Le bel instant, l’heure la plus silencieuse (Extraits)

Oui suis-je  
un peu d’eau de peau  
de clarté sous la paupière  
un souffle court qui bientôt  
sera poussière
J’ai froid et j’ai  
peur soif et faim  
Sous les racines du jour  
l’ombre donne à boire pour  
transformer en sang le vin
Qui peut dire d’où je viens  
où je m’en vais
Je m’avance  
sur je ne sais quel chemin
dans mon manteau de silence
Je parle De quoi Pourquoi
Quand je siffle dans le bois  
c’est pour chasser un fantôme
Qu’est-ce donc qui bouge en moi  
et fait que je suis un homme
Une femme à mes côtés
la mer entourant la terre  
le désert et la cité
tout ce monde pour quoi faire
Je voudrais ne pas songer
Etre debout Un rocher  
qui ne sait pas s’il vit
Mais  
comment faire pour se faire
Où vont ces mots que je dis
Je suis seul Voici la nuit
Vit-il cet homme qui parle  
ou bien est-il une étoile
éteinte depuis longtemps
dont on voit l’éclat pourtant
C’est un cri de bouche morte  
le trou béant d’une porte
près d’un palais effondré
Je fus Peut-être Ou serai
Un songe interroge un songe
C’est le rat du Rien qui ronge  
et ne peut ronger que rien
Qu’est ce présent ancien  
un vin vieux dans une cave
ou bien le jeune demain
qui rit au bout du chemin
Un chariot dans le ciel roule vers la Voie Lactée
Cette galaxie est-elle une poussière éclatée
Quand mon front ne sera plus qu’une écorce
où seras-tu
ruche où bourdonne
l’idée Et toi l’amour
Où fuira  
ton sang source au fond des bois  
tambour du cœur
Toi qui passes comme un battement de cil

Roger Bodart
Bio Maison de la poésie, Namur.


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