30 12 18

L'humide & le frais
font au corps moult déplaisirs
que ne tient point un froid sec.

Le temps s'écoule, vaquant
 affranchi; le content serein tient
à la matrice de soi.

Le jour tire grise mine:
une fois le jour fait,
il retire de sa grisaille
le bleu qu'y mêlait la nuit.

L'humeur vive, éprise,
s'attache à l'ordre du corps
qu'y accorde le soi.


26 12 18

Tant de mastuvus porschés
produisent un potin polluant
en rallyant leurs d'égos friqués:
ces suffisances carrossées
traversent nos campagnes amoindries...


25 12 18

Lune de Nord-Ouest sur aube gelée,
un ciel resserré
autour d'elle en écrin,

surplombant des toits
surlignés de gel♦
Le jour se sauve en retrait,

fond de ciel déserté
par sa couette nuageuse
Le corps s'enfile, méthodique,

en couches de résistance,
propices à
l'admiration paisible

Ce gel nocturne a figé
les feuilles persistantes,
comme si

elles avaient été
saisies de surprise,
étonnées d'être ainsi

provoquées
d'inertie
irisée

 

L'air s'écoule, asséché
& serein; le plaid s'acoquine
aux jambes, pour laisser

les poumons en tirer un profit
molécul'air
Comme une sympathie entre

havre intérieur
& extérieur,
sans exagérer le repli


23 12 18

Il plut Il sortit♣ L'air de rien, le corps y aspirait Il avait appris à l'écouter♣ Ils avaient fini par s'entendre Le dialogue établi, leur complicité se tint mieux à l'écart de préjugements se refermant sur autant de préjugés condamnant une à une les voies possibles♣ Cette meilleure conscience de soi, il en profitait sans fin Pour l'instant♣ Le dessert fait maison, il en avait déjà perçu la lueur festive

Tout lui plut: la marche soutenue, le bruit de chaque goutte sur le rebord du chapeau, la protection ainsi offerte, l'anamorphose creusant le rythme♣

Le constat fait plut aussi à la vue de ce lavoir, deux machines à linge, un séchoir sous un toit, belle idée mise en actes près d'une cité ouvrière Comme quoi, quand le privé réfléchit un peu, cela profite à tout le monde, même si 18kg de linge, il faut être nombreuse pour une famille; l'autre est plus modeste♣ Le commerce de proximité, il convient de le soutenir sans (trop) condéder à leurs approximations alimentaires franchisées


22 12 18

Cette longue quête suite à l'inattention portée à un geste de dépôt la veille a fini, à force d'y exercer la mémoire, sa course sur le scriban♣ Elle a retardé sans énerver le cheminement des pains♣

Belle lumière♣
Le défilement nuageux semble urgent♣
Le vent là haut ne leur laisse aucun répit♣

Pour la moindre pousse végétale, la capture des flux résulte d'une conspiration

  • entre l'intensité formelle du diagramme qui structure son dessin
  • et les flux qui sont emmenés, voire dirigés, un moment captifs, dans ce diagramme structurant♣ D'après Jean-Clet Martin, Multiplicités, 37

C'est à la redirection, voire au redressement, ordonnés selon le propre schéma structurant de l'oeil que la main humaine s'attèle en taillant certaines arborescences fruitières ligneuses♣ L'attention portée au geste est un gage d'une fructification gratifiante ultérieure♣

23h05 Le moindre interstice dans la trame de nuages éclaire la Terre d'ici d'une réverbération sur la surface lunaire bientôt pleine♣ La nuit en écarte sa noirceur♣


21 12 18

Les deux hivers assemblés:
l'astro, le météo
La pluie, un baptême matinal♠

Pour ce paisible faufilement
dans la matière du jour,
propice à instaurer le calme en soi:

merci,


malgré la beauté d'abysses invisibles♠
Une traversée, un insinuement,
le soi se coule, s'enfonce aussi

dans les espaces intersticiels
du temps où il trouve à s'engager
par infiltration perméable

sans s'y dissoudre, sans s'y confondre♠
C'est de la nature du glissé de l'aiguille
qui s'immisce à cœur de tissu

pour y faire pénétrer le fil qu'elle emmène,
sans nuire à la trame qu'elle endosse,
guidée par la main qui la conduit♠

Le soi, comme le fil y conserve
sa nature intrinsèque,
se rend poreux aux influx de sa trame

