Dans ce roman paru en 1928, Emmanuel Bove y tient portrait de petits, de sans-grade, de l'Homo sapiens vulgaris. Il excelle à dépeindre ce sentiment d'impuissance qui survient quand le dépassement de soi, de l'égoïsme, est à l'ordre du jour et qu'il ne se produit pas. Par mesquinerie autojustificatrice.

Le dénouement, qui est dans le titre, couronne l'inéluctable face à la maladie. Il n'est même pas certain que l'air de la Suisse... mais enfin 13 ans, c'est jeune pour mourir en pleine conscience apeurée par ce qui lui arrive. L'argent de la bonne conscience est verrouillé dans le coeur bourgeois.

La plume bovienne ne juge pas: elle dépeint des portraits au scalpel. Elle décèle la faille et ne la lâche plus. Elle l'éclaire sous toutes ses coutures... Péremptoire et discrète, elle expose. Jusqu'au paroxysme. Si l'auteur prend peu position sur les (non-)agissements de ses personnages, il nous en donne les éléments et l'espace nait dans sa phrase parcimonieuse pour le faire à la sa place. Cette forme de distanciation interstitielle est la marque d'une grande maitrise stylistique et narrative.


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