bergeoir po&tique

12 6 21

Mauss... ciel maussade.
Fraicheur matinale:
faut dire aussi ces GMT+2 font

se lever les travailleurs
de grand matin, avant l'aube.
&, pire, ceux qui travaillent en extérieur

doivent y subir les affronts
d'une fraicheur toujours si nocturne.
Quand l'indécision politique tranchera-t-elle ?

Déclinaisons: puissance d'agir,
dans le calme du matin;
persévérer dans son être.

Dès l'éveil,
progresser,
peaufiner
son parcours,

s'y accomplir tout en cheminant.
Y poursuivre une pulsion,
un effort, une tendance

vers une
certaine
forme de
perfection,
pleinement
inaboutie.


9 6 21

Le matin a intégré
les gestes sereins.
Papote familière:

Madame Poésie est en gare.
Le train, wagons panachés.
Capitale bariolée, à nous deux !

Un pays, deux régions l'ont élue.
Y circuler, joies printanières.
S'amenuisent les vêtures.

Estivales citadines,
métropolitaines alanguies
sur addictions smartphoniques.

Peaux claires,
chaussants hauts
sur shorts exigus.

Peu de voiles fondus dans la foule:
ils faufilent les corps
dans les interstices.

Des mammas africaines
bras chargés de courses
prêtes à nourrir la maisonnée.

La Grand Place exhale
avec volupté ce vide
de l'entre-soi salvateur.

Ville allégée des selfies
compulsifs de touristes,
M'as-tu-vu là, j'y étais !

Elle va
à l'amble
avec ses locaux.

Un livre, plume amicale,
découvert la veille
sur un giron visagier,

Passa Porta en dispose:
sixty-nine snapshots
on life as it goes.



Ceux-ci ont pris le temps de se composer
de multiples visages d'une plume assurée.
Des sensations sont posées là.

Leurs saveurs percolent.
Retrouvailles capitales:
Une visite si longtemps différée.

♦  ♠  ♣  ♥

8 6 21

L'entaille du temps
Chaque moment est
primesautier. En jouir
tient d'une disposition du soi
propice à la magnifier.

♦  ♠  ♣  ♥

4 6 21

Le quotidien d'un n'importe qui
s'observe de nulle part
& s'annote en petit parc
où se vit la punkitude d'un pré.
Il y chemine quelques lignes de fuite
que trace, parcimonieuse,
une tondeuse hacheuse,

appropriation d'un univers
d'écritures à la saison belle,
accueil fait au corps
nimbé par une clemence tempérée
en séjours prolongés sous un dais.

S'y imprégner de l'impassible souplesse

de tiges florales ployant
sous les caresses du vent.
Y accueillir d'abondantes
sensations sur la ployance
des corps végétaux,
maints fétuques balayant, élégantes,
l'air de leur aisance:
elle fascine, façonne aussi
cette vie coulant en soi
en lui étant favorable.
Elle l'invite même à corriger
l'assise quand le pas lâche prise.
♦  ♠  ♣  ♥

Cette saveur, déjà le gamin
s'en imprégnait alors que la mère
préparait le chou-fleur pour une cuisson:
elle lui paraissait une hérésie
tant y croquer à pleines dents
avait sa faveur. L'homme d'âge devenu
a écarté la contrariété mollissante.
Il s'épargne cette tristesse
qui en dissout la saveur.
♦  ♠  ♣  ♥

Un attablement carré
y multiplie les stations d'écriture ombrées.
La fresque murale
embrase le regard chaque fois
qu'il se détache de la page.
♦  ♠  ♣  ♥

Une lourde noirceur
de pluies contenues
efface la dernière brèche
par où l'astre galactique central
se faufilait. Le vent
éveille au corps une forme
de vigilance sereine
calculant déjà un possible repli
sur le bureau paternel.
La valeur précieuse
de papiers reliés est à ce prix.
♦  ♠  ♣  ♥

Cette patricienne tenue vespérale
dès dix-sept heures va à ravir
à la silhouette confortable qu'elle allonge.
♦  ♠  ♣  ♥

Coups de tonnerre. D'abord simple rumeur lointaine,
elle foudroie d'un son vif, taillé en biseau, l'air.
L'indiscutable noirceur
accourt par le Sud.
La couche d'Est éclaire encore le blanc de la page.
Le vent, sa caresse, se charge d'un humide intermittent.
La bombarde accompagne
cette multitude en mouvement.
La brise, comme poussée par une rugence souveraine,
détache du saule
de moindres accrochages qui choient en terrasse,
entretemps rejointe.
Les fleurs du pré semblent prêtes à s'en alarmer.
Dans les hauteurs, les bouleaux
balaient l'air de fins ramons en devenir.
Gouttes. Premières. Repli.
La moindre torpeur évaporée,
le corps aux aguets
écrit en s'appontant au fauteuil
à la rondeur embrassée.
La lumière appauvrie suffit à peine
à suivre la ligne. Pénombre acceptée,
elle préfigure, pensive, l'instant
où un LED proche pointera le nez.
♦  ♠  ♣  ♥

Pédiluve terrassé. Une mare y clapote
le temps d'une absorption.
Le toit dégorge; le ciel se lâche.
Même verticalité en déversoir qu'hier.
Elle ressemble à ces moussons filmées.
La cataracte soudaine
fait crépiter une cacophonie.
Bientôt l'accalmie.
Déjà la lumière
suit la résorption orageuse
& poursuit son cours.
Ces orages de chaleur
ont la quotidienneté
chevillée au corps.
La nature a tout le temps
de siroter, d'ici vingt-quatre heures,
l'eau en déversoirs.
Une paisible sérénité
monte de la terre humide.
Après la levée du rideau de pluie,
simple animation des branches,
comme une déglutition libératoire.

 

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