Ce journal est un projet en marche. Chaque jour, un article dont la lecture m'a marqué et souvent aussi une réflexion personnelle sur "la situation"... Le compteur de jours est propre au territoire de ce surréalisme en marche qu'est le Royaume de Belgique.


COVID 4, lundi 16 3 2020

L'article du jour est une opinion engagée non signée qui s'intitule Monologue du virus. Cette carte blanche, sous-titrée « Je suis venu mettre à l'arrêt la machine dont vous ne trouviez pas le frein d'urgence. », est d'une profondeur remarquable. Sa portée est de nature abyssale. Il n'est pas impossible que cela émanât du 'Comité invisible' dont il est par ailleurs rendu compte sur Nulle Part.


COVID 5, mardi 17 3 2020

L'article du jour: Dérèglement climatique et coronavirus, d’une urgence à l’autre sur le site du Crisp, de la main de Vincent Lefèvre.


COVID 6, mercredi 18 3 2020

Il est un temps de méditante. Il se médite tant qu'il n'est de temps pour rien d'autre.

— Ne t'en fais pas, temporisa-t-il, tempérant: ils n'auront rien com-pris & re-prend-ront leurs errances in-finies une fois les cons finement relâchés.

Du vide, rien ne peut sourdre. OU: Seul le rien sourd du vide...

Ils se sur-prendront même de l'étonnement qui naitra face à l'oubli des replis sur le chez soi que cette période d'arrêt imposé aux flux multiples dans lesquels ils s'étaient perdues sans même s'en rendre compte.

L'article du jour: Un prof de math, David Louapre, explique pourquoi il faut rester chez soi et pratiquer absolument la distanciation physique. Il a même joint un modèle pour tableur (Excel, Calc). On peut faire varier les paramètres & vérifier ainsi les effets de bonnes ou de mauvaises décisions de la population sur le nombre de morts... si besoin est de se convaincre qu'il est essentiel de se protéger par la distanciation physique. (Attention, le cloud de Google est très intrusif !)


COVID 7, jeudi 19 3 2020

Rendre la vie légère. Un pain suffit.
Une piste la pacifie:
refaire la liste
&, en fin de comptes,
fol qui s'y fie !

La fin du mois
aura dégarni leur mé-comptes
qu'au comble de l'émoi,
toute honte bue,
ils ont sans vergogne vidés.
Moi d'abord.
Après moi, Les Mouches
Se libèrera alors la voie
pour regarnir ce garde-manger.

Moralité:

Quand vous embrassez les rimes lues,
conservez-leur un écart à claire-voie
car, à bien y songer,
il y va de l'aplati
des courbes en cloches
de cette pandémie dont ont pâti
tant d'âmes amochées.

Voici l'article du jour: il émane d'un professeur au Collège de France, Philippe Sansonetti, qui est un microbiologiste spécialisé en maladies infectieuses. Le titre en est: Covid-19, chronique d’une émergence annoncée.

Si vous préférez écouter sa conférence, suivez ce lien.


COVID 8, vendredi 20 3 2020

Être devenu approprié à la vie qui coule en soi l'adosse à une colonne énergétique solide qu'il s'agit, en ces temps pandémiques de rappels à l'ordre en cascades virales, d'entretenir avec précision tant elle est précieuse. 7h28, au lever.

& puis, ceci: Un des bienfaits des suspensions multiples du capitalocène financier tient à ceci: télédistributeur Voo, canal 118 (et, clin d'oeil, pour la musiqueclassique, le 119, c'est pour vous !): Stingray DJAZZ Europe. est en écoute libre... question de nous maintenir à domicile, je suppose ... et à nous rendre accrocs pour nous faire prendre un abonnement supplémentaire une fois "la crise" passée... Un teaser, ça s'appelle, une aguiche en mercatique francisée... Une mouche à merdre, quoi ! En attendant, mes oreilles en prennent plein les tympans !

Mais, en fait, et si le système tenait tant à nous maintenir en vie pour préserver notre pouvoir d'achats compulsifs intact ? Vous êtes-vous posé la question ? Observez bien tout ce qui était impossible en "temps normaux" qui le devient subitement...

