30 10 18

Enfourcher le matin
selon un plan calme
né d'un projet amical.

Déjà la pluie reluit
sur le paysage trop glabre,
extérieur nuit policé.

Une lueur d'aube
souligne la fenêtre assise
au cœur du mur, à travers

ces tentures venues d'Inde
qui animent si continûment
le dedans d'un havre.

Train aller

Impression de flotter un peu au-dessus
du panorama, l'effleurant du regard,
parfois juste en suspension oculaire.

Train retour

Se résorber dans chaque goutte
que fait le crachin tombant
d'un ciel écrasé de grisaille

Nuages uniformes & gris,
l'horizon en est rempli.
S'enfoncer vers l'Est,

c'est partir à la rencontre
de la nuit, vigilance assumée
du temps au passage.

Trainées humides
soutènement discontinu;
érosion de la vitesse

dans le Plan Incliné
train filant vers la cuvette
citadine, gruyère miné

par d'anciennes forges,
tous feux éteints sur
la vallée princière.


27 10 18

16h30

 Amours de lierres
   Le gardien

 Tanaisies têtues

Abri de Méditant

13h35
La clarté fait aux contours
du visible proche un linéaire
qu'ombre de douceur
cette absence du solaire
à travers
l'épaisseur
de grisaille austère.


26 10 18

Paramètres d'envol assurés.
Jour parcouru d'un vol dressé
par une plus jeune génération
de femmes-artistes.

Un soir, l'ermite émonde sa fréquence,
souplesse née d'amicales présences.
Un texte existe. Il a l'ampleur poétique
des sources diversifiées de son auteure.

Une minéralité engouffre la DISPARUE.
Une quête défile, construite & vaine,
autour du corps de l'Absente.
En fin de spectacle,

l'entretien avec l'auteure

au cœur de la scène poétique liégeoise
par un de ses témoins solides
consacre une présence.

Un piano. Un micro. Un écran.

Les trois artistes en scène
déploient par leurs notes, leur voix, leur vision
conjointes dans les velours
d'un An Vert liégeois,
écrin cosy & accueillant.

Ces effluves unis
vers le texte de la poétesse
s'emploient à le servir,
densifié par ses énigmes irrésolues.

 Poétesse: Catherine Barsics; Pianiste: Eve Beuvens; Voix: Charlotte Bourriez; Univers visuels: Céline. Entretien: Karel Logist.


22 10 18

Irriguer les profondeurs; nourrir au passage les strates sur lesquelles s'appuie le corps, cet inconnu que les miroirs reflètent pourtant.
La peau arrête le regard.
Une vie s'amoncèle dans la re-connaissance des capacités corporelles d'abord inconscientes, puis petit à petit découvertes, chacune détachée des autres & cheminant en soi avec sa propre vie vécue en le clarifiant, en l'épaississant de cette meilleure connaissance de soi.
La clarification, c'est une meilleure appréhension de la machinerie intuitive dont l'épaisseur est une arborescence d'engrenages unique, propre à chacun·e. Parfois, deux engrenages transparaissent. Un lien s'établit. Peut-être. Un temps.


19 10 18

L'émulsion de soi
émerge lenteur
dans le matin gris,

ponctuant l'automne
d'un polar montant
à l'assaut du cou.

Quelques pellets tiennent
l'humide à l'écart.
L'homme-cuisine bientôt

activera les ressources
d'un jardin d'antan
pour accueillir en son havre

la visite amicale du jour.

17 10 18

Pépiements, chorale:
partition, pétitions intérieures;
pourtant harmonieuse

légère, guillerette.
Intarissables, les oiseaux
sèment autour d'eux

la joie, sans faillir,
à la fin du jour,
tapis dans l'épaisseur

d'une haie en ligustrum.
L'abri que l'écrin leur fait
propulse leur joie sonore,

contente d'être là.
À chaque arrêt,
sa relance, son répons.

Des branches s'émeuvent
d'être brièvement saisies
aux passages fébriles

de leurs corps aériens.
Un merle, perché sur le saule,
semble, en maître de cérémonie,

triller sa présence
à pleine gorge: un solo
une performance.