Plus tard

Des gouttes de pluie battante
sonorisent le jardin calme
par la fenêtre ouverte

S'accueille une eau fraiche
que les couches supérieures
font à l'air,

tandis qu'au sol il demeure
compatible avec l'aération du corps
dans la pièce à vivre

face à la vivacité
de la nature retirée,
le temps qu'un autre hiver passe

Le soir venu, une lune haute
tait parfois son passage derrière
un nuage invisible qui la cache


20 12 18

À l'approche du solstice, l'hiver♦
L'aube est cette réticence à poindre,
lenteur infinie d'un bleu nuit
ne pâlissant que sous la contrainte♦

La lumière y « semble stationnaire (stare)
pendant quelques jours♦ »
Le jour y est le plus bref♦
Il ne peut que croitre♦

Le soleil va insensiblement
refermer l'angle qu'il fait
avec le plan de l'équateur terrestre
& entreprendre à neuf
son cheminement rehaussé♦

Ce bleu-là finit par perdre
sa livrée annuitée
pour enfiler cette grisaille
sans griserie♦

Tirer le vivre
à autre source,
assurément !

Concevoir de quelles forces
nous sommes témoins
améliore la qualité
de notre éphémère transition terrestre,
rivée, Merci Newton !,
à sa gravité


18 12 18, tiens !

L'éveil active d'aplomb le flux en soi.
Nourrir la peau en étoffant son épiderme
d'Amigdalae oleum raffinatum...

S'enrichir d'une proximité
avec la nature douce de l'amande
comble.


17 12 18

Dans le parc, le nouveau musée en gestation a tiré de grands rideaux gris sur ses viduités.

Au sol, chemins enflaqués par l'hivernal.
Pas précis, slalom entre les ornières boueuses
laissées par le chantier.

Il est en ce parc si peu de passants
que chaque passante
me dévisage,
comme si elle cherchait
à débusquer
une quelconque mâle-lignité...
Le regard chapeauté
ne leur offre
aucune prise,
nul reflet.
C'est le meilleur service
dont il peut les honorer.

Quelle errance, ce monde,
qui enjoint à ignorer l'autre
pour la protéger d'elle-même.

Une réflexion rétrospective entrainée: En 2009, cela faisait longtemps qu'harmoniser le dedans et le dehors se savait un cheminement; Les Mains ouvrent au Tantra, l'approfondissement corporel le consacre, l'anti-régime puis Spinoza après cette impasse mésologique, formative philosophiquement, & la plume se libère. Autant de lignes de forces consacrant le dernier d'une courte lignée. Il en est tant. L'autel des ancêtres, un foyer d'imprégnation alimente l'équilibre.

Confort double couche,
le corps y veille,
instaure fluidité
précieuse.

Harmonie à la fois souple & précise
participe à meilleure conduite en soi.

L'ordre fait au soi un ressourcement. La source ? La nature, interagir avec elle. N'est pas Ryokan qui veut !

Aérer le havre, ce qu'il fallait au corps pour se synchroniser.

S'être desserti de certitudes pré-acquises au profit d'intuitions affleurantes, aimables aux questionnements de soi, en prises avec des réels intransigeants & souvent indécelables à priori, ouvre des perspectives multiples souvent indécidables, faisant dès lors l'objet d'hypothèses à mettre à contribution, à vérifier◊

Quand l'oxygène fait défaut, par trop grand cloisonnement, la seule solution: s'ouvrir !

« La comète 46P/Wirtanen au plus près de la Terre: 11,6 Mio km. » Une paille, à ce qu'il semble, pour les astronomes... Elle est la dixième comète à être passée près de la Terre à l'ère moderne. (Le Ciel, p. 605) C'est ça, ce courant d'air qui a ébouriffé la nuit ?