De quels cynismes sommes-nous les otages consentantes en ces "temps normaux" ?

Il nous suffira de nous rappeler tout ce qui était devenu possible pendant ces temps de confinement...& ne le sera plus. Ils nous les enlèveront avec autant d'aplomb qu'ils nous en avaient concédé l'usage très provisoirement.

Le système se vengera, c'est sûr.

À nous de veiller à le désarmer avant, càd entre autres en obtenant d'eux DÈS MAINTENANT tant de "hochets" à leurs yeux qu'ils n'oseront pas nous retirer une fois la crise passée... Chacune/chacun aura des exemples personnels à se mettre en tête pour s'entêter à les conserver ! De façon déterminée...

L'article du jour est un entretien accordé par l’anthropologue Frédéric Keck au site en ligne lundimatin et s'intitule: Des chauve-souris et des hommes: politiques épidémiques et coronavirus. Les éditions Zones Sensibles, dont l'éditeur a décidément le nez fin, va publier un ouvrage de lui. Merci de suivre ce lien pour lire ce qu'en dit déjà l'éditeur. La colonne de droite par ailleurs mentionne un grand nombre d'interventions publiques (presse) de l'auteur.


COVID 9, samedi 21 3 2020

La dépose des corps, l'abaissement des rythmes, l'amoindrissement des flux, tout concourt à nous assagir. La planète Terre a provisoirement repris la main en terrassant la plus indisciplinée des espèces vivantes qu'elle héberge sur sa partie émergée. Cela n'empêche pas certains périurbains de faire tourner leurs tondeuses... prouvant par cela aussi qu'ils n'ont toujours pas tout compris. Plus l'herbe est laissée libre de croitre, meilleure est l'échange CO2 absorbé-oxygène émis, ce qui est aussi favorable à la dépollution, comme l'arrêt du trafic automobile etc.

L'article du jour est paru dans l'édition du week-end du journal néerlandophone DeMorgen. Il est signé par Bruno Struys & Cathy Galle & figure en page 3.

Il contient deux élements intéressants:

d'abord, un graphique reprenant le nombre de lits de soins intensifs par 100.000 habitant·e·s:

 

 La moyenne européenne se situe à 11,5 lits par habitant·e. La Belgique en a 4,4 de plus = 15,9 lits de soins intensifs pour 100.000 personnes. Les 1900 lits théoriques ne sont pas tous libres: des personnes continuent de faire des crises cardiaques, des AVC, voire même des accidents domestiques...

Deuxième info

Les deux journalistes ont également interrogé un biostaticien de la VUB, M. Kurt Barbé. Traduction: « Ce vendredi 20 mars, un tiers de la capacité est utilisée. En faisant une simple addition, nous pouvons aussi évaluer à combien se monte la limite de capacité hospitalière; je me base pour ce faire sur les statistiques italiennes. Comme chez nous, tout le monde n'y est pas testé; pourtant, nous observons qu'environ 8% des personnes infectées selon les statistiques officielles ont besoin de soins intensifs. Si vous divisez 1900 lits disponibles par 0,08, vous obtenez le chiffre de 23.750. Les problèmes commenceront à survenir quand nous aurons atteint ce chiffre de cas positifs confirmés, nous aurons dès lors un problème. »

« Le nombre total de cas confirmés s’élève à 2815. » C'est le communiqué du site info-coronavirus.be qui donne l'information, situation arrêtée vendredi 20 mars en soirée. Cela représente 11,85% de notre capacité théorique d'accueil en soins intensifs pour les 8% de personnes contaminées sérieusement atteintes.

Il me semble que ce calcul qui livre la limite de tension que nos médecins, nos infirmières & nos ambulanciers pourront supporter avant d'être confronté·e·s à des choix cornéliens.


