L’utopie d’un monde construit dans la durée, adepte d’une complexité arborescente, comme la vie, s’y abîme dans le néant d’un univers proche du nôtre, finalement. Telle est par la volonté de l’auteur l’impasse, murée haut, dans laquelle l’utopie (le nulle part de l’u-topos) savamment entretenue s’étrangle, livrée aux dérèglements si proches du Grand Frère.
Le moment de basculement dans l’horreur sans fin voit repasser en accéléré les étapes de la liberté, partie à la découverte des contrées, dans l’esprit du lecteur. Nous en avons l’intuition de l’inéluctable, comme un relent pestilentiel de non-retour certain.

Je ne suis pas sûr que j’avais envie de voir mes évasions spirituelles, mes enthousiasmes ravageurs, cadenassées par le futur proche de ce réel menotté. Même si je partage cette analyse pessimistico-réaliste, trop réaliste, de notre univers contemporain. Enfermez bourreaux et victimes, aucun n’en ressortira !

Ainsi soit-il fait par la grâce de l’auteur ! On est toujours le Barbare de quelqu’un… Mais la barbarie n’a qu’un camp, et qu’un temps, même s’il est long. Nous connaissons des servages qui durèrent des siècles. Et cela revient…

Jacques Abeille n’a évidemment rien perdu de sa puissance de plume. Son style classique, aux Marches du désuet sans jamais y tomber, comme l’ultime sauvetage d’un monde qui s’éteint, enchante et ensorcèle tout pareil !

La publication rapprochée de ses deux ouvrages aux éditions Le tripode ne tarit cependant pas la veine des titres futurs. Pistes ? La Barbaresque. La Barbare (conte érotique)... Barbarescences. Et puis cachez ces barbarismes


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