & égoïste, mais dans la perspective du cosmos & de la nature. » 155

Contempler la nature pour Cicéron « provoque un plaisir très grand ». 156

Il existe « deux manières d'appréhender le monde:

  • la manière scientifique qui utilise les instruments de mesure & d'exploration & des calculs mathématiques,
  • l'usage naïf de la perception ... [qui est] prise de conscience de la présence du monde & de notre appartenance au monde. » 157

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