La nature se fait grave  
comme en réserve pour l’arrière-saison.
Que la dernière rose y boive  
l’éclat solitaire de son oraison.

Les branches affutent dans les vapes  
une résistance sans joie
aux restrictions qui sont là:
lumière, feuilles résignées,
sève en retrait, pluies de sape,
ciels couleur béton lissé.

Il nous faudra user de  
ces ressources intérieures
et percer les saisons froides
de joies rayonnant sans heurt.

Une pluie raide  
contient une telle violence
de biais que
ces rimes s’essayant au cordeau
sont comme surfaites de mots.  

Ces vers, il leur faudra  
encore un parcours
abouché à l’essentiel
pour s’ajourner  
d’affèteries.

Les joies glissent sur  
des aspérités sonores,
sizzling from the depths
as if unable
to be contained  
any longer.

The sounds clash
On the edge of the mouth,
armoured by their own nakedness,
as if unable
to be confirmed
or denied.

The joy irrupts in the real  
from behind  
no warning no surprise,
as if unable
to be lost
or canalised.

Barren words  
unclad sounds
torn on no rims
suffering no decoration.

Far inside, 
the mature, uncertain,
present and easy-going
joy
pushes its barriers
of self-containment.

Barren words,  
unclad sounds
are moved by the wheels
as if unable
to be directed
or tamed.

Barren words,  
unclad sounds,
unaffected by dictionaries,
simple, fallen from very far,
appearing in bubbles.

Domination.

No frontier
will ever
facilitate
their path-finding.

05.10.12

L'autotraduction en français de la partie anglaise se lit ici.

La photo a été prise au Musée Guimet: Bodhisattva, Utar Pradesh, Ie-IIe siècle.


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