10 10 18

Écrire à la fenêtre.
Regards posés tantôt
sur la ligne, tantôt la lumière,

cette pâleur qui vient
à l'encore nuit,
déja un peu jour.

Et soudain,
lever la tête sur
l'inondation de soleil.

Vibration de l'air,
en cette légère brume

de beau temps:

reflet virginal.
Un glissé pour un rendu.
Sans attendre.


9 10 18

Étreindre le temps qu'il fait.
Un corps sage songe.
Sculpter le proche, neuve façon:

à l'éveil s'emportent
quelques cadres, d'autres clous:
le regard, surpris, les croisera

quelque temps d'un « Vous, ici ! »
Ce premier café
achève le vol de nuit

d'un « Vois, là ! » adressé à l'oeil
qu'aguiche l''inédite accroche
de reproductions

— voleurs, voleuses qui lisez ceci,
mauvaise affaire —
Pol Dupont, un Vasarely,

vieil  achat parental,
Opicino de Canistris,
une photo surréaliste,

la femme bleue, Luc Genot,
une arborescence
si philosophique;

Piranèse, Laurent Stoër;
puis François Schuiten
et un anonyme

aux couleurs du Sud,
chinés par une bien ancienne amie.
Les deux couloirs & l'escalier

qui les relie vibrent
de cette neuve énergie
transmises

aux murs défraichis
d'un havre qui en convient
en se tenant à jour.

Ne pas figer le très proche
par une fluidité dynamique.
Plus tard, la tondeuse, métronome découpe,

en un trajet apparemment décousu,
fait l'automne ras à la pelouse,
parée au climat qu'il sait,

tel que l'Humain l'a déchainé.
S'accrocher aux anciennes saisons
balisées par les calendriers ?

Valeur indicative, tout au plus.
L'air est si doux que
le Marcel sophistiqué (voir 6 10 15h45, §4)

retient trop la chaleur
juste au corps à l'exercice régulier.
Tondeuse garée,

deux kilos pommés
rejoignent
l'existant.


6 10 18
Leur simplicité
transparait
dans ces jeux
que la lumière fait à leur feuillage.
Résister au machinisme sabbatique
de voisinage avec Scarlatti
d'après Aka Moon.


15h45 Tenir en soi cet art subtil & mystérieux de l'alternance des jours, jamais deux semblables, l'un ouvert au monde, son usage, l'autre, d'autres, avec ce silence qui imprègne chaque geste d'une profondeur intense, comme si la ressource de soi en soi était insondable, au sens de: aucune sonde ne serait assez puissante pour en mesurer l'épaisseur, ce qui convient. Le mystérieux n'étreint nulle angoisse.

En avoir confié l'occurrence à l'intuition qui affleure du corps est bienveillance à soi qui porte tant de respect à son rythme intérieur que, forcément, la vie qui va avec ne peut que convenir...

L'humeur joyeuse du vent fait circuler un air doux qui pourtant ne dépouille pas le corps du polar rouge chiné de noir qui l'entorse. Comme une confiance mise en son thermostat intérieur à réguler les bienfaits qui l'inondent.

Quelques duvets pennés jonchent le sol proche de cette planche sur tréteaux qui fait face à la lumière de l'avancée solaire, dans le dernier quart du jour. Une bienséance faite à la lumière, cette présence. En variant les points de vue sur le paysage intime, jamais il ne lasse. Lui non plus n'a pas l'identique pour visée. Il pulse aux vies végétales aériennes & animales sous terre, dans une liberté pourtant conduite par certains choix posés en conscience à la saison froide.

Il a peut-être suffi de l'écrire pour que le corps dépose avec soin la vêture sur le bras gauche du siège de jardin, dévoilant du coup le moirage d'un Marcel à la fibre sophistiquée dont le luxe de son maillage s'adapte aux contours du corps qu'il enveloppe sans l'enserrer, tout en ne le lâchant pas. Les mains en savonnent légèrement la trame & la chaine dans une eau froide &, quand le temps qu'il fait le permet, la pelouse en reçoit la fibre humide qui s'y sèche à même l'herbe.

Son encolure haute assure le confort d'un cou auquel il sied peu de livrer la cinquième porte-tambour à un emballement.

