La femme a les yeux fixes et qui semblent très secs, le regard figé droit devant, dans l’absolu. Ses cheveux longs, algues mortes, font profil bas. Sa chemise anodine ondule aux courants d’airs, la femme ne frémit pas mais maintient le cap : l’œil en longue-vue, elle guette les stations. Elle guette son immeuble au-delà des maisons. L’odeur saumâtre de sa sueur la protège: les hommes inconscients font place à son sillage. Deux marmots s’attachent à ses jambes et cachent leur visage. Leurs mains sont sales ; un peu de souillure s’étend sur les joues, le sel des chips perdure au coin de leurs lèvres. Ils ont l’air sordide de petits matelots. Ils descendent du véhicule, la nuit approche. L’ombre oblongue des erreurs se glisse à leur suite. Ces trois-là évoquent une concentration saline de onze, comparable à la salinité des zones mésohalines, dans les lieux sombres des estuaires, où les eaux douces des fleuves se mélangent aux eaux salées de la mer.


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