16 12 18

 Bouddha a tiré ce plaid de neige à soi
protégeant sa minéralité de lave
contre un je-ne-sais-quoi♣
Cette nuit, l'hiver s'est essayé à la rudesse◊
La neige, pourtant, se confond assez rapidement en écoulements des toits,
approfondissant son parcours dans le sol;
émergent déjà des brins d'herbe◊
Une vie semi-recluse au cœur d'une bibliothèque plait en nourrissant le soi◊
La continuité ancre◊
L'apaisement fait en soi
renforce le flux énergétique:
peu encombre son passage◊
Il s'agit d'alimenter
cette paix
car elle est un socle
sur lequel le chemin repose◊
The stillness of my inner landscape
is a joy to observe♥

 


15 12 18

Cet air froid
que nul vent
d'éveil n'aggrave
nettoie ce corps
en son passage couvert:

les batteurs en trio
avec les doigts de La pianiste
& ceux des contrebassistes
en rythment la marche vive◊

Ces parents, un peu en errance
avec leurs jeunes enfants
aux corps réticents à l'éveil,
ont plus qu'à leur tour
ce regard hagard
des Errants Majuscules,
stressés par ce monde
que nous n'avons pas choisi♥

L'un trébuche puis chute, tout saisi d'un sac de sport qu'il est; l'autre se fait porter par Maman. La gamine, elle, se précipite vers la porte d'entrée, joyeuse énergie que la sienne♥Et puis ce troisième gamin qui retient son pantalon de training trop fin pour la saison, en marchant d'un pas contraint♥ Pauvres choux: ils seraient mieux au chaud autour du sapin♥ Mais déjà ce souci parental du bien-faire, de performer grave...

Parking
plein à craquer de

voitures de société
qu'ils n'ont pas payées
& porte d'entrée
dépassés,

soudain

le retour à une solitude coutumière
sur ce chemin de traverse,
au creux encombré
de terres déposées —
si glissant par temps de pluie
se traçant vers le dépôt de pains♣

Ce conducteur de voiture,
à l'enseigne d'égos m'as-tu-vu,
trop légèrement vêtu pour la saison,
précipite le pas,
la main chargée
de quelque victuaille d'urgence,
vers
l'intérieur surbaissé & cossuΞ

Dix maisons, tout au plus,
son parcours: si court, si courtΞ

Voilà à quoi pourraient servir
collant & pulls...
Tant de consciences à éveiller...
dans ces rurbanités décadentesΞ

Le livre déposé à l'aller
promptement enlevé:
L'argile cueilli au retour
fera une lecture-plaisir♥


12 12 18

Temps au cotonneux
sans moelleux anticipé:
dès la fenêtre une froideur semble

équiper le dehors proche.
La double, voire la triple
couche peut utilement

tenir le froid à distance
sans enfermer le corps
auprès du foyer.


9 12 18

Être l'égérie érigée de soi,
havré dans une rue navrée
de recevoir tant d'errances

que le dieu Voiture évide:
être indifférence
face aux indigences indigènes◊

Être inhérent au soi circulant,
traversé par ce souffle
de puissance énergétique◊

Être substantiel
dans son in-errance
comme assiégé

d'immanence:

mettant à nu
l'intérieur


à l'avers d'une force pulsive,
endogène à la vie
telle qu'elle passe

aussi par l'en-soi
profond, enfoncé,
intrinsèque au flux,

implicite & insufflé
dans l'anonymat
de la multitude,

grouillant de vitalité,
chemineau constat
du passage contigu

à travers un massif corporel
désormais sans postériorité,
à même l'intransigeante

instantanéité◊
être inattribué, rétif aux étiquettes,
lignes réductrices

évanouies dans les cheminées,
comme évacuées
sur l'infiniment réel◊

Triturer les analogies
jusqu'à la densité même
des acquêts concrets de l'accompli,

trouées immergées
à l'écart des déchirures,
comme portées par les notes

qu'elles transpercent
de leurs archets aériens,
effleurant sans peine

les cavités boisées
des contrebasses
aux cordes à peine pincées

par deux doigts évertués,
tenaces face aux notes qui les possèdent,
héberluées par ces sonorités

sororales,
immaculées
face au ça qui les obèrent◊


8 12 18

Il aurait eu 94 ans aujourd'hui♥ Mais ses cendres reposent en paix sur la terre de ses ancêtres♥ Une pensée s'envole vers lui chaque fois que l'oeil croise une de ses photos, de toute façon♥

Quand le corps contraint le soi serein à l'éveil pour attirer l'attention de sa conscience sur une forme de danger potentiel (un feu maitrisé de foyer non éteint, dont la conscience ne sait pas l'existence, mais lui oui !), cela donne peut-être une demi-nuit de veille♣ Le seul mot à retenir est peut-être bien-sûr♣

