17 10 21

L'ordre règne en soi.
L'ascèse née d'une porte-fenêtre
ouvrant un accès ample à

l'air humide & frais régule
l'atmosphère intérieure
sur l'extérieure le temps

d'un premier feuilletage.
L'effeuillage effusif persiste.
Consentir infiniment,

avec gratitude,
vers ce à quoi le
corps consent, avec

une forme d'acharnement
sans effort. Cette roue libre
très maitrisée gyre autour de son axe:

pas un grincement.
Une demi caisse de pommes
- acte précis d'amassage.

*
L'écriture classique de Philippe Descola est un plaisir de lecture. La masse que représente cette somme sur les formes du visible, l'ampleur que son contenu enclôt font de l'ouvrage un marqueur sûr, assurant des heures d'études-lectures claires.

« La chambre d'étude d'un lettré, une retraite qui constitue le microscosme par excellence. » 378

Ce retrait du macroscosme au sein du microcosme qu'est la chambre d'étude d'un lettré est ce qui caractérise bien cette vie domestique actuelle-ci. Lire tambour-battant ces Formes du visible, une expérience prégnante...

Une retraite sans rature,
écriture à l'épure
chemin traçant, une attention

presque toujours à l'éveil
s'approprie les abords
avec une constance outillée.

Avoir consenti à apprendre
à conduire une lecture assagie
dans les profondeurs d'une écriture

à la fois pour en saisir les allants,
s'en imprégner &
en nourrir le corps propre

d'essentiels pour le soi ainsi glanés.

Les marges généreuses de l'ouvrage, dont l'excellente facture est à souligner, accueillent volontiers des crayonnés prolongeant les assauts de ravissements divers que le texte suscite. Leur cueillette est précieuse au soi.

9h05: L'instant accueille
l'astre apparu
au coeur du microcosme,

regard propre aveuglé par
un rayonnement dévalant
sur le corps, tête inclinée,

à même l'écritoire attablé.
Huis clos en un enclos.
Ce paysage proche en son enclos jardinier

« aide le sage [/le lettré] à réaliser ses propensions. » 380

Le paysage proche en son enclos jardinier tout comme le shiva dansant, la caresse dorsale de la nudité repliée d'un Auguste Rodin/Camille Claudel & le méditant en bois sont autant d'aides pour le lecteur à réaliser ses propensions propres. Quel beau mot pêché là, p. 380, car « pour accéder à la plénitude élémentaire, il n'est pas indispensable de s'interner au plus profond des forêts escarpées; le lettré peut créer dans sa demeure un site de pérégrination miniature afin de s'y retirer à sa guise. » 380

Accéder à la plénitude ÉLÉMENTAIRE.

Réaliser ses PROPENSIONS.

Je découvre dans cet ouvrage majestueux, au détour d'une phrase, au sein d'un raisonnement à l'ampleur précise des tournures seyantes au propos propre de ce corps-ci. Assurément d'autres que les miens résonneraient davantage auprès de vous s'il vous venait l'envie de lire cet ouvrage majeur, si le visible & toutes ses formes vous importent.

Les images que portent ces trois statuettes « sont aussi le moyen occasionnel pour [le lettré] de se transfigurer lentement par la méditation en accomplissant ses dispositions grâce à des randonnées métaphysiques dans la contrée minuscule qui lui est devenue familière. Peu importe ici que ces paysages montagneux [représentés sur un brûle-parfum posé sur la table d'un lettré taoïste] ne figurent pas le cosmos tout entier, de toute façon ireprésentable autrement que de façon schématique. Ils constituent

  • un arrière-pays échappant aux règles communes,
  • un monde à échelle réduite mais immensément plus grand que celui où se déploie l'existence ordinaire, en qui certains humains pourront trouver l'écho enchante de leurs propres qualités intérieures. » 380

SE TRANSFIGURER par la méditation.

CONTRÉE minuscule & familière.

Qualités intérieures propres.

Cette immersion visuelle & pédestre dans ce paysage miniature que constitue le jardin parcouru en tous sens. La vie propre à ce soi-ci s'y écoule dans la quiétude d'un huis clos serein, apaisé, choisi. Qu'il trouve au soi en ce ce bel ouvrage une robe aussi seyante qui lui convienne.


12 10 21

Feuillages Frôlements du vent.
Savoir au frisson
de l'air alentour

le temps crâne couvert venu.
Chaque jour émeut de joie
en connivence avec le réel contraint

voire chaotique auquel le soi face face.
En reconnaitre les puissances suffit.
Être pleinement sans pourquois.

Un trouble optimisé déploie
un empreinte qui s'efface
a minima, décroissance intégrée.

Rien ne grogne. Pommages.
La sieste, forme de rattrapage.
Un cycle court, façonnage approprié.

Compotages. Ce frisson écarlate éclôt comme
se manifeste, intuitif, un éclat intérieur
brandi à bouts de bras

pourtant peu lisible
une fois extériorisée.
Chiffonnement automnal.

Les bourgeons des rhododendrons
font preuve d'un droit de suite souverain.
Mise en plis corporelle

met le cap sur l'arrière-saison.
La semaine évidée
tient compte des contingences d'autres,

les contraintes inévitables
d'une généalogie en cul-de-sac.
Une blondeur humide

a inondé un instant la pièce,
ennuagement aminci ?
Les suivants faisaient grise mine.