Le coup de vent unique & soudain emporte le marque-page au loin. Plusieurs rebonds avant la dépose calme au sol, plus à l'Est, diagonale arrière. Le poids des pages qui l'enserre lui évitera une second évasion.

Le corps a sondé l'ombre d'un passage attentif aux crissements des feuilles sèches sous les semelles par-dessus la partition de Scarlatti, revisitée par Aka Moon. 16h25


5 10 18

L'ermite, navetteur d'un jour,
millimètre son lever d'avance
pour décoller du havre à 6h50.

Anticiper le pourtour de l'acte,
rejoindre la gare,
temps pour un café:

la route,
déjà peuplée,
est calme,

sans effervescence.
Étonné, l'oeil s'accommode
de l'éclairage public éteint

sur fond de ciel bleu nuit, diaphane,
confirmant les annonces.
Ces phares LED projettent

un faisceau précis,
telle une peinture au couteau
aiguisant les contours sur la toile.

Un cycliste, pas content
que je prenne ma priorité
en venant de sa droite, freine.

Premier étage,
enfilade carrossée,
presqu'au fond.

Un ordre silencieux règne
dans ce wagon sans étage.
Un vol de câble nous retardera.

C'est ainsi dans un monde
où les normes sont estompées.
L'ancienne voie vers Bruxelles

se parcourt, offrant au regard
les alentours campagnards
en un filé méditatif.

Bouillard arasant
inonde la plaine brabançonne.
Les maisons soulèvent

ce nappage
juste ce qu'il faut
pour y faufiler leur chaleur.

Un coup de frein brutal
avant de se ranger
le long du quai,

le temps pour le train
précédent
de le libérer.

Quelques impatiences
passagères
nous valent une annonce bilingue

& des demandes urgentes & sonores
aux toilettes étreignant
les premières voitures,

déjà à quai pourtant.
Le RRRèglement, Monsieur.
Leurs boss les stressent trop.

Jonction citadine souterraine.
Le tram 81, jamais pris,
monte à l'assaut

d'une ancienne barrière
médiévale.
La colline se dévale

en un trottoir plein de vie.
Les droits des humains
font siège en un lieu de culture

proche d'un parvis communal
qui ravira l'humeur paisible
à la pause.

Rejoindre la  gare,
la Bruxelloise,
en milieu d'après-midi:

exploration citadine
nez en l'air,
pull rangé;

sourire aux lèvres,
oeil vif,
un pas intuitif

faufile le corps
dans ces entrelacs
balisés.

Cela vaudra une
pensée graffiti:
La résistance de la géométrie,

probable référence
à la banalité régulière
des tours bétonnées.

J'y lirai
un Spinozisme
incident.

Les ouvriers ont
rétabli le courant
pendant la journée.

Le train longe l'autoroute
encombrée par ces retours,
veille du week-end.

Des Terrasses liégeoises
peu fréquentées
en bordure de Meuse

accueilleront
le cheminement
vers le bercail.

Une soirée
paisible accueille
ce silence décisif

sur le suivi
de vécus
un peu approximatifs.

À quoi bon
déplorer,
n'est-ce pas ?


h4 10 18

Une vie se trouble de redécouvrir les sons qui inondaient l'espace sonore d'une enfance austère & protégée: Charles Aznavour avait la cote maternelle & jouissait de la bienveillance paternelle pour celle qui l'avait sorti de sa condition. Orphelins de trois parents sur quatre au sortir de la guerre, ils s'étaient rencontrés: processus mystérieux jamais percé par leur fils. Peu importe: il en résulte. Cela suffit à tracer une brève lignée.

Une vie se trouble de redécouvrir

L'ordre serein qu'il fait dans cette vie-ci
est un plaisir autonome:
il rayonne comme le soleil & le ciel bleu.


Les feuilles qu'énerve le vent
dans la chevelure des arbres
émettent ce feulement caractéristique
des élans qui gonflent les voiles
au départ du port par vent debout:
l'automne affirme pour l'instant
sa présence froide
d'une couche de pulls supplémentaires... 2 10 18


Statistiques

Membres
17
Articles
3057
Compteur de clics
2675307

Recherche