COVID 10, dimanche 22 3 2020

Quelques sites Internet dont l'information sur la pandémie est fiable:

Logo Lien vers la page consacrée au COVID-19
info-coronavirus.be
OMS
La vie des Idées
The Conversation
WIKIPEDIA
   NEW SCIENTIST

 COVID-12: mardi 24 03 2020

Le lecture d'un article paru dans The London Review of Books sur la peste qui a frappé Florence en 1629 révèle que 391 ans plus tard, les mêmes moyens (confinement des gens malades, par quarantaine), les mêmes ressources (leur apporter de la nourriture chez eux, les malades), créer des lazarets pour héberger les pauvres contaminés, les mêmes réactions (incrédulité, essai de contourner les interdits) ont toujours bien cours de nos jours. 

L'ouvrage recensé émane d'un spécialiste anglais de la renaissance italienne: il a déjà écrit sur l'hôpital à la Renaissance et sur la variole. La couverture vous conduit sur le site de son éditeur.

L'article de LRB, le voici, préparé comme je le faisais avec mes étudiants ingénieurs afin de ne pas les désespérer totalement face à un texte trop long. Je n'ai gardé que la première phrase de chacun des 19 paragraphes, partant du principe que la première phrase annonce en règle générale le contenu du reste du paragraphe. J'ai fait deux exceptions pour conserver la liste d'exemples donnés. Le verbe est en rouge, le sujet en vert.

« Vol. 42 No. 4 · 20 February 2020 Inclined to Putrefaction Erin Maglaque  2771 words Florence Under Siege: Surviving Plague in an Early Modern City  by John Henderson. Yale, 363 pp., £30, July 2019, 978 0 300 19634 4

  1. In the cold autumn of 1629, the plague (peste) came to Italy. It arrived with the German mercenaries (and their fleas (puces, un animal déjà !) who marched through the Piedmont countryside. The epidemic raged through the north, only slowing when it reached the natural barrier of the Apennines.

  2. By August, Florentines were dying. The archbishop ordered the bells of all the churches in the city to be rung while men and women fell to their knees and prayed for divine intercession.

  3. In his Memoirs of the Plague in Florence, Giovanni Baldinucci described how melancholy it was ‘to see the streets and churches without anybody in them’.

  4. Ordinary people understood just as well as doctors and magistrates that disease spread through ‘seeds of contagion’, and yet Florentines flouted (se moquaient de) the quarantine in ways that were both petty and risky.

  5. "This morning I had let down a basket out of my upstairs window, because my son had asked me to mend a pair of trousers, so I let down the basket so that he could put them inside for me, since he was locked up and quarantined in the rooms beneath mine. Then a gentleman of the Sanità arrived and saw the basket and made me go to prison."
  6. ‘Last Wednesday,’ Antonio di Francesco Trabellesi testified, I was walking towards Porta alla Croce, and when I was close to (=near) the gate the widow (la veuve) Monna Maria, who was locked in her house by the Sanità, called out of the window and asked me how I was. I said to her that I was fine, and while I was talking to her the police officers came and took me to prison.

  7. From the point of view of the Sanità, the poor were constitutionally incapable of acting in the greater interests of the city.

  8. No doubt the poor sometimes privileged their relationships with friends, children, siblings and neighbours over the ‘common good’.

  9. The poor were judged not only careless but physically culpable, their bodies frustratingly vulnerable to disease.

  10. Along with the poor, other marginalised groups were thought to be ‘inclined towards putrefaction’: Jews, feared ‘because of the appalling smell which arises from all their bodies’, were locked in the ghetto. Prostitutes were also targeted (étaient visées) by the Sanità: the excessive heat generated by sex was said to corrupt the body, rendering it vulnerable to infection.

  11. In the eyes of the city’s magistrates, the poor were both victims and criminals, defenceless in the face of infection but also walking, breathing, dancing vectors of contagion.

  12. Susan Sontag claimed that the danger of this common metaphor, the ‘medical model of the public weal’(le bien public, le bien commun), was that it entitled the state to lop off (tenir à l'écart) the diseased components.

