Un jour ou l'autre, cela devait arriver: ses pérégrinations urbaines, ses incursions principautaires devaient se

  • se concrétiser en un projet - il se fomente toujours dans les limbes intuitifs -,
  • se documenter, cela c'est facile..., une librairie & une bibliothèque suffisent à l'affaire,
  • s'ébaucher,
  • se façonner,
  • se g...,
 
Sur le quartier Saint-Léonard, Liège. Une sociologie urbaine très au fait, grâce à des enquêtes approfondies, des entretiens longs, des observations pointues & surtout des Liégeoises & des Liégeois qui témoignent de la vivacité de leur ville. Cette revue, Quartiers vivants,diffusée au Comptoir du livre en Neuvice, pourrait faire partie du bagage indispensable pour lire la ville grâce à ses habitant·e·s.

 Un tramage (Citations extraites du chapitre La ville buissonnière, une intervention lors d'un colloque intitulé Imaginer, dire, faire la ville, en mars 2002)
À nouveau, Liège, après avoir délaissé ses trams verts dans les années 1960 (le dernier a circulé jusqu'en 1968 vers les Biens Communaux de Seraing), met le pétard dans son tissu urbain pour plusieurs années. Un trajet neuf a été (assez mal) pensé dans un partenariat public-privé, jamais de bon augure pour un service public des transports. Il est bien plus minimaliste que celui dont elle avait négligemment démonté les rails à l'occasion de l'une ou l'autre rénovation de l'asphalte des rues. &, cela n'étonnera aucun·e Liégéois·e, le planning a déjà pris du retard...

Paris

L'ouvrage La phrase urbaine, consacre au tramway parisien circulant de Saint-Denis à Bobigny de fines observations. Il dit du tram qu'il atténue le délaissement de ces zones en les cousant les unes aux autres. 196 C'est une métaphore couturière qui inspire l'auteur.

Le tramway "fonctionne non seulement comme un moyen de transport mais aussi comme une sorte d'agora mobile où le mouvement des passants aux arrêts, comme la situation des voyageurs quand il roule, renouent avec l'un des anciens plaisirs de la grande ville. Il se peut que ce qui est à voir sur les côtés ne réponde pas à l'appel, mais du moins cet appel est-il lancé avec une grande clarté &, me semble-t-il, entendu." 199

Un autre moyen consiste, dans une zone délaissée à rénover (comme les trois terminus de la future ligne liégeoise), "constatant qu'... un cheminement piétonnier sauvage avait tracé ses sentes & chemins en les surimposant à la grille purement géométrique des circulations prévues par le plan initial, les PAYSAGISTES chargés de la cité ont décidé de prendre en compte ces chemins 'sauvages', correspondant à des logiques de circulation réels réinventées par les [habitant·e·s], ils les ont consolidés, aménagés, éclairés. De telle sorte qu'un'aujourd'hui," deux trames se superposent:

  • la trame directive schématique du plan initial,
  • la trame du plan vivant
    • qui fonctionne
    • & qui, ai-je même entendu dire ?, stimule & entretient la liaison à la façon d'un réseau de rues. 199-200

"C'est peu & c'est peu spectaculaire, mais c'est exemplaire. Car c'est en utilisant quelque chose d'existant, de déposé et de secret que le projet s'est dessiné. Une nouvelle lisibilité du tissu se constitue dans la logique de la flânerie." 200

À l'expression consacrée, tissu urbain, j'aimerais ajouter un terme hérité de la langue technique textile: le tramage. Le dictionnaire encyclopédique des textiles définit bien ce terme: "ordre de passage des fils de trame dans un tissu pour la réalisation d'un motif." La trame est "l'ensemble des fils, formant la largeur du tissu, perpendiculaire au sens d'avancement du tissu en cours de fabrication. La trame est perpendiculaire à la chaine & aux lisières d'un tissu; elle est continue sur un métier à navettes."

La trame est dite de fond quand elle réalise les effets d'armure de fond dans un tissu à plusieurs lats. Le lat était anciennement une "trame introduite à la place d'une autre, à la suite d'une erreur de NAVETAGE." C'est bien ce qu'entend J.-C. Bailly dans le passage cité plus haut. Le tram permet en effet de faire la navette entre ces deux terminus

Jean-Christophe Bailly a aussi de belles pages sur "la flânerie [qui] fait partie du 'métier' de l'écrivain". 193 La dissémination & la spontanéité sont ses principes actifs. 194

L'auteur a séjourné quelque temps en Italie, notamment à Rome & à Parme, "connues & appréciées mondialement pour leurs monuments & pour le dédale de leurs rues & ruelles, pour la légèreté de leur atmosphère nocturne..." Elles ont le talent, "même dans leurs centres et dans leurs zones monumentales, d'écouler cette célébrité sans pesanteur." 195

Jean-Christophe Bailly  "a enseigné à l’École nationale supérieure de la nature et du paysage de 1997 à 2015, responsable éditorial des Cahiers de l’École de Blois des numéros 1 à 15. Dernier ouvrage paru : L’imagement (Éditions du Seuil, 2020)."L’enseignement du paysage, édito des Cahiers n°12." (source) ainsi qu'aux éditions NOUS Naissance de la phrase.
pour son chapitre sur
la ville adamique
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... pour mieux se réinventer !

Bref, un temps de glanes liseuses persille celui d'autres circulations (micro)métropolitaines pédestres - Liège est une petite métropole qui se pousse du col à coups de city marketing, pour reprendre l'expression pas vraiment franchouillarde des Enquêtes sauvages... Elle a la taille d'une ville moyenne française.


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