Le personnage est roux, d’une moelleuse couleur de malt. La noblesse, le flegme, l’humour, tout fleure l’outre-manche. Un gentleman-farmer aux senteurs d’arbres et de cèpes, d’âtre et de tabac.

Chasseur né, c’est un endurant. Vanné, vous le verrez persévérer de son pas léger. La forêt est son élément. Ah, se coucher sur la candeur de l’humus ! Ah, se fondre dans d’opulentes cascades quand flambe l’été !

Son coeur est grand comme cela, sa tendresse est démesurée. Quand vous le retrouvez, c’est une fête : je t’embrasse, nous sommes un, je t’adore. Pas d’accoutumance, les revoyures s’envolent dans la ferveur.

C’est une forte tête. Personne n’est parvenu à le dompter. De temps à autre, se soumettre est malheureusement fatal. C’est alors avec nonchalance que son allégeance vous est montrée.

Attaché et loyal, il l’est éperdument. Pourtant, l’espace l’appelle comme la muse. Tout à coup, son absence est là. Être sans heures, sans règles, sans chef. Vagabonder à toute heure, être sans repos et sans repas, copuler à tout va, cela régénère ! Autrement, crever est préférable.

Et quand je l’entends remonter l’allée, pétant de bonheur, le rêve fou d’envoyer tout valser submerge mon coeur. Et je me délecte en pensée d’une fugue sans bornes.

Nommer mon tendre, mon valeureux, mon généreux compagnon m’a été jusque-là défendu. C’est que la lettre sulfureuse loge dans son nom. Cabot, clebs ou toutou, autant de mots absolument trop communs pour parler de vous, mon chien.


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