Une des traductions possibles du titre de cet essai dans la langue de Tristram Shandy (Pardon, William, mais celle de Laurence est encore plus jouissive !) est Pay attention to. La langue anglaise insiste sur l'énergie qu'il faut dépenser (= payer), qu'il faut consacrer pour obtenir ce que D. Rinpoché définit comme « l'expérience naturelle de l'instant présent qui consiste à ne pas être possédé par son agitation ».

À la longue, l'attention s'installe puis s'intègre à la matrice des jours. Moins d'objets s'égarent. Les actions s'organisent mieux dans l'espace & dans la durée. Daniel Odier en parle bien dans Tantra. Elle est un caractère qui s'ajoute à ceux définissant déjà la béatitude, selon M. Juffé & R. Misrahi, grands lecteurs de Spinoza.


Dans ce même essai, un aphorisme s'est dégagé: La nature aime l'humain qui aime la nature.

« L'amour de la nature pour l'humain est la même chose que l'amour de l'humain pour la nature. Il n'y a pas très longtemps (quelques semaines tout au plus) que j'ai pris conscience intuitivement que la nature aime l'humain qui aime la nature. Il y a là une forme de réciprocité silencieuse & authentique. L'arbre qui abrite le corps sous sa frondaison généreuse protège le corps des chaleurs excessives que notre climat déréglé par l'activité humaine offre en réponse à nos excès. »


En partant de cet aphorisme, une réflexion se prolonge: l'humain peut s'entrainer à mieux faire attention

  • à l'instant présent,
  • aussi bien à la vie qui bat en lui
  • qu'à la vie en général, celle qui innerve la nature.

Les manières de faire attention permet à l'attention portée à soi de rencontrer l'attention que le soi porte à la nature, ainsi que, de mieux en mieux perçue, l'attention que la nature porte au soi.


Porter attention à, c'est manifester à l'autre qu'il ou elle importe à nos yeux, dans l'instant même où l'attention se porte. La réciprocité attentive n'est possible que si les deux ont développé cette faculté d'attention.

La nature porte probablement en tous temps attention à l'humain, et bien sûr au vivant, à tout le vivant, dont elle est la manifestation infinie. Elle a ça en elle, comme « entité englobante ».

L'humain, lui, doit patiemment développer cette faculté en lui pour, un jour, peut-être, prendre conscience que la nature est présente & simplement attentive par la densité de sa présence au monde à sa propre existence. Nombreux sont les humains qui n'y parviendront jamais...


Le contraire de l'attention que l'on porte est cette distraction, cette dispersion qui fait que l'humain est « possédé par son agitation », et donc n'est plus maitre de son activité, voire, pire, de soi. Les manifestations parfois extrêmes de cette agitation, un stress assurément, sont multiples. Notre monde en est si gravement atteint qu'il en meurt par auto-dissolution. La langue anglaise a, comme souvent, une expression ramassée pour ça: terminally ill (malade en phase terminale).


Quand un humain dit à un autre « fais attention ! », il attire son attention

  • sur l'inattention constatée face à un danger,
  • ou sur une parole que le locuteur va prononcer: « Fais bien attention à toi ! », exprimant une violence larvée qui lui pend au nez s'il n'obéit pas.

Polysémie, quand tu nous tient !


Cette faculté paraît bien être centrale à ce que J F Billeter nomme le désir de progresser & de s'accomplir comme raison de vivre dans la joie, qui est puissance d'agir. Elle fait partie de cette puissance d'agir.


Cheminement conceptuel à travers proses essayées & poésies tentées

L’intuition / Lilian Silburn : la kundalinî / La béatitude, késaco ? / Porter attention à / Humains trop humains / Art poétique, avait-il dit / Le méditatif & le pensif / Complexité, éveil aux matrices du monde /


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Aphorisme, comme ça...

Quand j'écris, moi, je dialogue avec un organisme de mots. J'essaie de com-prendre ce qu'il veut. Il a le bec ouvert, ce petit embryon, et il faut le nourrir. Il me recrache certaines choses & en absorbe d'autres. Il peut m'en-trainer très loin, je ne décide rien. Il me semble qu'un véritable écrivain, c'est quelqu'un qui a constamment l'initiative, ce qui n'est pas mon cas. ... L'organisme de mots ... est un être vivant comme un autre, réagit, ac-cueille, répond: on a bien fait ce qu'il voulait.

[...] Je ne peux écrire que si je congédie le monde extérieur.

Jacques Abeille dans un entretien qu'il a accordé à La femelle du requin.

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