L'homme vieillissant
constate qu'à rentrer
dans ce corps intériorisé,

jamais vraiment oublié,
simplement perdu de vue,
dans les miroirs,

il revient chez lui,
il réintègre ce foyer
emporté partout avec soi:

notre carapace à nous,
« frères humains »*.
Son reflet capte le plaisir

d'une esthétique à l'ancienne,
car les ans sont là:
il n'est pas question

de rajeunir, ce leurre
pour mercatique médico-pharmaceutique,
mais d'entre-tenir sa forme,

au premier sens du terme:
la main-tenir en bonne marche
dans un anonymat discret...

D'en re-tenir ce qui se peut,
sans espoir,
avec le respect

qu'un dernier de lignée
doit à celles & ceux
qui l'ont précédé.

À tenir le cap,
le corps saisit
chaque jour l'effort

qu'il consent bien volontiers
pour écarter ce qui le séparerait
d'une sérénité poursuivie,

tout en s'octroyant
une marge de fluctuation
que la raison gère.


À moins que ce texte ne soit,
après tout, l'expression ténue
d'une satisfaction de soi.


* Bernard Lavilliers, album Pouvoirs.

Les quatre tercets en mauve: ajout 26 12 18.

Ce texte sans son ajout figure également dans les portraits citadins.


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