Je me souviens de l’accent anglais, des jardins du Kent,
des châteaux écossais, du phare de Holyhead face à l’Irlande,
de l’écureuil rapide et affairé sur le bouleau.

J’aime me souvenir du piano de jazz, de tout Brassens,
mon jardin, Ella et Nathalie Loriers évidemment.

Je me souviendrai d’avoir aimé leur présence,
enseigner, conduire,
l’impatience, Bobin, les phrases.

J’aime le chat qui revient sur le chemin vert,
le couple de pies picorant mes vers de terre,
le pic-vert s’acharnant sur la souche morte, Charlie Parker.

J’aurais aimé me souvenir de cet oubli,
de la petite enfance, du jargon voisin,
de la noisette enfouie,
du titre de ce morceau d’Archie Shepp.

J’aimerai le souvenir des instants, de demain,
la mer, l’horizon, sa ligne, son point de fuite,
mon regard qui s’y noie avec une délectation sereine,
mon énergie qui s’y recharge, Bill Evans.


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