La vertu frôle l’indécence,
innocente plus qu’ingénue,
partageuse mais distante !

Elle trépigne aux portes de la bienséance
pour s’avouer vulnérable face aux surgissements
du souffle forgé aux frictions douces de l’amande.

Les demoiselles de la nuit virevoltent,
gueule ouverte; elles prennent repas
à l’heure espagnole,
quand leurs ennemis
s’endorment le ventre plein
de leurs trouvailles diurnes.

Il erre un homme derrière
chaque pierre dans ce clair de lune
sans sommeil au creux du vallon naissant;
non loin, le moulin. La lumière parjure
étreint l’aube sans courage,
l’oppresse d’une odeur rauque
qui semble sourdre de leurs bures
frottées aux sols rugueux
des chemins qui serpentent.

Le cœur s’enfonce opaque et léger
dans l’ordre symbolique
qui se dégage d’anciens étangs…
où deux frères jadis se noyèrent.
L’herbe des prés a gardé une mémoire diffuse
qui n’accèdera jamais à la parole,
cette suffisance humaine.

Accéder au langage, cette suffisance humaine.

Mettre des années à découvrir le sens caché
du silence; par-delà ces sons superflus,
la suprématie des bruits de la nature
qui affluent incognito quand le calme est
enfin arrivé à imposer sa matrice
sur l’ombre finale du jour.

L’espace visible se réduit au cercle éclairé
par l’ampoule à travers un verre dépoli
aux courbes alanguies par la maîtrise
d’un verrier pas loin du sommet d’un art
de la copie. Le cahier s’offre au
trait de lumière, comme pour conjurer
le sommeil arraché à la sieste d’orage.


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