  13. Ordinary life​ was suspended during the epidemic. Confraternities, associations that brought laypeople together for charity work and socialising, could no longer hold meetings. Public sermons were forbidden. The city’s schools were closed. Taverns and inns were shut. Gambling dens and barber shops were closed, ball games forbidden.

  14. "And who had heard an entire city praying at the same time all together ... through the tenderness it was not possible to contain the tears ...
  15. He found the scene moving from the freedom of the street.

  16. The Sanità arranged the delivery of food, wine and firewood to the homes of the quarantined (30,452 of them). Each quarantined person received a daily allowance of two loaves of bread and half a boccale (around a pint) of wine. On Sundays, Mondays and Thursdays, they were given meat. On Tuesdays, they got a sausage seasoned with pepper, fennel and rosemary. On Wednesdays, Fridays and Saturdays, rice and cheese were delivered; on Friday, a salad of sweet and bitter herbs. The Sanità spent an enormous amount of money on food because they thought that the diet of the poor made them especially vulnerable to infection, but not everyone thought it was a good idea. Rondinelli recorded that some elite Florentines worried that quarantinewould give [the poor] the opportunity to be lazy and lose the desire to work, having for forty days been provided abundantly for all their needs’.

  17. The provision of medicine (médicaments) was also expensive. Every morning, hundreds of people in the lazaretti were prescribed theriac concoctions, liquors mixed with ground pearls or crushed scorpions, and bitter lemon cordials.

  18. But the Sanità – making use of its own police force, court and prison – also punished those who broke quarantine.

  19. Early modern historians used to be interested in the idea of the ‘world turned upside down’: in moments of inversion during carnival when a pauper king was crowned and the pressures of a deeply unequal society released. Erin Maglaque is a historian at Sheffield. »

Comme quoi, 400 ans, c'est rien à l'échelle du temps long ! Les mêmes remèdes aux mêmes maux. Sauf que, bien sûr la médecine est une discipline, un art, de la relation à autrui, qui utilise désormais des outils scientifiques qui ont été progressivement rendus disponibles par les efforts de scientifiques dans leurs labos.


 COVID-13: mercredi 25 03

Si un jour il est démontré que nous pourions avoir plusieurs vies, alors je souhaite renaitre contrebassiste de jazz !

L'entretien du jour: Un philosophe italien, Emmanuele Coccia, s'est entretenu avec Elisabeth Quin sur ARTE.TV. Le cocon qui est pour l'instant aussi le nôtre est le sujet de son dernier ouvrage... Il papillonnera en tête des achats quand nous serons libéré·e·s, à fond de peines !


COVID-14: jeudi 26 03

Aujourd'hui on nous morigène, comme des enfants qui "n'écoutent" pas bien. Une immense majorité des citoyen·ne·s respectent les ordres de confinement. Une très grande majorité a compris ce qu'est une distance de sécurité dans un magasin/une pharmacie etc. même si là la prudence est de mise face à des gestes parfois calfeutrés dans un égo où l'autre n'existe pas. Seul·e·s celles & ceux que rien n'arrête jamais ignorent les recommandations. Est-ce la bonne méthode de communiquer à tout-va pour quelques centaines de personnes qui n'entendent pas raison ?

La presse s'emploie à maintenir un cycle d'espérance/désespérance avec le pic bientôt atteint, comme s'il fallait nous faire avaler la pilule comme un âne que l'on fait avancer en agitant une belle carotte devant son nez ? Enfin, un scientifique a aujourd'hui déclaré: "Pour Steven Van Gucht, président du comité scientifique Coronavirus, l’arrivée du pic "dépendra fortement de l’évolution des chiffres. Le modèle que nous suivons annonce un pic pour début avril". Donc, le confinement sera prolongé au-delà du 5 avril. Point barre, non ?

Le livre du jour: Bruno Latour, Où atterrir ? Les concepts qu'il malaxe vont comme un gant à cette pandémie... Une vidéo figure sur son site; il y explique en 25 minutes son propos. B. Latour parle & écrit clair. Son site contient également les deux pages de table [des matières] en forme de résumé. Je vous invite à la parcourir pour vous faire une idée de la profondeur de la démarche engagée.


