Jacques Abeille en sa poésie d’Ombre (2009, Éditions Des Vanneaux) s’écartèle d’absence déchirée, d’une absence déchirante. Son écriture romanesque (voire picaresque) ne nous avait pas habitué à pareille concision ni à cette

…quête sans espoir
du carrefour de l’attente
sous ses lambeaux de voiles essorés

La palette autorale est riche.
Comme si les morts croisées d’une vie se serraient dans l’

ombre sombrée
ma nuit
tremblante corde
au cœur du puits

Ces très beaux vers sont amers.

Rien ne me contient
tout m’emprisonne
je trébuche je m’efface
l’hallucinant appel du silence
harcèle les nuits
de ses élytres* de feutre
l’action de la parole est éteinte

Vers sombrés à l’envers de l’éveil. J’y sens vibrer des abysses sans attirance. S’y exprime un désarroi de fort belle facture.
Les encres de Pauline Berneron qui accompagnent les poèmes sont splendides. Ils se répondent en y glissant chaque corps nu suggéré, toujours disert.


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