Oufti ! comme ne dit pas J. Paque dans sa recension du dernier opus dévastateur de Madame l'Académicienne... Ah la galère... mais son élection rend visible le sérail ulbiste autour d'I. Stengers

Le roman de Véronique Bergen est d'une belle inventivité, à la fois par

  • le point de vue adopté,
  • le lexique néologique éructé (les verbes se darwinent 9 la vie à qui mieux mieux !)
  • & la souplesse narrative◊

C'est du rebrousse-poils absolu... Frissons de plaisirs pluriels ! Fastueux & décapant; adossé & déjanté.

L'auteure va aussi nous dénicher des perles d'écriture absolue comme celle de Claire Lejeune... pour des instantanés en carnets (instances de copinages... aussi !)...

Citation, dixit le clébard de service qui parlote en nous adressant la parole: « Je n'ai plus la force de contrer ceux qui courbent l'échine devant les plans de rigueur, devant les mesures de mort qu'on leur réserve, je n'ai plus la force de démontrer leur inclination à l'asservissement. » 31

Bien sûr, on ne peut que tomber sous le charme de cette écriture jouissive. Le hic, c'est que l'auteure aussi semble parfois être tombée sous ce même charme...

C'est une gageure de rendre compréhensible aux Zoms une autre espèce que la sienne. Ils ne se comprennent déjà pas entre eux ! L'idée qui emmène ce roman (trop) touffu est excellente: révéler le flux de conscience lucide d'un chien, rendre ce flux accessible aux zoms-lecteurs/zommes-lectrices. La plume militante s'épanche au service d'un décentrage de point de vue très réussi. La documentation est solide. L'essayiste n'est jamais loin des manoeuvres de la romancière.

Comme souvent, dans les briques romancées, l'intérêt faiblit dans le corps mou de l'ouvrage*. N'est pas Laurence Sterne, Jacques Abeille ou Henry James qui veut... Des resserrages, des épisodes à élaguer (les pôles & le martyr des chiens-traineaux ?), bref un éditeur/une éditrice qui n'a pas osé...

Une ironie décapante, jamais défaillante. Pas sûr que les mémés à toutous deviennent fans de cette plume-ci ! Elle les écorche trop.

L'impression est forte, la sympathie puissante malgré ce bémol noté. D'où le sauvetage dans le titre de cette chronique de lecture... Mais l'auteure a fait ses preuves (la preuve par l'Académie académique...) et convaincu maints jurys !


* Ne pas se demander pourquoi je préfère nouvelles, contes brefs & romans courts !


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