COVID-16: samedi 28 03

Aimable disposition des corps
à se tenir écartés
des invisibles qui nous entourent,

utilement mise
à profit en ces temps rares
où, face à la disette de contacts,

une réinvention de nos territoires intimes
dans l'infime de nos réseaux,
à partir de nos cocons


où les circonstances
nous relèguent, contraintes aux
probables agendas supplémentaires.

La contingence d'imprévus que représente cette pandémie, dont la progression semble tant inquiéter nos dirigeants politiques, tombe bien pour éveiller à leurs errements. Nos dirigeants politiques semblent soudain si soucieux de notre santé alors qu'ils s'acharnent à la perturber gravement depuis plusieurs décennies en diminuant systématiquement les rentrées de la sécurité sociale, ce qui a tant d'effets néfastes sur nos santés, nos pensions, nos moyens vitaux (chômage). Ils rabotent tout ça à qui mieux mieux & là maintenant, ouvrent les vannes à fric... C'est assez perturbant, non ? Cela ne vous inspire pas quelque interrogation sur les intentions tapies là derrière ?


COVID-17: dimanche 29 03

L'hiver ne s'évince pas comme ça.
L'été ne se décrète pas.
Il se faufile pas à pas

des entrailles de la Terre
& survient quand il est prêt.
Être comblé par le simple,

glissement des jours feulés:
l'accueillir au creux des reins.
Soudain, la fenêtre est d'humeur sombre.

Il s'observe une berceuse branchée,
d'une élégance folle,
dans la chevelure des bouleaux...


COVID-18: lundi 30 03

Un jour, aux Ides de mai, nous serons déconfiné·e·s.
Ah si les déconfiné·e·s pouvaient toutes & tous se réunir face au Palais royal dans un mégamanif' permanente pour faire changer tout ça... & faire basculer le "régime" ... Mais je rêve ! "Ils/elles" se précipiteront davantage encore dans leurs "grandes surfaces", réserveront des croisières & des vols intercontinentaux, exigeront le remplacement de leurs "vieilles" voitures de société, comme avant...

COVID-19: mardi 31 03 Nouvelle | A short story

« Il n'y avait donc que cela pour vous assagir. C'était facile au fond: il m'a suffi de vous angoisser grave, de réveiller en vous ces hantises phobiques des abysses; de jouer sur votre méconnaissance du cycle de la vie & de la mort.

Les inondations à répétition, les tsunamis, les feux de forêts inextinguibles, ces chaleurs extrêmes pendant des semaines, la disparition de vos horizons de sols fertiles, l'inexorable montée du niveau des mers & des océans, la disparition de millions d'autres espèces vivantes: rien n'y a fait. Vous refusiez de voir la réalité en face. Je crève, moi ! & sans moi, hein ! Vous feriez quoi ?

& puis j'ai pensé aux invisibles. Je les ai activés, à l'assaut de vos certitudes égoïstes, économistes, de vos soi-disant néguentropies (PHYS., CYBERN. Évolution d'un système qui présente un degré croissant d'organisation. Synon. entropie négative*, puisqu'il faut tout vous dire....).

& là, ça marche ! Vous vous terrez enfin ! La peur au ventre de tomber au champ du déshonneur, victimes aveugles sans enterrement. Vous semblez enfin avoir déterré quelques ressources disponibles proches, présentes sur votre territoire. Votre génie humain parait s'être timidement remis en route. Il sort de sa léthargie létale. même si les oiseaux de mauvaise augure rôdent encore trop (banquiers, libéraux qui n'ont toujours pas compris, etc.)

Ne relâchez rien. Je vous avais confié les commandes. Mauvaise idée. Réorientez vos vies, sinon... Dirigez-les vers la Terre, sous peine de rejoindre la liste rouge des 83.661 espèces menacées d'extinction. »

La Terre a repris les commandes du Vaisseau, hordes innombrables d'incapables ! L'ère du Terrestre commencera... peut-être !


