Dans une collection d'entretiens accordés à The Paris Review*, Philip Larkin répond, par écrit, aux questions de la rédaction. Une de ces questions concerne le fait qu'il ne lise jamais ses poèmes en public. Les raisons données par P. Larkin correspondent en gros aux raisons pour lesquelles j'adhère peu, comme écriveur, à l'oralité, quand bien même je serais, par ailleurs, un bon diseur... D'avoir tant pris la parole comme enseignant pendant toute ma carrière me dispenserait désormais, à mes yeux en tout cas, d'encore rechercher les feux de la rampe ! (Et puis cette surdité qui frappait P. Larkin, comme elle m'imprègne depuis le berceau, quand bien même l'audiologie fait des miracles dont chaque jour je jouis « dans le monde ».)


Sa réponse est plus longue mais s'éloigne.

Il me semble en effet que la profondeur de l'imprégnation nécessaire à l'appréciation du texte poétique a peu à faire avec le bruit des verres sur le comptoir, les toux, les messes basses et autres distractors. Je leur préférerai toujours la communion silencieuse. Nulle tentative de vous imposer une opinion, juste l'explication raisonnée d'une abstention... Assez écrit sur soi !


*The Paris Review interviews, vol. II, Picador, New York, 2007, p. 214.


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