Nul ne sait, sans
instruments de mesure,
évaluer la distance
entre soi et l’horizon.

Le ferry fonce droit sur lui.
Sans vitesse évaluable
(mais j’en ferai l’estimation !)
et pourtant il avance.

Quelle force magnétique
exerce l’horizon sur l’œil
pour que chaque fois
il s’y perde sans s’y noyer.

Il le rejoint sans l’atteindre.
Plus le temps passe,
plus le ferry met du temps
à rejoindre la taille du point.

Quelle en est la courbure ?
C’est une ligne et pourtant
il est difficile de mettre au point
sur un point si éloigné de soi.

Il s’enfonce lentement
dans la courbure de la terre.
Il fait plus doux.
C’est la pluie qui me désespérait.

Ici je suis dans mon élément,
l’horizon et le vent.
Il finira par faire partie
de la ligne.

Et puis il disparaîtra
alors qu’elle lui survivra.

La ligne d’horizon
survit au bateau
qui la franchit.
Ils sont deux et se confondent.

Leurs boursouflures
d’horizon s’éloignent.
Mettons qu’il fait 20 nœuds
à l’heure, 36km/h.

Cela fait un quart d’heure que je le suis,
il a donc parcouru 8-9 km.
Le temps et l’espace
sont intimement liés.

Je le redécouvre en le vivant.
C’est en se pratiquant que
l’évidence se fait.
J’en ai perdu l’individualité horizontale.


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