COVID-20: mercredi 01 04

Un jour, dans plus d'un mois, nous serons déconfiné·e·s. Ils ne savent pas encore comment ils s'y prendront. Ils auront recours à toutes sortes de professions de foi psychologisantes & peut-être même auront-ils la présence d'esprit d'aller voir du côté des philosophes pour que nous, les déconfiné·e·s, nous ne soyons pas tout de suite déconfit·e·s, voir décimé·e·s par l'urgence si longtemps inassouvie des désirs. Une fois de plus, Spinoza pourrait nous être d'un grand secours. Je suis en train de me pencher sur ce que Bernard Pautrat, pour la traduction, et Pierre Macherey pour l'exégèse serrée des propositions 67 à 73 de la quatrième partie de l'Éthique, ont à en dire. J'ai tout un mois, voire plus, mais cela sera probablement prêt avant, pour mâchouiller tout ça... & ce n'est pas un poisson d'avril...


COVID-21: jeudi 02 04

Ils ont pu nous confire.
Nous y avons consenti.
Nous sommes leurs fruits confits.
Ils savent désormais
les champs infinis
de leurs commandements à venir.

Nous avons démontré, trois milliards d'humains sont confinés, l'extrême de nos soumissions pour éviter, à raison, la propagation virale de proche en proche. Nous avons accepté de devenir nos propres geôliers.

Nous ne nous relèverons qu'à la condition d'une plus grande authenticité vis-à)vis de nos propres démons, tout particulièrement le premier d'entre eux, notre hantise de la mort.

Aurions-nous soudain pris conscience que nous étions mortel·le·s ? Ce serait plutôt une bonne nouvelle, ça, non ? Nous le savons, au fond de nous, que nous n'avons qu'une vie, celle que nous sommes en train de vivre, là, maintenant. & qu'elle est dès lors précieuse.

Ce virus-ci

  • incarne nos hantises phobiques des abysses,
  • restreint voire suspend, pour notre bien, nos libertés fondamentales,
  • nous fait accepter l'état d'exception légaliste comme normal, bienvenu même,
  • se confine tant bien que mal en nous confinant,
  • nous rend encore plus conformes,
  • rend stratèges certains d'entre nous,
  • nous en dit tant sur notre époque que la totalité des romans de science-fiction/fantasy/d'horreur etc. n'arrive apparemment pas à la cheville de ce qu'il nous contraint à vivre, aux confins des vergers de la mort.
  • exacerbe les comportements de méfiance extrême vis-à-vis des autres, alors que la prudence suffirait.

Quels vaccins à venir nous immuniseront contre ces effets ?

& si c'était au tour de l'espèce humaine de disparaitre après tant d'autres expèces vivantes, aussi bien animales que végétales ?

& si ce virus était en train de contraindre l'espèce humaine à se restreindre en vue de diminuer drastiquement la pression qu'elle exerce sur la planète & sur les autres vivants ?

Ferons-nous bientôt partie des listes rouges des espèces en danger, en voie d'extinction ?

& si, à travers nous, c'était le système économique mondialisé qui devait être éradiqué par ce virus ?

Nous pourrions, en tant qu'espèce, saisir l'occasion de nous rapprocher de la Terre en entendant & en tenant compte de ses cris de détresse - il suffit d'écouter, c'est hurlant comme du métal dévalant d'une cornue - ...


COVID-22: vendredi 03 04

 Le mot du jour: SPICULE.
L'illustration figure à la page 25 de La Recherche du mois de mars 2020,
dossier Chine, un article d'Anne Debroise.

Je lui sens comme un potentiel poétique, ce spicule !


COVID-23: samedi 04 04

Aucun développement n'est durable, aucune expansion de l'activité humaine n'est envisageable. Décroitre est le chemin. C'est à diminuer drastiquement notre pression sur la planète que nous devons nous employer. Quand on s'aperçoit que l'accroissement de la masse monétaire disponible n'est subitement pas un problème pour notre soi-disant bien--etre, on se demande pourquoi cela s'arrêterait, non ?

 


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