« Vous dire l'étrangeté de mes jours, si commune, si banale. Vous dire la lumière de ces jours d'hiver, si folle, si douce. Cette allure de printemps, soudain. Il semblerait que quelque chose ne puisse jamais finir...

Je ne sais rien de votre vie, des gens qui vous accompagnent, des mots qui vous protègent, des abres ou des maisons ou de la couleur bleue que vous voyez par vos fenêtres. Je n'imagine rien. Je n'ai rien à vous dire que vous ne sachiez déjà. Si je vous écris c'est pour ne pas cesser d'écrire, jamais, et c'est pur chant, pure célébration du chant, de cette vibration de l'air contre le tympan du coeur.

Si je vous écris, c'est à partir de cette solitude, de ce silence qui mesure notre égalité, notre distance aussi bien. Cette donnée incontournable de la solitude. La mienne. La vôtre. Solitude toujours plus grande, illimitée. » 23, 1985


Beau programme, non? Je m'y retrouve toujours assez bien. C'est pour des phrases comme celles-là que j'ai aimé Bobin. J'avais cessé de le suivre. Il était devenu trop mystico-catholique à mon goût. Il a pourtant marqué un tournant dans une vie de lectures.

Un autre, sur Emily Dickinson, est pourtant tombé dans mon escarcelle: La dame blanche, (2007), Gallimard, coll. l'un et l'autre, 120p, Éditions Fata Morgana. Une biographie stylisée.

Il est de ses oeuvres devenues intemporelles comme cette Souveraineté du vide. L'éloignement du monde aussi (éd. Lettres vives, 1993)

D'autres ont depuis rejoint La Léonardienne, comme si, d'une écriture apaisée, l'auteur était passé à travers les mailles d'un filet pour s'insérer, s'immiscer dans un tranchant lumineux. Un peu comme si de l'autre côté d'une rive, il avait accosté en un rivage davantage universel. C'est ainsi que, au hasard de mes pérégrinations, je me suis saisi de:

  • L'homme-joie, Folio, 2012,
  • Le plâtrier siffleur, Poesis, 2018,
  • La nuit du coeur, Folio, 2018,

par exemple, sont devenus d'une écriture sans impasses.

 

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