Étayer son parcours:
en faire un chemin buissonnier
d'amitiés partagées♣

Cette nuit donc,
il a fait un vent
à mettre à terre

des chaises.
Elles s'en relèveront !
Une main bienveillante, assurément♣

Une belle occasion saisie sur une table de libraire principautairement paisible de comprendre la genèse d'une écriture suivie depuis longtemps sur Nulle Part♣

7 12 18

Immondes entêtés de grisaille,
leurs fines pluies inondent
le paysage figé par l'inconscience
de leurs dettes sans souci
à la planète:
tant de dégats creusés par
leurs modes de vie♣

Acquis à l'assise d'une épure
austère mais rendue confortable
par ses lectures spinozistes,

il va, en meilleure cohérence de soi,
s'efforçant d'une moindre
empreinte nuisible sur la nature

qui l'héberge
& avec laquelle
il est en synergie

visible,
audible,
préhensible♣

 Une écriture joyeuse, prodigue de ses effets, enthousiaste♦
Roman court, longue nouvelle: 84 pages dans la collection poche de cette maison d'édition où se confond trop souvent ironie et humour, mais c'est l'époque, n'est-ce pas♦
La brièveté promeut chez Michaël cette prodigalité généreuse qu'il a vissée au corps♦
Il se laisse même dire dans ce roman, en cuisine: « Toi, tu parles trop mais tu me plais♦ Prends un couteau & fais ce que je fais♦ » 26 Bonne écoute de soi♦ Bonne lecture à vous ! J'y ai pris plaisir

5 12 18

Vaccinée,
la voiture,
contre l'indifférence.


Ces moutons au pré
vaquent à leur repas.
Nulle urgence. Aucun stress.

Sous leurs lainages,
une sérénité
inspirant peu l'environ

survolté d'un trafic d'autos
pas toujours si mobiles
à force de précipitations

individualistes
et de multiplications
de ces salons ambulants

sur nos routes
embouteillées
par leurs épouvantails.

Par la tenture
écartée
fenêtre close:

Nuits suaves

nuits du vide
nuits claires

jaunies par les artifices
nuits sèches
trottoirs en pause


4 12 18

À l'opposé des gouffres, il est d'autres puits: « On peut, en effet, imaginer

  • une remontée de ce puits de lumière & de matière,
  • une capacité à gravir des niveaux, degré par degré,

comme sur une route surchauffée le paysage se met à vibrer & frémir par nappes. »

Jean-Clet Martin, in Multiplicités, à propos de Plotin, p. 16.

Par la fenêtre ouverte, cette pluie dense sonorise l'environ jardinier d'une régularité accueillie.

Avoir le souci de l'aération de soi:
saines activités saisonnières au jardin,
sécateur attentif à la main.
Un ravissement de chaque instant.

L'heure quart, en deux fois, consacrée à porter attention à la vie végétale offerte dynamise le corps au-delà de son séjour. Quatre pommes chues de leurs inaccessibles hauteurs m'attendaient, comme si elles constituaient une ristourne pour la concentration offerte à l'exubérance de leurs branches en orientant l'effet, en vue d'une fructification la saison revenue.


2 12 18

Glanes fugueuses...

 

 

Pépites sans fin,
jamais lues jusqu'à ce jour◊


Un délice, six textes
courent sur la page;
à savourer
tant que tirage dure◊
21/175
 
Salon de la petite édition,
propulsé par Le Comptoir
(Liège, 20 En Neuvice)
fait un travail
de dénichage essentiel◊
Des mots (bien) ainsi
mis sur nos gilets
qui jaunissent aussi
sur nos climats
défaillants◊
Le bien,
quand la main ne sait
ce qu'elle cherche,
c'est qu'elle trouve◊
Elle met la main dessus,
en quelque sorte◊
Parce que cette plume
fait partie de celles
auxquelles une vibration
se reconnait◊

1 12 18

L'ordre pairé en soi
fait au matin une quiétude
qui le dynamise◊

La travée féminise le couloir,
paralyse les rangs
& explose les bords
en une pyrolyse des contours
qui peut banaliser les théâtres◊


Hivernales citadines
faiblement ajourées -
comme détourées
sur l'épaisse
matière noire
 
L'excellente revue de la Société Astronomique de Liège
publie dix numéros par an avec, notamment, ces éphémérides
documentées◊ Les photos qu'elle diffuse dans ses pages s
ont tout bonnement époustouflantes◊
Chaque fois, s'y abymer... 

 


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