D’une plume faite, Gaëlle Josse a su dire les heures silencieuses. Elle porte, avec une facture grave et classique, les atours d’une belle âme du XVIIe siècle hollandais.
Magda fait revivre dans son journal de bord un tableau d’Adrien de Witte, Intérieur avec femme à l’épinette, dont elle a sollicité la production. L’armateur hollandais, dans sa puissance, est présenté sur deux générations. Son père d’abord, son mari ensuite, y montrent leur savoir-faire dans le commerce avec l’Orient et l’Asie. Et elle qui s’est aux côtés de l’un initiée aux écritures et de l’autre imposée comme femme de bon conseil.
La famille, ses joies et ses nombreuses peines, sert également de trame sensible. Sans sensiblerie. Elle n’aurait pas convenu à ce XVIIe hollandais qui sut également tenir quelque peu à distance Baruch de Spinoza, philosophe essentiel s’il en est.
Le tout tient en un roman court de belle facture. Un premier roman bref, une promesse de concision pour l’œuvre à venir ? En tout cas, le rythme est soutenu (le silence ne supporte pas les temps morts, n’est-ce pas ?), la plume adéquate et l’aisance réelle.
Je note en particulier une maîtrise de la belle syntaxe charpentée, empreinte d’un vocabulaire qui fuit le banal et l’anodin. Je serai désormais attentif aussi aux œuvres de Mme Josse.

Sites où l'auteure intervient : sur Evazine et sur Kazeo. En caressant l'image, vous irez lire (Nederlands, English) la notice du Musée Boijmans van Beuningen.


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