La BNF livre plusieurs notices dont deux en français sur ce poète autrichien mort à 27 ans. Les deux ouvrages ont paru dans les années 50. Il n'est donc pas impossible que J. Sternberg les ait feuilletés. Je me rends compte que je n'ai jamais lu nulle part (ou bien alors cela m'a échappé, quelque part !) si J. Sternberg lisait d'autres langues que le français (et si oui lesquelles, évidemment !).

Auteur(s) :   Trakl, Georg (1887-1914)
Titre(s) :   Rêve et folie [Texte imprimé] : et autres poèmes / par Georg Trakl ;
texte allemand, trad. et préf. par Henri Stierlin.
Publication :   Paris : GLM, 1956
Impression :  Paris : impr. G. Lévis Mano
Description matérielle :   98 p. ; 21,5 cm
Note(s) :   Les Éditions GLM. Bibliogr., B.N. 1981, n° 404. - Texte allemand et trad. française en regard. - La préf. de Henri Stierlin Georg Trakl ou le Temps du déclin est datée septembre 1954. - Ex. n° 1, un des 18 sur vélin du Marais

Auteur(s) :   Trakl, Georg (1887-1914)
Titre(s) :  Georg Trakl. Le Rêve de Sébastien ; Septuor funèbre. Poèmes choisis, traduits par André Bellivier [Texte imprimé]
Publication :   Imperia (Italie), 1953
Description matérielle :   In-8° , 24 p. n. ch.
Note(s) :  Collezione "Delfica"

J. Sternberg dit de lui (DDIR, 405):

« Trakl ... est un vrai poète maudit: inconnu de son vivant, il est resté méconnu après sa mort. N'aimant guère la poésie, personnellement, c'est sa vie marquée par la malédiction qui m'impressionne. Exemplaire, sans la moindre faille dans l'horreur que peut sécréter cette planète: insociable, mélancolique, assujetti à la drogue, amoureux de sa soeur avec laquelle il eut des rapports incestueux, il ne fut publié que dans une revue littéraire. Comme il avait fait des études de pahrmacie, il fut envoyé, en 14, dans les services de médecine du front. Une seule bataille, une boucherie atroce, celle de Grodek, eut raison de ses nerfs qui craquèrent. Son ébranlement fut tel qu'on dut l'interner à l'hôpital militaire où il mit fin à ses jours en absorbant une dose massive de stupéfiants. Une fin qui me touche particulièrement: en effet, j'ai toujours estimé qu'un homme doté d'un système nerveux d'être simplement humain ne pouvait pas affronter de face l'absurde cauchemar d'une guerre. »

Une biographie succinte mais fort documentée. Je trouve sur le net une bio qui la confirme et la précise ainsi que ce poème traduit en anglais intitulé Grodek:

Grodek

At evening the autumn woodlands ring
With deadly weapons. Over the golden plains
And lakes of blue, the sun
More darkly rolls. The night surrounds
Warriors dying and the wild lament
Of their fragmented mouths.
Yet silently there gather in the willow combe
Red clouds inhabited by an angry god,
Shed blood, and the chill of the moon.
All roads lead to black decay.
Under golden branching of the night and stars
A sister's shadow sways through the still grove
To greet the heroes' spirits, the bloodied heads.
And softly in the reeds Autumn's dark flutes resound.
O prouder mourning! - You brazen altars,
The spirit's hot flame is fed now by a tremendous pain:
The grandsons, unborn.

Georg Trakl

Le site http://www.firstworldwar.com/poetsandprose/index.htm recense les poètes qui ont écrit sur la première guerre mondiale. Le centenaire de cette boucherie qui sera célébré en 2014 est une invitation à parcourir ces textes.

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