11 10 21

Le temps du lire se répartit souvent entre les ouvrages & les périodiques. Les premiers approfondissent, les seconds, par leur survenue régulière, mettent à jour la progression du flux dans lequel l'humain est plongé, qu'il le veuille ou non.

D'autres temps de lectures consistant en un défilement continu qui abreuve nos écrans rapetissés, géniteurs de scolioses multiples, tout en propageant peu d'informations pérennes vérifiées susceptibles de faire date, tant leurs urgences sont vendeuses...

Nos temps d'écoute non musicales sont aussi des détourneurs temporels susceptibles d'une portée informative à densité haute selon les sources consultées tandis que trop de visionnages dévergondent nos sens, les désaxent...

En répartir la portée tient d'une négociation cornélienne souvent.


09 10 21

Vouloir ce que veut le corps
facilite le quotidien.
Cultiver l'écoute

intérieure au soi
alors que s'exprime
cette volonté,

un apprentissage
devenu spontané.
Les voies de l'expression

spontanée du corps
contribuent à rendre
la déponse sereine..

Intégré à la trame des jours,
ce calme posé en soi
maginifie la confiance

que le soi manifeste
au corps qui l'héberge.
Un corps ne se dirige pas.

Il se suit en confiance,
à ceci près que l'imprévu,
le surprenant, l'inopiné,

l'accident requièrent
une vigilance dont la pratique
continue informe  sur les issues

dès leur apparition.
Agir à rebours d'actes posés
par la multitude

rend le chaos ambiant
fréquentable à
doses mûrement pesées.

« On peut aussi vouloir
que les choses soient
comme elles sont. »
J. F. Billeter, Une autre Aurélia, ed. Allia, p. 52



06 10 21

Pluie, nul fossoiement,
un simple repli; attente calme,
auprès de l'âtre, d'une clémence.

Son insistance assidue
renforce le bien-fondé
d'un potentiel reporté.

Quelque vent maritime fera place.
Le luxe du surseoir, l'efficace
déchiquetage d'anciennes traces.


05 10 21

Froncés ou soulevés,
réprobateurs ou étonnés,
sourcils féroces s'amoncèlent,

toutes forces dehors,
à contrer l'exercice
de pouvoirs néfastes

sur des corps hypothéqués,
sursitaires, déjà condamnés.
Éternelle soumission,


technologies addictives.
Puissance d'agir
mise à contribution:

à tout âge aimer,
en apprenti résolu
à parfaire l'art

du détachement serein,
rayonné, surgi
de la pause encline.

Accueillir chaque présence,
pérenne, transitive ou
fugace & aimable.

L'ordre chahuté au dehors
se retient de frissonner.
Nulle alerte  corporelle.

Calfeutré derrière sa fenêtre,
le feu ronronne, flamme focale,
joies simples disponibles.

L'ère du frisson long pointe
son nez dans l'entrebaillement.
L'éclaircie s'immisce,

une fente pratiquée
dans la voûte nuageuse,
subreptice, fluctuante & bienvenue.

Le paysage intérieur
tressaille dans la lumière
à la merci d'un vent posé là.


04 10 21

L'espace posé du jour en soi
dégage le corps
vaquant à évoquer

ses potentiels.
Jour contrastes: l'entame, une pelletée,
jour clos, enfouissement solaire.

Relaxation respirée:
proximité des arbres intimes,
portes-tambour dégagées.


03 10 21

Des ronces de plus en plus inextricables menacent "leurs" administré·e·s sans que les politiques se sentent trop concernés.
Nos gouvernements s'y enfoncent en nous y entrainant de gré ou de force (voir les nombreuses dérives restreignant de plus en plus nos droits & libertés)
en continuant d'ignorer les conséquences de leurs non-choix dans les domaines

  • de l'aménagement du territoire, entièrement livré aux propriétaires terriens séculaires & aux grands groupes de bétonneurs,
  • de la réduction drastique, radicale, de nos empreintes délétères sur la planète,
  • de la transition urgente & radicale vers un autre système économique,
  • de l'abandon en rase campagne face au commerce mondialisé (voir Alibaba & son implantation près de Liège),
  • de la cessation de la production & du commerce des armes;
  • de l'accueil de réfugié·e·s sur nos territoires hyperriches;
  • le développement soutenu de lignes de transports en commun (trains, trams, bus) aux fréquences élevées visant à faire basculer la multitude de la voiture vers le collectif;
  • & noem maar op !

Trop de compromissions,
trop de clauses crapuleusement favorables
aux grands groupes énergétiques,

en ce compris pétroliers,
mais pas que,
font de nous des otages.

Non consentantes.
On a beau ne pas les sentir,
leurs pestilences nous imprègnent.

Demandez aux riveraines sinistrées
de nos vallées  mortelles,
ça pue pour les vivants !

Ils en savent les saccages.
Cela les tétanise d'indifférence.
Très rance.


02 10 21

Feuilles frissonnant
dans l'éveil venteux
calfeutrent un corps.

Dynamisme intérieur
tant que dure le matin.
La promenade livresque,

quatre dépôts: désherbage...
une cueillette...

avant celles de pommes offertes
par un verger rutilant.

*
Passagère. Pluie jeune
arrêtée. Col décapuchonné.
Première saisonnière.

 

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