« Vous dire l'étrangeté de mes jours, si commune, si banale. Vous dire la lumière de ces jours d'hiver, si folle, si douce. Cette allure de printemps, soudain. Il semblerait que quelque chose ne puisse jamais finir...

Je ne sais rien de votre vie, des gens qui vous accompagnent, des mots qui vous protègent, des abres ou des maisons ou de la couleur bleue que vous voyez par vos fenêtres. Je n'imagine rien. Je n'ai rien à vous dire que vous ne sachiez déjà. Si je vous écris c'est pour ne pas cesser d'écrire, jamais, et c'est pur chant, pure célébration du chant, de cette vibration de l'air contre le tympan du coeur.

Si je vous écris, c'est à partir de cette solitude, de ce silence qui mesure notre égalité, notre distance aussi bien. Cette donnée incontournable de la solitude. La mienne. La vôtre. Solitude toujours plus grande, illimitée. » (23)

Beau programme, non? Je m'y retrouve assez bien. C'est pour des phrases comme celles-là que j'ai aimé Bobin. J'ai cessé de le suivre. Il est devenu trop mystico-catholique à mon goût. Il a pourtant marqué un tournant pour moi. Un des derniers, sur Emily Dickinson1, est pourtant tombé dans mon escarcelle. Une biographie stylisée.

En relisant cette Souveraineté du vide pour vous en parler, j'ai hésité entre l'essai ou la prose poétique. Et j'ai finalement penché pour la seconde. Ai-je bien fait?

1 La dame blanche, (2007), Gallimard, coll. l'un et l'autre, 120p.

Éditions Fata Morgana.


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