Je marche souvent dans la rue, dans la brume de mes pensées. Un jour, j’entrevois un ombre fugace, une silhouette affairée. C’est rose. Cela va vite. C’est petit. Cela ressemble à une fillette, mais aussi à une femme, puis à un homme. Je suis déconcertée. J’essaie de me concentrer, de rassembler mes idées. Je n’ai jamais vu cela, je crois rêver.

C’est un petit homme, d’un âge indéfinissable. Il court toujours, affublé d’un vieux sac à dos. Il parcourt la vie en position italique. Le visage est lourd, mâchoire carrée, bouche épaisse, sorti d’une toile de Permeke. Il est affublé d’une longue chevelure rousse qui évoque Dalida. Il raffole de ses collants fuchsias. L’été découvre ses mollets noueux, digne des triplettes de Belleville.

Mais où court-il donc comme cela ? J’imagine son arrivée tonitruante au paradis. Il s’est créé tout seul. Il résume tous les sexes et tous les âges de la vie. Il fait la nique à la logique. Chiche qu’il entraîne le bon vieux Saint Pierre dans une gigue endiablée ….


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