La moelle du phénix rouge nous initie à trois types principaux de techniques:

  1. techniques du souffle,
  2. techniques gymniques,
  3. techniques méditatives de l'alchimie intérieure.

Le phénix est un animal mythique correspondant, dans la tradition du Qigong,

  • au Sud,
  • au feu
  • & au coeur.

Le phénix désigne en alchimie intérieure la sublimation de l'âme qui réside dans le coeur.


L'alchimie intérieure, C. Despeux la définit ainsi au début du chapitre IV qui lui est entièrement consacré:

 « L'alchimie intérieure est un ensemble de pratiques adoptées par quasiment tous les courants du taoïsme à l'époque des Song (960-1278). Le système [de pratiques] s'est élaboré progressivement, par transposition à l'intérieur du corps

  • des ingrédients
  • & des opérations de l'alchimie externe destinée à produire de l'or ou un élixir de longue vie.

C'est en soi

  • que se formait désormais
    • la pierre miraculeuse,
    • le joyau magique
  • ou que poussait la plante d'immortalité. » 63 À titre métaphorique, j'imagine...

Au paragraphe suivant, elle explicite la notion de transposition: des « termes de l'alchimie opératoire... reprennent en fait d'anciennes techniques bien connues du taoïsme qui ont été

  • associées à des méthodes bouddhiques
  • & intégrées dans les nouvelles conceptions cosmologiques qui voyaient le jour à l'époque Song. » id.

Voici la manière dont l'autrice structure l'ensemble du chapitre IV:

 


Cet ouvrage recèle un grand nombre d'exercices qui sont autant de manières différentes de mettre le souffle à l'ouvrage, pas forcément en en escomptant les effets attendus par les traditions du Tao d'ailleurs, mais davantage pour diversifier les pratiques de circulation du souffle en soi, en y apportant une variété qu'elle perd en se fondant dans le quotidien.


Dès l'introduction, Catherine Despeux détaille en quoi consistent les méthodes taoïstes appelées alchimie intérieure destinées à "nourrir la vie":

  • massages,
  • mouvements gymniques,
  • exercices respiratoires,
  • procédés mentaux
  • & procédés spirituels.

L'ensemble est destiné

  • à maintenir la santé d'une personne,
  • & à accroitre sa force vitale

Le terme Qigong désigne

  • des procédés du souffle,
  • l'efficience du souffle,
  • des techniques pour nourrir la vie, telles qu'elles étaient pratiquées au XVIe siècle.

Certains maitres de Qigong modernes pratiquent surtout les exercices gymniques & respiratoires, tandis que les techniques psychophysiologiques dites de l'alchimie intérieure se diffusent plutôt dans le contexte taoïste.


C. Despeux consacre le premier chapitre de l'ouvrage à décrire la composition de l'ouvrage dont elle livre la traduction dans la deuxième partie.

Par les écrits de l'auteur, Zhou Lüjing, La moelle du phénix rouge appartient à un ensemble plus vaste d'écrits intitulé Les tablettes de la porte du silence. La moelle du phénix rouge se trouve dans une des treize catégories des Tablettes concernant la santé.

Zhou Lüjing a assemblé les textes qui composent cet ouvrage-ci. Il n'en est pas l'auteur, simplement le compilateur. Le choix de textes est le sien. Il en avait davantage à sa disposition.

Catherine nous livre dans la deuxième partie de l'ouvrage la traduction de dix textes compilés dans La moelle du phénix rouge:

  1. expiration des six sons,
  2. absorption interne du souffle originel,
  3. seize caractères sur la longue vie,
  4. respiration embryonnaire,
  5. principe vital selon les quatre saisons,
  6. les six sons pour éliminer les maladies & prolonger la vie,
  7. jeu des cinq animaux,
  8. huit dessins illustrant les formules des huit brocarts,
  9. les quarante-six mouvements gymniques,
  10. deux exercices en position couchée.

Le deuxième chapitre aborde les techniques du souffle.

43 Le travail sur la langue est remarquable: respirer = expirer puis inspirer. Il existe aussi un ouvrage dont le titre est: La forêt des aspirations. Transpirer me vient...

36 Le binôme expiration/inspiration « commence par... l'expiration, considérée comme le temps yang de la respiration. » Il s'agit de cracher l'ancien & d'absorber le nouveau. « L'homme ordinaire n'est pas capable d'absorber le souffle. Il convient

  • de s'y exercer sans relâche, de l'aube au crépuscule,
  • de détendre progressivement [le souffle],
    • en inspirant constamment par le nez & en crachant par la bouche;

voilà ce que l'on entend par cracher l'ancien & absorber le nouveau. »

C'est en assumant avec réalisme la position basse d'éternel apprenant que ce corps-ci se consacre le mieux à parfaire sa minuscule empreinte sur Terre. C'est en la maintenant à bas bruit & à petit feu que la constance corporelle se prolonge le mieux dans ces temps de viduité consciente que représente la pandémie; cela est sans réelle conséquence sur le déroulement du jour, de chaque jour.

40 Déglutir le souffle. Le souffle se fait aider par la glotte pour pénétrer à l'intérieur du corps en se mêlant à la salive. C. Despeux: « L'une des descriptions les plus précises sur la manière de déglutir la salive est la suivante:

" Faire entrer régulièrement le souffle par le nez & le conserver dans la bouche; lorsque celle-ci est emplie [de souffle], laissant la langue près des lèvres & des dents, l'avaler. Si, dans une journée, on peut avaler le souffle un millier de fois, c'est excellent. Il convient de oire & manger peu, car si l'on boit & mange trop, le souffle s'inverse, tous les canaux sont fermés & le souffle ne circule pas. Si le souffle ne circule pas, la maladie apparait. " 40

L'ouvrage comporte deux tableaux de synthèse assemblés par C. Despeux. Voici celui sur les techniques du souffle:

 L'autre constitue un utile index des exercices gymniques (traduits dans la deuxième partie de l'ouvrage) en fonction des troubles corporels (circulatoires, digestifs, sexuels, etc.) à traiter.


Technique de visualisation
Ce type de technique est difficile à cerner quand on ne dispose pas aisément de ce qu'il y a lieu de visualiser ! J'en ai relevé une dans ce chapitre; l'assemblage final est mien:

Le conseil est de conduire le souffle avec la pensée jusqu'à l'endroit malade (42).

Il s'agit de conduire le souflle inspiré & retenu au moyen de la pensée jusqu'à l'endroit malade.

Le trajet emprunté par le souffle est important: la circulation du souffle part du champ de cinabre inférieur, situé en-dessous de l'ombilic; en arrière de l'ombilic - à l'intérieur du corps donc - se trouvent deux cavités communiquant avec le canal de l'épine dorsale qui monte jusqu'au cerveau. Il convient de VISUALISER le souffle pénétrant dans ces deux cavités [puis] montant le long de la colonne vertébrale comme deux fils blancs jusqu'au cerveau.


Ce n'est pas forcément plus facile, mais au moins, cela est plus précis ! Ces deux cavités restent un mystère pour l'instant. J'ai bien pensé aux reins, mais bon... Chaque chose en son temps, non ?

Une lecture précise qui s'annote dégage davantage d'enseignements qu'une simple lecture cursive. La technique de lecture annotante permet ainsi de formuler au plus près de ce qui est écrit des enseignements à retenir, tant ils semblent importer au soi de les intégrer petit à petit. Il se dégage ainsi pour le soi de possibles pistes à explorer, qui se déposent ici.

 

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