Les éditions de Minuit ont eu l'excellente idée d'accueillir la mise au net de huit cours oraux que le philosophe Gilles Deleuze avait animés au printemps 1981.

Cet ouvrage donné à nos lectures, à nos relectures, à nos machouillages – comme on machouille un crayon en réfléchissant – est extrêmement précieux car il fixe sur le papier ce qui a été dit, et bien dit par ce philosophe majeur du XXe siècle.

C'est cette fixation sur le papier qui rend les concepts bien plus accessibles. Leur permanence même conduit à tant de percées lumineuses & colorées que ça en devient vertigineux !

Grâce soit rendue au très utile index si précis et si complet – en tout cas, je ne l'ai pas surpris en flagrant délit lacunaire.

La table des matières rassemble en fin d'ouvrage tous les thèmes abordés de façon très détaillée tandis que chaque tête de chapitre attire également notre attention sur eux. Puis-je éventuellement suggérer que ces thèmes auraient également pu persiller le texte de la transcription – ils auraient ainsi assumé le rôle d'intertitres destinés à soutenir notre effort continu de compréhension des concepts souvent novateurs mis en place par ce génie intrinsèque. Cela aurait complété le très réussi appareil critique que D. Lapoujade, en préparateur d'édition accompli, a conçu pour nous guider avec aplomb dans les arcanes de la pensée complexe du philosophe.

 

 Enfin, j'aurais également apprécié de voir figurer la bibliographie par  D. Lapoujade dans ses très éclairantes notes de bas de page. Elle nous aurait encore mieux fait prendre conscience de l'universalité des références auxquelles G. Deleuze se donnait accès pour préparer un cours oral. Sa présence nous aurait permis de recourir à l'une ou l'autre de ces ressources documentaires pour approfondir une thématique. L'index supplée bin sûr à ce souhait mais il rend l'accès indirect, notamment à la maison d'édition.

Ne pas compter les heures passées à s'imprégner de cette belle langue est un engagement auquel je me consacre avec délectation !

Il vous serait loisible de feuilleter un extrait sur le site de l'éditeur en cliquant sur l'hyperlien ←.

« Un peintre qui déteste une couleur est un grand peintre. » Gilles Deleuze, Sur la peinture, p. 236

En de nombreux endroits, le philosophe qu'il est se mue en terminologue quand il entreprend de définir des concepts propres au domaine de la peinture, prenant également soin d'en préciser certains caractères définitioires.

 

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